Conférence panaméricaine des femmes

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La Pan-American Conference of Women ou Conférence panaméricaine des femmes s'est tenue à Baltimore en 1922. Elle est organisée en marge du troisième congrès annuel de la League of Women Voters. Le secrétaire d'État américain, Charles Evans Hughes, le secrétaire au Commerce américain, Herbert Hoover, et Leo Stanton Rowe, directeur général de l'Union panaméricaine (UPA), ont collaboré avec la Ligue pour organiser la Conférence panaméricaine des femmes aux États-Unis. L'objectif de cette conférence est de consolider l'initiative prise lors du deuxième Congrès scientifique panaméricain, qui avait créé un comité féminin afin de développer une coopération plus étroite entre les femmes du continent américain.

Il y a 32 pays et deux provinces du Canada qui sont représentés. L'organisation de la Conférence panaméricaine a été en grande partie assurée par la coopération des ambassadeurs des nations panaméricaines.

Les séances se sont tenues au Roof Garden du Century Theatre de Baltimore et dans la salle de bal de l'hôtel Belvedere. De nombreux délégués étrangers se sont exprimés en espagnol et leurs discours étaient traduits en direct ; un ou deux ont parlé en français et quelques-uns en anglais[1].

Mme Sydney M. Cone, secrétaire de la conférence (à gauche) ; Lady Nancy Astor, conférencière invitée (à droite)

Des invitations ont été adressées aux différents gouvernements des pays d'Amérique du Sud et d'Amérique centrale pour qu'ils envoient des délégués à la conférence. Les invitations ont été envoyés par l'intermédiaire du Département d’État des États-Unis. L'objectif principal de cette conférence, selon Maud Wood Park, présidente nationale de la Ligue des électrices, était de rapprocher les femmes américaines de celles d'Amérique du Sud, d'Amérique centrale, du Mexique et du Canada.

Baltimore fut choisie l'année précédente comme prochaine ville accueillant les congrès de l'UPA Rowe approuva la suggestion de la Ligue des électrices du Maryland selon laquelle une conférence panaméricaine des femmes permettrait de renforcer les relations amicales et la bonne entente entre les femmes des pays représentés par la UPA, dont les fondements furent posés par le Comité féminin de la deuxième Conférence scientifique panaméricaine de décembre--1916.

La Ligue des électrices était convaincue que des résultats concrets pouvaient être obtenus grâce à l'organisation de tables rondes. Les femmes de tout le continent reconnaissaient la nécessité d'améliorer leurs conditions de travail dans l'industrie, d'adopter une législation garantissant leurs droits civiques et de protéger par tous les moyens celles qui en ont besoin car leurs intérêts étaient davantage axés sur la coopération que sur la concurrence[2].

Programme de la conférence

Le programme est prévu pour 3 jours entre le 20 et le et est divisé en six conférences, soit 2 par jours :

  • Protection de l'enfance : Grace Abbott, chef du Bureau de l'enfance du ministère du Travail des États-Unis, présidant ; assistée de La Rue Brown, présidente des comités de protection de l'enfance de la Ligue nationale des électrices.
  • Éducation : Julia Abbot, Bureau de l'éducation, Département de l'intérieur des États-Unis, présidant, assistée de Marian Kinney Brookings, présidente du Comité sur la citoyenneté américaine, Ligue nationale
  • Les femmes dans l'industrie : Mary Anderson, chef du Bureau des femmes du ministère du Travail des États-Unis, présidant, assistée de Mary McDowell, présidente du Comité des femmes dans l'industrie de la Ligue nationale
  • Prévention du trafic des femmes : Dr Valeria H. Parker, secrétaire exécutive du Conseil interministériel d'hygiène sociale des États-Unis, présidant, assistée d'Ann Webster, présidente du Comité d'hygiène sociale de la Ligue nationale
  • État civil des femmes : Mabel Walker Willebrandt, procureure générale adjointe, ministère de la Justice des États-Unis, présidant, assistée de Catherine Waugh McCulloch, présidente des lois uniformes concernant les femmes, Ligue nationale
  • Statut politique des femmes : Carrie Chapman Catt, présidente de l'Alliance internationale pour le suffrage, présidant.

