Conseil exécutif de Nouvelle-Calédonie
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Le Conseil exécutif de Nouvelle-Calédonie est une ancienne institution créée par la loi du (dite du statut Fabius-Pisani du nom du Premier ministre de l'époque, Laurent Fabius, et de son ministre chargé de la Nouvelle-Calédonie, Edgard Pisani) pour remplacer le précédent gouvernement du territoire. Il a été maintenu par les réformes du (statut Pons I car initié par le nouveau ministre des DOM-TOM Bernard Pons) et du (statut Pons II, bien que ses attributions et sa composition soient alors modifiées). Après la signature des accords de Matignon le afin de ramener la paix civile après quatre années d'affrontements violents entre partisans et opposants à l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie (période dite des « Évènements »), la loi référendaire du , mise en application à partir de 1989, supprime le Conseil exécutif.
Un conseil purement consultatif
Le statut Fabius-Pisani[1], dans un contexte de conflits violents, à la fois politiques, sociaux et communautaires, a une vocation de transitoire en vue de l'organisation d'un référendum d'autodétermination avant le . Il redonne au Haut-commissaire, délégué du gouvernement, la fonction de chef de l'exécutif territorial qu'il avait perdu sous le précédent statut qui avait été mis en place en 1984. Ainsi, le représentant de l'État « prépare et exécute les délibérations du Congrès » (l'assemblée délibérante qui remplace l'ancienne Assemblée territoriale), tandis que « les services du Territoire sont placés sous son autorité ». Un Conseil exécutif, purement consultatif, est formé à ses côtés.
Le Conseil exécutif est alors constitué de cinq membres, chefs des autres institutions territoriales créés par la loi de 1985, à savoir :
- le président du Congrès du Territoire, élu par ce dernier en son sein à bulletin secret et à trois tours maximum, qui est également le président du Conseil exécutif,
- les présidents des conseils (élus par ceux-ci parmi leurs membres) des quatre nouvelles régions (Sud, Centre, Nord et Îles Loyauté) qui ont été créées notamment pour permettre aux indépendantistes du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) de Jean-Marie Tjibaou, minoritaires sur l'ensemble de la Nouvelle-Calédonie mais majoritaires sur certaines parties de son territoire, d'obtenir la gestion de certaines collectivités et ainsi les pousser à abandonner leur stratégie de boycott des institutions et de revendication par la lutte.
Premier Conseil exécutif (4 octobre 1985-2 mai 1988
À la suite des élections régionales du , le FLNKS (et surtout sa principale composante, l'Union calédonienne UC) obtient le contrôle de trois des quatre régions (Centre, Nord et Îles Loyauté), tandis que les anti-indépendantistes du Rassemblement pour la Calédonie dans la République (RPCR) du député Jacques Lafleur gagnent la Région Sud ainsi qu'une majorité absolue au Congrès (avec 26 sièges sur 46).
Par conséquent, les membres du Conseil exécutif, tous élus par leurs assemblées respectives le , sont :
- Président du Congrès (et donc du Conseil exécutif) : Dick Ukeiwé (56 ans, moniteur de l'enseignement public, membre fondateur du RPCR, sénateur RPR depuis 1983, il était auparavant le président du précédent gouvernement du territoire entre 1984 et 1985 et a été le vice-président du conseil de gouvernement, et donc son chef politique, chargé du Travail et des Affaires sociales de 1979 à 1982)
- Président du Conseil de la Région Sud :
- - : Jean Lèques (54 ans, RPCR, notaire, ancien de l'UC, avant qu'elle n'opte pour l'indépendance, puis du Mouvement libéral calédonien MLC, ancien président de l'Assemblée territoriale de 1970 à 1972, de 1980 à 1981, de 1982 à 1983 et de 1984 à 1985, démissionne lorsqu'il est élu maire de Nouméa le )
- - : Pierre Frogier (34 ans, RPCR, substitut du procureur de la République près le Tribunal de Nouméa en 1976, ancien conseiller de gouvernement chargé de l'Économie et du Développement industriel de 1979 à 1982 puis ministre de l'Économie et des Finances du gouvernement du territoire de 1984 à 1985, conseiller territorial en 1977 et de 1982 à 1984, maire du Mont-Dore à partir de 1987)
- Président du Conseil de la Région Centre : Léopold Jorédié (38 ans, FLNKS-UC, rouleur sur mines puis chef d'une entreprise de transport de minerai, « ministre de la sécurité » du « Gouvernement provisoire de Kanaky » depuis 1985, conseiller municipal de Canala depuis 1977)
- Président du Conseil de la Région Nord : Jean-Marie Tjibaou (49 ans, président du FLNKS, vice-président de l'UC, président du « Gouvernement provisoire de Kanaky » depuis 1984, maire de Hienghène depuis 1977, ancien vice-président du conseil de gouvernement chargé de la Planification, des Finances, du Budget, de la Fonction publique, des Mines et de l'Énergie de 1982 à 1984 et ancien conseiller territorial de 1977 à 1982)
- Président du Conseil de la Région des îles Loyauté : Yeiwéné Yeiwéné (40 ans, trésorier du FLNKS, UC, porte-parole et « ministre des Finances et de la Solidarité nationale », également chargé des questions identitaires, culturelles, éducatives et de la propagande du « Gouvernement provisoire de Kanaky » depuis 1984, ancien conseiller territorial de 1977 à 1984)