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Conquête du Chili

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La conquête du Chili est une période de l'histoire du Chili qui commence avec l'arrivée de Pedro de Valdivia au Chili en 1541 et s'achève avec la mort de Martín García Óñez de Loyola lors de la bataille de Curalaba en 1598, ainsi qu'avec la destruction des sept villes qui s'ensuit entre 1598 et 1604 dans la région de l'Araucanie.

C'est la période de la conquête espagnole des territoires, de la fondation de villes, de la création de la capitainerie générale du Chili, ainsi que des défaites qui mettent fin à la poursuite de l'expansion coloniale vers le sud. Le conflit initial avec les Mapuches s'étend bien au-delà de la période de la conquête, devenant ce qui est appelé la guerre d'Arauco, et les Espagnols ne parviennent jamais à réaffirmer leur contrôle en Araucanie, au sud du río Bío Bío. Les conquistadors espagnols qui pénétrèrent au Chili étaient accompagnés de milliers de Yanakunas provenant des territoires déjà soumis de l'Empire inca, ainsi que de quelques esclaves africains. Au cours des premières années de cette période, les Espagnols du Chili se forgent la réputation d'être mal habillés parmi leurs compatriotes du Pérou (roto) ; en effet, à Santiago, le manque de vêtements pousse certains Espagnols à s'habiller avec des peaux de chiens, de chats, d'otaries et de renards.

Histoire

Pendant l'arrivée des Espagnols

Selon l'historiographie traditionnelle, lorsque les Espagnols arrivent pour la première fois dans le centre du Chili, le territoire est sous domination inca depuis environ 60 ans[1]. Il existe toutefois des opinions divergentes : des travaux récents suggèrent une présence inca d’au moins 130 ans dans le centre du Chili[1], et l'historien Osvaldo Silva avance des chronologies remarquablement courtes concernant la domination inca directe et l'intervention militaire. Selon Silva, la dernière avancée inca vers le sud n'aurait eu lieu qu’au début des années 1530[2].

Les principales colonies de l'Empire inca au Chili s'étendent le long des ríos Aconcagua, Mapocho et Maipo[3]. Quillota, dans la vallée de l'Aconcagua, était probablement leur colonie la plus importante. Comme cela semble être le cas aux autres frontières de l'Empire inca, la frontière sud était composée de plusieurs zones : d’abord, une zone intérieure, entièrement intégrée, avec des mitimaes protégés par une ligne de pukaras (forteresses), puis une zone extérieure avec des pukaras incas disséminés parmi les tribus alliées[4]. Cette zone extérieure se serait située, selon l'historien José Bengoa, entre les rios Maipo et Maule[4].

La plus grande population indigène est celle des Mapuches, qui vivaient au sud des frontières incas, dans la région s'étendant du rio Itata à l'archipel de Chiloé. L'historien José Bengoa estime la population mapuche entre le rio Itata et le détroit de Reloncaví à 705 000–900 000 personnes au milieu du XVIe siècle[5]. Les Mapuches vivaient dans des hameaux dispersés, principalement le long des grands fleuves du sud du Chili[6],[7]. Tous les principaux centres de population se trouvaient aux confluents des fleuves[8]. Les Mapuches préféraient construire leurs maisons sur des terrains vallonnés ou des collines isolées plutôt que dans les plaines ou sur des terrasses. Le peuple mapuche représente une culture ininterrompue remontant dès 600 à 500 av. J.-C.[7]. Cependant, les Mapuches avaient été influencés au fil des siècles par des cultures des Andes centrales telles que celle de Tiwanaku[9],[10],[11]. Un lien culturel de ce type pourrait contribuer à expliquer les parallèles entre les cosmologies mythologiques des Mapuches, des Huilliches et des peuples des Andes centrales[10],[12],[13].

C’est par leur contact avec les envahisseurs incas que les Mapuches auraient rencontré pour la première fois un peuple doté d'une organisation étatique. Ce contact avec les Incas leur donnerait une conscience collective leur permettant de se distinguer des envahisseurs et de s'unir en entités géopolitiques lâches, malgré leur absence d'organisation étatique[14].

Premiers Espagnols au Chili

Les premiers Espagnols à avoir pénétré sur le territoire de ce qui allait devenir le Chili sont les membres de l'expédition de Magellan, qui découvrent le détroit de Magellan avant d'achever le premier tour du monde. Le premier colon espagnol à s'être installé de façon permanente au Chili est Gonzalo Calvo de Barrientos, qui avait quitté le Pérou en mauvaise posture après une querelle avec les frères Pizarro. Ces derniers accusent Calvo de Barrientos de vol et l'avaient fait chaustrer en guise de punition. Antón Cerrada rejoint Calvo de Barrientos dans son exil. Diego de Almagro s'aventure dans la Bolivie et le nord-ouest de l'Argentine en 1535. De là, il pénètre au Chili à la latitude de Copiapó. L'expédition d'Almagro est un échec, car il ne trouva pas les richesses qu'il espérait. L'échec de l’expédition d'Almagro donne aux terres du Chili une mauvaise réputation parmi les Espagnols du Pérou[15].

Notes et références

Annexes

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