La première conférence s'est ouverte le matin du par une prière prononcée par l'archevêque Michael Joseph Curley. Les discours de bienvenue ont suivi par ceux du gouverneur du Maryland et du maire de Baltimore. Présidée par Park, Rowe a été le premier intervenant de la conférence, suivi par les différentes déléguées étrangères. La séance de l'après-midi a consacrée aux questions relatives à l'éducation et présidée par Julia Abbott, du Bureau de l'éducation des États-Unis[3],[1].

La deuxième journée a débuté par le sujet « Les femmes dans l'industrie », au cours de laquelle Mary McDowell et Raymond Robins, déléguées de Chicago, ont pris la parole. soulignant les normes de protection des travailleuses aux États-Unis et exhortant les déléguées à œuvrer pour une législation similaire dans leur pays. Ensuite une séance sur la « Prévention de la traite des femmes », de nouveau présidée par Parker, a été le lieu de discussion pour un contrôle accru des loisirs commerciaux destinés aux jeunes et pour le développement de programmes constructifs de loisirs sains[1]. Le soir, un bal a été organisé en l'honneur des déléguées latino-américaines. Parmi les invités figuraient Robert Garcia, consul du Mexique, et Elena Landázuri, traductrice espagnole de la conférence, ainsi que tous les délégués [4],[5].

La troisième journée, présidée par Willebrandt, est consacrée à la condition féminine. Une conseillère municipale de Toronto et la Dre Margaret Patterson, magistrate de police de l'Ontario, ont animé les débats. La séance de l'après-midi, consacrée à la condition féminine en politique, a été présidée par Catt, présidente honoraire de la Ligue nationale des électrices. Le premier discours a été prononcé par la déléguée officielle des États-Unis, qui a exhorté les femmes à se présenter aux élections, à adhérer à des partis politiques et à participer activement à la vie politique du pays[1].

Discussions

Lors de chacune de ces conférences, les déléguées étrangères et la déléguée américaine, Louise DeKoven Bowen, nommée par le président Harding, ont présenté de brefs rapports sur la situation dans leurs pays respectifs. Une déléguée polonaise a rendu un vibrant hommage à la participation des États-Unis à la Grande Guerre. Selon ses propres termes : « Sans la Croix-Rouge américaine, il n’y aurait probablement pas un seul enfant en Pologne aujourd’hui. » La déléguée argentine a comparé l’objectif des organisations internationales d’hommes avec celui des organisations de femmes. « Ce n’est pas le commerce, que les hommes ont qualifié de sang des nations, ni aucune autre considération matérielle mais la paix internationale, une paix durable, qui est l’objectif ultime des conférences internationales de femmes, comme la Conférence panaméricaine. » Lors de la conférence sur la traite des femmes, la déléguée panaméenne a exprimé l’aspect spirituel du problème. Lors de cette conférence, Graciela Mandujano, du Chili, étudiante à l'Université Columbia, a de nouveau évoqué la Ligue de la Croix Blanche, organisée par des femmes de son pays pour la protection des filles. Aurora Herrera de Nóbregas, de l'État de Tamaulipas, au Mexique, a fait état d'un progrès remarquable, avec un budget de 3 millions de dollars pour l'éducation. Douches, soins médicaux et aires de jeux font partie de l'équipement des écoles. Une autre déléguée mexicaine a fait état de 1 000 lits gratuits pour les services de maternité à Mexico. Toutes les déléguées ont souligné l'importance de l'aide gouvernementale pour la protection de l'enfance. Sauf Maria Clotilde Voga, du Nicaragua qui a déclaré : « Nous n'avons pas besoin de législation étatique pour prendre soin des enfants. Les femmes de mon pays, sans cette aide, financent des crèches, des écoles d'hygiène et des écoles spécialisées. ». Enfin Matilde de Carbo a déclaré : « C'est presque une honte en Équateur d'avoir moins de six enfants dans une famille, alors qu'il y en a souvent une douzaine. » et elle a présenté les projets de loi proposés par les femmes de son pays. 89 journaux étrangers étaient présents pour couvrir l'évènement[3].

