Confucianisme en France
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Le confucianisme en France est avant tout un objet d'étude, sans pratique locale. Il est cependant utilisé dans des débats d'idée dès le siècle des lumières avant d'être l'objet de recherche, d'abord via des sinologues, puis dans le cadre de travaux dans le domaine des relations internationales ou d'études d'aires à partir de la deuxième moitié du XXe siècle.
Introduction sous l'ancien régime
François Bernier est le premier en France à introduire une étude des écrits de Confucius au XVIIe siècle, avec l'écriture de Confucius ou la science des Princes en 1687[1]. Prenant appuis sur le Confucius Sinarum philosophus publié l'année précédente en latin (et traduit en français en 1689 par Simon Fouchet et Louis Cousin), le texte propose plusieurs analyses des textes confucianistes, notamment en introduisant plusieurs commentaires chinois sur ces œuvres. Le texte reste cependant largement inédit à son époque, et n'a pas de réelle influence[2]. Les commentaires de Pierre Bayle sur Confucius à la fin du XVIIe siècle auront plus d'influence[3].

Plusieurs physiocrates présentent au milieu du XVIIIe siècle le confucianisme comme l'incarnation concrète de leur doctrine du despotisme légal. Voltaire l'utilise régulièrement dans ses publications, et dans une démarche très hagiographique en fait l'incarnation de l'Homme de Lettres universaliste et humaniste[4]. Cette analyse de Voltaire va influencer des auteurs américains comme Thomas Paine et Thomas Jefferson qui le découvre lors de leurs séjours en France, et ils le voient eux comme une figure tutélaire semblable dans ses enseignements moraux à ceux de Jésus[5].
A contrario, des philosophe comme Montesquieu ou Rousseau s'opposent à cette représentation, et voit dans le confucianisme une forme de despotisme et un terreau fertile à l'idolâtrie[6].
Réception moderne
Marcel Granet publie Études sociologiques sur la Chine en 1953 qui fournit plusieurs éléments de compréhensions du confucianisme, dans le cadre de la pensée chinoise, mais aussi selon des approches historiques et ethnographiques[7]. D'autres chercheurs produisent aussi des études sur des aires de diffusion du confucianisme extérieures à la Chine à partir du début du XXIe siècle, comme Olivier Ansart pour le confucianisme japonais[8], ou Isabelle Sancho pour le confucianisme en Corée[réf. nécessaire].
Sources
Références
- ↑ José Frèches 1973
- ↑ Benoît Vermander, « François Bernier (trad.), Confucius ou la Science des Princes », Archives de sciences sociales des religions, no 176, , p. 269 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Jonathan Israel, « La querelle sur Confucius dans les Lumières européennes (1670-1730) », Rue Descartes, vol. 2, no 81, , p. 64 à 83 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Charles Coutel, « Voltaire et la Chine », L'Enseignement philosophique, no 4, (DOI 10.3917/eph.594.0047, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Lionel M. Jensen, p. 42 dans Oldstone-Moore 2023.
- ↑ Yi Gao, « Les origines chinoises des Lumières et de la Révolution française », Annales historiques de la Révolution française, vol. 1, no 387, , p. 103 à 122 (DOI 10.3917/ahrf.387.0103, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Lionel M. Jensen, p. 46 dans Oldstone-Moore 2023.
- ↑ Giraudou Isabelle, « Olivier Ansart, L’empire du rite. La pensée politique d’Ogyū Sorai : Japon 1666-1728 », Ebisu, no 46, , p. 151-156 (lire en ligne, consulté le ).
Bibliographie
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- José Frèches, « François Bernier, philosophe de Confucius au XVIIe siècle », Bulletin de l'École française d'Extrême-Orient, vol. 60, , p. 385-400 (lire en ligne, consulté le ).
. - (en) Jennifer Oldstone-Moore (dir.), The Oxford Handbook of Confucianism, Oxford University Press, coll. « Oxford Handbooks », , 576 p. (ISBN 9780190906184, présentation en ligne).
