Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Lyon
établissement d'enseignement supérieur français
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Le Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Lyon (CNSMD de Lyon, ou encore « Conservatoire national supérieur musique et danse » sur son site web) est un établissement public à caractère administratif classé conservatoire national supérieur qui dispense un enseignement professionnel de la musique et de la danse. Il est membre associé de l'université de Lyon.
| Fondation |
|---|
| Type | |
|---|---|
| Forme juridique |
Autre établissement public national d'enseignement (d) |
| Disciplines | |
| Nom officiel |
Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Lyon (depuis ) |
| Régime linguistique | |
| Fondateur | |
| Présidente |
Carine Soulay (d) (depuis ) |
| Directeur |
Mathieu Ferey (depuis ) |
| Directrice adjointe |
Coralie Waluga (depuis 2019) |
| Membre de |
Université de Lyon (ComUE), Collège des hautes études Lyon sciences, Association européenne des conservatoires, académies de musique et Musikhochschulen (en) |
| Site web |
| Étudiants |
643 () |
|---|---|
| Effectif |
189 enseignant ou enseignante (), 69 agent administratif () |
| Budget |
15 millions d’euros () |
| Pays | |
|---|---|
| Campus | |
| Localisation |
Il abrite la médiathèque Nadia-Boulanger.
Historique
Origines
À la suite du déménagement du conservatoire de musique de Lyon de la rue de l'Angile à la montée de Fourvière, des personnalités lyonnaises telles que René Brot et Simone du Breuil souhaitent dès 1977 transformer les locaux libérés en un conservatoire supérieur et sollicitent le Premier ministre, Raymond Barre, le ministre de la Culture et de la Communication, Jean-Philippe Lecat, et la ville de Lyon. Le , Raymond Barre officialise la décision de créer à Lyon un second CNSM[1].
Le , une association loi de 1901 pour le développement et le rayonnement du Conservatoire national supérieur à Lyon est créée sous la présidence d'Olivier Philip alors préfet du Rhône. Pierre Cochereau assure la direction de l'établissement à partir du [1].
L'établissement ouvre ses portes en avec 46 étudiants répartis dans un nombre de classes limitées (violon, alto, violoncelle, contrebasse, harpe, piano, chef de chœur, histoire de l'art, formation musicale et pratiques collectives)[1]. Un deuxième concours d'entrée est organisé en pour compléter les effectifs[2].
1980-2009 : Conservatoire national supérieur de musique de Lyon
Le Conservatoire national supérieur de musique de Lyon est créé par décret du [3]. Les membres du conseil d'administration sont nommés le et l'inauguration officielle se déroule le en présence du Premier ministre Raymond Barre[2].
Le nombre de classes augmente progressivement en s'élargissant aux disciplines suivantes[2] :
- 1980 : flûte, hautbois, clarinette, basson français, cor et écriture musicale ;
- 1981 : trompette, trombone, percussions, accompagnement au piano, ethnomusicologie et pédagogie ;
- 1982 : clavecin.
Le département danse est créé en et s'installe provisoirement au 40ter rue Vaubecour dans le 2e arrondissement de Lyon[4]. Après le décès de Pierre Cochereau, Gilbert Amy prend la direction de l'établissement en [5]. En , la classe d'orgue, délocalisée à Toulouse, ouvre sous la direction de Xavier Darasse[4].
Le , les nouveaux locaux aménagés au clos des Deux-Amants, quai Chauveau dans le 9e arrondissement de Lyon, sont inaugurés par Raymond Barre, François Léotard, Francisque Collomb et Gilbert Amy. Outre l'ouverture de classes de chant, basson allemand[6] et tuba, cet emménagement permet la création de deux nouveaux départements à la rentrée suivante[4] :
- le département de musique ancienne conduit par Gérard Geay[7] ;
- le département Sonvs confié à Denis Lorrain et Philippe Manoury, dédié à la composition « sous son double rapport électroacoustique et instrumental ou vocal »[7].
L'atelier instrumental du XXe siècle, futur Atelier XX-21, est créé en 1991[8], alors que la classe d'orgue rejoint Lyon[9]. Les studios aménagés pour le département danse au grenier d'abondance sont inaugurés le , puis le grand orgue Grenzing de l'amphithéâtre Xavier-Darasse le [a]. La formation diplômante au certificat d'aptitude de professeur de musique ouvre en 1995[8].
À la suite de la nomination d'Henry Fourès comme directeur en [10], le projet d'établissement s'oriente vers la création et l'international. L'atelier d'improvisation est créé sous la houlette de Jacques Di Donato[11].
En 2003, un diplôme de culture musicale est créé ainsi que la formation diplômante au certificat d'aptitude de professeur de danse. La classe de musique à l'image ouvre l'année suivante[9].
À la suite de la réforme licence-master-doctorat, l'organisation des études est remaniée en 2008[9].