Résolution

Lors de ces conférences, il a été décidé de créer une Association panaméricaine des femmes. La création officielle à lieu 5 jours plus tard au cours d'une réunion à l'hôtel Belvedere le où Maud Wood Park est élue présidente.

Carrie Chapman Catt déclare à cette occasion : « C'est sans aucun doute l'une des réussites de notre époque. Une poignée de femmes pleinement conscientes des possibilités d'amélioration de leur éducation et de leur citoyenneté suffit à susciter l'intérêt et l'attention de tous ceux qu'elles rencontrent. En fait, il ne peut pas en être autrement. Réunir quelques femmes des trois Amériques, à une époque où des questions d'une importance capitale pour les femmes sont au cœur des discussions des leaders du mouvement féministe, a marqué le début d'un mouvement visant à établir l'unité entre les femmes des deux continents. Je considère la Conférence panaméricaine et la création d'une organisation permanente comme un premier pas. On pourrait croire que le projet a commencé avec très peu de femmes, mais je suis convaincue que ces femmes en verront les effets à long terme. ».

Bertha Lutz, du Brésil, a également dit « La création de l'organisation est l'aboutissement naturel et nécessaire de la Conférence panaméricaine. Je crois qu'elle consolidera l'amitié qui existe entre les deux continents et préservera la paix. Elle permettra la coopération entre les femmes des deux Amériques et leur permettra d'apprendre les unes des autres ce qui se fait de mieux pour les femmes et les enfants. C'est incontestablement une avancée pour toutes les femmes. ».

Le commentaire d'Ester Neira De Calvo, du Panama, est le suivant : « Je pense que l'avenir nous offre l'occasion de travailler avec la Ligue des électrices à la réalisation d'idéaux communs aux femmes d'Amérique du Nord et d'Amérique du Sud. ».

Bedrich Stepanek, ambassadeur tchécoslovaque, a plaidé en faveur d'une association internationale de femmes. Après les réunions de la Conférence panaméricaine, la quasi-totalité des déléguées étrangères sont restées à Baltimore, invitées à la Convention de la Ligue nationale des électrices[3].

Le bureau de l'association à sa création est le suivant : Catt, présidente d'honneur ; Park, présidente ; Paulina Luisi, vice-présidente d'honneur d'Uruguay ; Elena Torres (Mexique), Ester Niera De Calvo (Panama), et Bertha Lutz (Brésil), vice-présidentes ; Maria Suarez De Coronado (Colombie), secrétaire ; Olga Capurro De Varela (Uruguay), trésorière. Un comité consultatif est également constitué, composé d'une représentante de chacun des 22 pays participants à la conférence.

Les objectifs de l'Association ont été définis comme tel : « Promouvoir l'éducation générale parmi toutes les femmes et leur assurer des normes d'éducation plus élevées ; garantir le droit des femmes mariées à contrôler leurs propres biens et leurs propres salaires ; garantir l'égalité de tutelle ; encourager l'organisation, la discussion et la prise de parole en public parmi les femmes, et la liberté d'opportunité pour toutes les femmes de cultiver et d'utiliser tous leurs talents ; éduquer l'opinion publique en faveur de l'octroi du droit de vote aux femmes et garantir leurs droits politiques ; et promouvoir l'amitié et la compréhension entre les pays panaméricains afin qu'il y ait une paix perpétuelle dans l'hémisphère occidental. » [6].

Participantes

Références

Liens externes

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