Convention franco-britannique de 1898
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La Convention franco-britannique de 1898, ou Convention franco-anglaise du 14 juin 1898, de son nom complet la Convention entre la France et la Grande-Bretagne fixant la délimitation des possessions françaises de la Côte d'Ivoire, du Soudan et du Dahomey, des colonies britanniques de la Côte de l'Or et de Lagos, et des autres possessions britanniques à l'ouest du Niger, ainsi que des possessions françaises et britanniques, et des sphères d'influence des deux pays à l'est du Niger[1], également connue sous le nom de la Convention du Niger, est un accord entre la Grande-Bretagne et la France qui fixe la partition de l'Afrique de l'Ouest entre les deux puissances coloniales dans les zones contestées du Bas Niger. Elle est signée à Paris le . Les ratifications ont été échangées le .

L'article IV de cette convention est complétée par une déclaration signée à Londres le qui, après l'incident de Fachoda, délimite les sphères d'influence dans le nord de l'Afrique centrale et au Soudan[2].
Origines
Conférence de Berlin

Peu abordées lors de la conférence de Berlin, les délimitations de territoires à l'intérieur de l'Afrique sont toutefois une suite logique des conclusions qui y sont formulées. Les puissances coloniales se sentent autorisées à pénétrer à l'intérieur du continent en ayant comme objectifs de signer des accords spécifiques ultérieurs pour régler leurs différends[3].
Traité Heligoland-Zanzibar
Le Traité Heligoland-Zanzibar, signé entre l'Allemagne et la Grande-Bretagne en 1890, provoque des réactions en France, du fait que ses droits sur Zanzibar sont mis à mal par l'établissement d'un protectorat britannique sur l'île. Des discussions s'engagent entre la France et la Grande-Bretagne qui aboutissent à un accord le , concernant, outre la reconnaissance du protectorat par la France en contrepartie d'avoir les mains libres à Madagascar, des principes de délimitation d'influence en Afrique occidentale[4]. La Grande-Bretagne reconnaît notamment des droits à la France sur un vaste territoire allant de la Méditerranée à une ligne tracée depuis la ville de Say, sur le Niger, vers la localité de Barroua, sur le lac Tchad (dite ligne Say-Barroua). En contrepartie, les Français s'engagent à ne pas pénétrer plus au sud, laissant implicitement la région du Bas Niger à la disposition des Britanniques[4].
Incidents au Borgou


Le Borgou devient le lieu d'une nouvelle rivalité franco-britannique à partir de 1894, les Français considérant qu'ils ont le droit de pénétrer dans l'arrière-pays du Dahomey, en visant à rejoindre la ligne Say-Barroua depuis le sud, ce qui, selon eux, respecte l'accord de 1890. Leur point de vue est que la limite ne devait pas être franchie que par le nord. Leur objectif est d'avoir accès au fleuve Niger depuis le golfe de Guinée. La Royal Niger Company, qui a une charte accordée par le gouvernement britannique pour exercer en exclusivité des activités commerciales sur le fleuve, demande au gouvernement britannique de contrecarrer les projets français. Lugard est dépêché sur place en 1897 avec pour mission de créer, avec l'appui de forces militaires, des établissements à proximité de ceux des Français. Des incidents s'ensuivent sur place, et Lugard alerte sa hiérarchie sur le risque de conflit militaire que la situation peut engendrer. Finalement, les Britanniques considèrent que l'enjeu n'est pas suffisamment important et engagent des négociations qui aboutissent à la Convention du [4].
Conséquences

La confédération du Borgou se voit divisée en deux. L'Ouest est attribué à la France qui se voit ainsi garanti un accès au Niger. L'Est est attribué à la Grande-Bretagne. Elle a aussi les mains libres pour exercer son influence sur le sultanat de Sokoto, un grand territoire situé au Nord-Est. La France, assurée d'un lien logistique depuis le golfe de Guinée, peut reprendre plus facilement ses conquêtes vers le Tchad, y compris par des actions mal contrôlées commettant des exactions sur les populations locales, comme la mission Voulet-Chanoine. La Grande-Bretagne, jusque là peu encline à développer une administration dans le Bas Niger, même indirecte, conduit finalement une politique plus volontariste, établissant des protectorats, qui aboutit à la création du Nigeria en 1914, avec Lugard comme premier gouverneur. La Royal Niger Company, quant à elle, est supprimée dès 1899[4].
Développements

La crise de Fachoda se produit quelques semaines après la signature de la convention. Delcassé, qui remplace Hanotaux à l'origine de l'aventure, obtient du gouvernement britannique que l'accord fixant les limites de l'influence française en Afrique centrale et au Soudan soient inclus sous forme de déclaration complémentaire dans la convention afin d'en réduire les interprétations possibles, notamment en matière de reconnaissance de la position britannique vis-à-vis de l'Égypte. Elle est signée le [5].
L'échange des ratifications de la convention est effectué le [6].
Bibliographie
- https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5613727q/f1.image, Paris, Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères / Imprimerie nationale, 1899 (Documents diplomatiques) (archive.org)