Depuis 2009 : Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Lyon
À la suite du décret no 2009-201 du 18 février 2009, la danse fait officiellement son apparition dans le titre de l'établissement qui devient Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Lyon. Cependant, le logotype de l'établissement intègre le « D » de la danse dès 2001[12],[b].
Faisant suite à la mise en place de la réforme licence-master-doctorat, le conservatoire met en place des formations de troisième cycle[9] :
- 2011 : un doctorat de musique « Recherche et pratique » avec l'école doctorale no 484 « Lettres, Langues, Linguistique & Arts » ;
- 2012 : un Artist-Diploma permettant « de développer un projet personnalisé dans le domaine de l’interprétation, de la création, de la diffusion artistique », en faisant « une place à l’invention artistique libre, sans formalisation d’une thèse de format universitaire »[13].
En , le CNSMD de Lyon rejoint le Collège des hautes études Lyon sciences, aux côtés de l’École centrale de Lyon, l’École normale supérieure de Lyon, l'Institut d'études politiques de Lyon, l'Institut national d'enseignement supérieur et de recherche en alimentation, santé animale, sciences agronomiques et de l'environnement, puis à partir de 2018 de l'École nationale supérieure des mines de Saint-Étienne[9].
L'établissement met également en place des programmes internationaux[9] :
- 2014 : CoPeCo (Contemporary Performance and Composition) en coopération avec l'Académie estonienne de musique et de théâtre, la Hochschule für Musik und Theater Hamburg et l'École royale supérieure de musique de Stockholm ;
- 2018 : InMICS (International Master in Composition for Screen) en coopération avec l'Académie royale des beaux-arts de Gand (Haute École de Gand), la faculté de musique de l'Université de Montréal et le Conservatoire Giovanni Battista Martini de Bologne[13].
En , un post-diplôme « Recherche et création artistique » est créé avec l'École nationale supérieure des beaux-arts de Lyon, l'École nationale supérieure des arts et techniques du théâtre, puis à partir de 2019 la CinéFabrique[9].
Enseignement
Généralités
Le CNSMD de Lyon propose un enseignement destiné aux futurs professionnels, accessible sur concours.
Les études s’organisent en trois cycles distincts, s'inscrivant dans schéma LMD, menant à l'obtention des diplômes suivants[9] :
- Premier cycle :
- diplôme d'État de professeur de musique (diplôme national), disciplines accompagnement, création musicale contemporaine, culture musicale, direction d'ensembles, écriture et enseignement instrumental ou vocal[14],
- diplôme de premier cycle supérieur métiers de la culture musicale (diplôme d'établissement),
- diplôme national supérieur professionnel de danseur (diplôme national)[14],
- diplôme national supérieur professionnel de musicien (diplôme national), disciplines chef d’ensembles vocaux et instrumentaux, instrumentiste-chanteur et métiers de la création musicale[14],
- licence arts, lettres, langues (diplôme national de licence délivré par l'université Lumière Lyon 2), mentions musicologie et arts du spectacle vivant ;
- Deuxième cycle :
- certificat d'aptitude aux fonctions de professeur de danse (diplôme national), disciplines danse classique, danse contemporaine et danse jazz[14],
- certificat d'aptitude aux fonctions de professeur de musique (diplôme national), disciplines accompagnement, création musicale contemporaine, culture musicale, direction d'ensembles, écriture, enseignement instrumental ou vocal et formation musicale[14],
- diplôme de deuxième cycle supérieur métiers de la création musicale (diplôme d'établissement valant grade de master)[14],
- diplôme de deuxième cycle supérieur métiers de la culture musicale (diplôme d'établissement valant grade de master)[14],
- diplôme de deuxième cycle supérieur musicien-interprète (diplôme d'établissement valant grade de master)[14],
- diplôme de deuxième cycle supérieur musicien-performeur (diplôme d'établissement valant grade de master)[14],
- diplôme de deuxième cycle supérieur pédagogie, enseignement musique (diplôme d'établissement valant grade de master)[14] ;
- Troisième cycle :
- Artist-diploma CréationS (diplôme d'établissement),
- Artist-diploma violon soliste (diplôme d'établissement),
- doctorat de musique recherche et pratique (diplôme national de doctorat délivré par l'Université de Lyon).
Cursus
Le CNSMDL propose de nombreux cursus d'interprétation de la danse, d'interprétation de la musique, de création musicale, de culture musicale, de pédagogie. Il propose aussi des artist-diplomas et des doctorats.
Affaire judiciaire
À la suite de trois plaintes, en 2023, d'étudiantes du conservatoire national supérieur de musique et de danse de Lyon, où Jean Tubéry est professeur[15],[16], ce dernier est condamné, en , à six mois de prison avec sursis, pour des « propos à connotation sexuelle imposés de manière répétée » dans le cadre d’une position d’autorité[17],[18]. Jean Tubéry fait appel de sa condamnation considérant qu'il s'agit d'une erreur judiciaire[15].
