Congrès démocratique international pour la paix
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Les Congrès démocratiques internationaux pour la paix furent des rassemblements ponctuels, non confessionnel mais à majorité catholique, qui ont eu lieu à l'initiative de Marc Sangnier de 1921 à 1933[1].
En 1921, un 1er congrès s'effectue à Paris, avec 400 délégués dont 6 Allemands[2]. En 1922, 2e congrès à Vienne, en Autriche. En 1923, 3e congrès à Fribourg-en-Brisgau du 4 au . Au total, 750 participants de 22 nations dont 550 Allemands et 125 Français. En Allemagne, la lettre pastorale de Fulda légitime un premier rapprochement franco-allemand repris à partir de 1924[3] dans Germania, le principal journal catholique en Allemagne.
1924, 4e congrès à Londres. Est abordé le thème de l'entrée de l'Allemagne dans la SDN et exposition des revendications d'un délégué au sujet de la responsabilité allemande dans le déclenchement de la guerre (il souhaite qu'on adopte une motion qui énonce que l'Allemagne n'est pas responsable du déclenchement de la guerre). La Ligue participe le au Congrès constitutif du Friedensbund Deutscher Katholiken qui fonde son action pacifiste selon les enseignements de Benoît XV et Pie XI.
En 1925 est organisé le 5e congrès à Luxembourg, La Ligue de la Jeune République se rapproche des positions allemandes au sujet de la « Schuldfrage » et déclare en que personne n'est responsable mais la maladresse et la peur[4]. Richard Coudenhove-Kalergi présente le projet paneuropéen qui doit confier leur sécurité commune à une instance supranationale. En 1925, le projet d'un « Mois international » est présenté. Leo Weismantel (de) en prise sur la jeunesse[2] avec sa pièce Totentanz de 1921, engagé dans l'éducation à la paix qui œuvre à la compréhension internationale, Hermann Platz (de), professeur à l'université de Bonn, le Quickborn, Bund Neudeutschland, la ligue socialiste des étudiants, la ligue des catholiques pour la paix, le Zentrum adhèrent au projet. En France, la CFTC, la Ligue des Droits de l'Homme, les Jeunesses laïques et républicaines et 117 hommes politiques apportent leur soutien. Le catholicisme français est peu enthousiaste en dehors de trois évêques. Il y a plutôt des appels à se tenir à l'écart[4].
En 1926 se déroule le 6e congrès à Bierville en Seine-et-Oise, localité située sur la commune de Boissy-la-Rivière, dont Marc Sangnier, propriétaire du domaine et du château de Bierville, était le maire. Ce congrès est orienté vers la jeunesse. 5 410 participants viennent de 33 nations. 59 % sont allemands et 31 % sont français. L'appel lancé lors de la clôture est suivi par 10 000 personnes[5]. Le ministère de la guerre, par le truchement de son ministre Paul Painlevé mis à disposition 50 tentes[6]. Le « Mois international » débute par un « pèlerinage de la Paix » du 1er au . 977 pèlerins, surtout allemands, vont en train à Reims, Laon, Amiens et Rouen, puis convergent à Bierville le dimanche . Le lendemain, s’ouvre une semaine d’enseignement organisée autour de trois thèmes : les idées démocratiques et la guerre ; les jeunesses nationales et le problème de la paix ; les organisations internationales. Face aux jeunes Allemands ardents défenseurs de l'objection de conscience, et contre la conscription obligatoire, les Français proposent à la place un service civil. C'est une première rupture au sein du mouvement de Marc Sangnier. Cependant Ilde Gorguet pense qu'il faut relativiser. Pour elle, la motion soutenue par Nikolaus Ehlen (en), déjà débattue en 1925, eut beau obtenir la majorité des voix des Allemands présents, elle n'était soutenue que par une frange minoritaire au sein des catholiques pacifistes allemands. Le bilan de Bierville ne serait pas à chercher dans les déclarations finales qui reprennent des discours modérés déjà entendus mais plutôt dans le témoignage de la volonté de la jeunesse et d'une expérience vécue de « communion affective » par les participants dans la nature (et non en ville comme lors des précédents congrès). À Bierville la presse est présente mais la presse catholique n'est pas toujours élogieuse : « congrès athéo-catholico-protestantico-jésuitico-maçonico-democratico-pacifique »[3]. Victor Margueritte (1866-1942) fonde la revue révisionniste Évolution en 1926[4].
Le 7e congrès se déroule du 3 au à Wurtzbourg (Bavière). C'est la seconde rupture. Les modérés allemands ne pardonnent pas l'invitation des radicaux pacifistes allemands qui eux-mêmes ne pardonnent pas le rejet de la proposition de motion proposée un an plus tôt par Nikolaus Ehlen. La faiblesse de la délégation française en Allemagne, 80 Français, à comparer aux 3 221 Allemands[7] qui étaient venus en France l'année précédente, ajoute à l'amertume[8].
Le 10e congrès aborde le projet d’États-Unis d'Europe en 1930 dans le cadre d'une Europe fédérale sous l'égide de la SDN.
Le 12e et dernier congrès se passe en 1932 et, en dépit de son titre « les journées d’espérance », se dissout après la prise du pouvoir d'Hitler en [9].