Constantin-Louis d’Estourmel appartient à une ancienne famille de la noblessepicarde, qui tire son nom de la terre d'Estourmel, dans le Cambrésis, et dont l'ancienneté remonte aux Croisades.
Il est le deuxième fils (et le troisième enfant) de Louis d’Estourmel, vicomte de Fouilloy, baron de Cappy, seigneur de Suzanne, et de Marie-Aimée de Hautefort de Montignac[1].
Il participe aux deux campagnes contre les corsairesBarbaresques en 1728 et en 1736–1737. En 1740–1741, il commande La Parfaite dans l’escadre envoyée aux Indes occidentales, et prend une part active au combat livré contre une escadre anglaise composée de six vaisseaux au large du cap Tiburon, Saint-Domingue, les et .
Promu chef d'escadre le , d’Estourmel reçoit le commandement du Trident dans l’escadre du duc d’Anville, armée à Brest la même année pour entreprendre des opérations offensives contre les possessions anglaises d’Acadie et de Terre-Neuve. Après avoir atteint les côtes de l’Acadie en , cette escadre est dispersée par un fort coup de vent. Estourmel rassemble cinq vaisseaux de guerre et la plus grande partie des transports et entre dans la baie de Chibouctou le pour y apprendre la mort du duc d’Anville. Le , un conseil de guerre lui confie le commandement en chef et décide l’attaque contre Annapolis Royal. Mais «soit incapacité pour les grandes choses, soit crainte de ne pas réussir ou délicatesse mal placée de ne pas s’ouvrir à quelqu’un pour partager avec lui une besogne qu’il regardoit au-dessus de ses forces, enfin le désespoir, l’inquiétude et la fureur s’emparèrent de M. d’Estourmel au point que, dans la nuit, il attenta à ses jours [...] il fut saisi d’une fièvre ardente qui dégénéra bientôt en délire». S’étant cru environné d’ennemis, il s’était blessé gravement avec son épée.
Le , il se démet de son commandement entre les mains du chef d’escadre La Jonquière et rentre en France. Le , le roi lui permet de se retirer du service tout en conservant ses appointements. Le seul renseignement que nous ayons à son sujet après sa retraite est qu’il meurt à Paris en 1765.
↑ Abbé Paul de Cagny, Notice historique sur le château de Suzanne en Santerre et sur la maison et marquisat d'Estourmel, Péronne, Imprimerie J. Quentin, , 107p. (lire en ligne), p.76-79