Campus
1979-1988 : rue de l'Angile
Le conservatoire est initialement installé rue de l'Angile, dans le 5e arrondissement, à l'arrière du Palais Bondy. Ces locaux venaient d'être libérés par le conservatoire de musique de Lyon, futur conservatoire national de région puis conservatoire à rayonnement régional, transféré dans la montée de Fourvière. Outre la salle Witkowski et la salle Molière, les locaux sont étroits et sont un frein au développement de l'établissement[19].
Depuis 1988 : clos des Deux-Amants
Le site principal de l'établissement est situé depuis 1988 au nord du quartier du Vieux Lyon, quai Chauveau, dans le 9e arrondissement de Lyon[4].
Ces bâtiments historiques du clos des Deux-Amants, dont l'agencement actuel est dû à l’architecte Chabrol (milieu du XIXe siècle), abritèrent précédemment une communauté religieuse, le Couvent des Dames de Sainte-Élisabeth (XVIIe siècle), puis après la Révolution l'École nationale vétérinaire de Lyon[20]. À la suite d'un concours d'architecte lancé le remporté par Espace Construit[c], ils furent rénovés entre 1985 et 1988 ; la première pierre fut posée par Jack Lang le [20].
Ils abritent notamment 110 salles d’enseignement pour la musique, un auditorium de 280 places, un petit auditorium de 50 places, un amphithéâtre accueillant le grand orgue Grenzing, des studios de composition et la médiathèque Nadia-Boulanger[9].
Vue depuis les toits de la basilique Notre-Dame de Fourvière Vue depuis du quai Saint-Vincent Façade principale Cour du cloître Détail du portique Galerie du cloître Statue dans l'atrium Grand orgue Grenzing Couloir
Depuis 1993 : grenier d'abondance
Depuis 1993, le département danse occupe des studios aménagés au grenier d'abondance[8], quai Saint-Vincent, sur la rive gauche de la Saône, au pied de la Croix-Rousse, quasiment en face du site principal. Le conservatoire y dispose initialement de quatre studios de danse et y partage les locaux avec la direction régionale des Affaires culturelles d'Auvergne-Rhône-Alpes[21].
Façade principale Avant-corps central en façade Studio de danse Studio de danse
Organisation
Le décret no 2009-201 du 18 février 2009 prévoit que le CNSMD de Lyon est un établissement public à caractère administratif placé sous la tutelle du ministère de la Culture[22], exercée par la direction générale de la Création artistique.
Conseil d'administration
L'établissement est administré par un conseil d'administration dont le président est nommé par décret pour un mandat de trois ans renouvelable[23].
| Nom | Début du mandat | Fin du mandat | Références |
|---|---|---|---|
| Pierre Doueil | [24] | ||
| Francis Jeanson | [25] | ||
| Hugues Taÿ | [26],[27] | ||
| Michel Cusin | [28] | ||
| Roland Tissot | [29] | ||
| Daniel Goudineau | [30],[31],[32],[33] | ||
| Yves Rolland | [34] | ||
| Catherine Tsekenis | [35],[36] | ||
| Anne Poursin | [37] | ||
| Carine Soulay | [38] |
Direction
L'établissement est dirigé par un directeur, nommé pour une durée de trois ans renouvelable deux fois par arrêté du ministre chargé de la culture et assisté par un conseil pédagogique[39].
| Nom | Début du mandat | Fin du mandat | Références |
|---|---|---|---|
| Pierre Cochereau | |||
| Gilbert Amy | [5],[40],[41],[42] | ||
| Henry Fourès | [10],[43],[44] | ||
| Géry Moutier | [45],[46],[47] | ||
| Mathieu Ferey | [48],[49] |
Direction pédagogique
Le comité de direction comprend trois directeurs pédagogiques : Susanne van Els, directrice des études musicales, Kylie Walters, directrice des études chorégraphiques, et Anne de Fornel, directrice de la recherche[9]. Les enseignements sont regroupés dans douze départements pédagogiques placés sous la responsabilité de chefs de département[9] :
- Danse ;
- Bois (Jérôme Guichard) ;
- Claviers (NN) ;
- Cordes (Françoise Gnéri) ;
- Cuivres (David Guerrier) ;
- Voix et direction de chœur (Laurent Pillot) ;
- Musique ancienne (Anne Delafosse) ;
- Musique de chambre (Fabrice Le Bihan) ;
- Création musicale (Jean Geoffroy) ;
- Culture musicale (NN) ;
- Pédagogie :
- Formation à l'enseignement de la musique (Karine Hahn),
- Formation à l'enseignement de l'art chorégraphique (Anahi Renaud).
