Conversation
type d'échange verbal
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Une conversation est un échange verbal entre deux personnes dans un cadre quotidien et informel, qui leur permet de faire connaissance, de se donner des nouvelles (bavardage), de flirter ou de se confier plus intimement.

Orale ou écrite, elle peut avoir lieu dans la vraie vie comme par téléphone, par SMS ou sur les réseaux sociaux, notamment depuis l'avènement du Web social.
La conversation est une activité de la vie quotidienne qui a un rôle social très fort. Elle est le ciment des relations entre les gens, entre amis, et elle sert à la « réactualisation des liens sociaux ». La conversation « a un caractère immédiat, familier, gratuit, non finalisé et égalitaire[1] ».
Typologie
Bavardage

Le bavardage, la conversation ordinaire, la conversation quotidienne ou le small talk[2] (terme anglais signifiant littéralement « petite discussion ») est la pratique d'une conversation dans un contexte où les participants sont supposés se concentrer sur une autre activité, par exemple en silence. D'une façon générale, et par extension, on désigne comme un bavardage une conversation que l'on trouve futile, stérile ou donc d'importance secondaire[3]. Le bavardage est en effet défini par Martin Heidegger comme « la possibilité de tout comprendre sans appropriation de la chose[4] », c'est-à-dire que le bavardage consiste en une conversation dialogique dans laquelle le sens auquel renvoie le signifiant n'est pas soumis à une recherche ou une interrogation de la part des interlocuteurs.
Flirt ou « drague »

Un flirt (mot issu de l'anglais, prononcé en français [flœʁt] ⓘ) est une relation amoureuse empreinte de légèreté, dénuée de sentiments profonds ; le verbe flirter désigne, quant à lui, le fait de tenir une conversation dans un tel rapport. Dans un sens très proche, la drague (ou le fait de draguer) englobe toute communication entreprise dans la perspective d'une relation légère.
La drague gay est particulièrement documentée.
Depuis la fin des années 1990 se développent, parmi les hommes hétérosexuels, des « pick up artists » (PUA) spécialisés notamment dans la drague de rue, et qui forment une véritable « communauté de la séduction ».
Rendez-vous galant ou « date »

Au Café de Jean Béraud.
Un rendez-vous galant est une forme de séduction constituée d'activités sociales réalisées par deux personnes dans le but d'évaluer l'adéquation entre elles comme partenaire pour une relation intime. Bien que le terme rendez-vous ait plusieurs sens, il se réfère généralement à l'acte de réunion et d'engagement dans des activités sociales mutuellement convenues, ensemble en public, comme un couple.
Conversation érotique

Une conversation érotique[5] (ou abusivement discussion érotique) est une conversation intime entre partenaires sexuels à des fins d'excitation, le plus souvent pendant les préliminaires, ou considérée comme une fin en soi. Elle peut inclure des vocalisations copulatoires.
Un tel échange se tient dans la vraie vie, généralement par chuchotement à l'oreille, mais aussi au téléphone, par SMS, plus ou moins publiquement sur un réseau social, ou encore, dans les années 1990-2000 (avant la démocratisation des messageries instantanées), par courriel. Depuis l'avènement du Web social, elle s'inscrit souvent dans le cadre du cybersexe.
Différences entre les hommes et les femmes

Contrairement à différents stéréotypes répandus, les femmes ne parlent pas plus que les hommes. Les femmes et les hommes prononcent un nombre similaire de mots par jour en moyenne[6]. Une étude publiée en 2007 dans la revue Science explique que les femmes prononcent en moyenne 16 215 mots par jour, contre 15 669 mots pour les hommes, mais cette petite différence n'est pas significative et les distributions, qui peuvent varier énormément entre les individus, n'étaient pas différentes entre les deux sexes[7],[8].
« Art »


Fontenelle, Préface aux entretiens sur la pluralité des mondes


L'art de la conversation, considéré comme l'un des fleurons[13] de la culture classique française[n 3], est une pratique développée en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, devenue un spectacle pour toute l'Europe[14] et caractérisée par la recherche d'une dimension esthétique et hédoniste dans les échanges mondains. Dans les ouvrages traitant de l'art de la conversation dans la France classique, les auteurs ne délimitent pas cet art protéiforme[15] dans ses formes ou ses codes. L'expression concerne originellement la conversation mondaine, mais ses pratiques et ses valeurs se sont répandues dans l'ensemble de la société cultivée, ont eu une influence importante dans la littérature, et le terme désigne plus généralement un art littéraire au sens classique de ce terme.
Pour des raisons culturelles et linguistiques, cet art a concerné essentiellement la France et son apparition a été favorisée par la libéralisation des mœurs à la mort de Richelieu. Il s'est développé grâce à l'émergence d'une société de Cour rassemblant une noblesse devenue oisive, en conservant ses caractéristiques originelles, issues du classicisme, dans le langage, la rhétorique et l'esthétisme, et sa diffusion dans l'ensemble du pays a été favorisée par le développement des Salons. Il a disparu rapidement lorsque la Révolution a bouleversé les conditions sociologiques qui l'avaient fait naître pour faire place à la « véhémence de l'orateur ».
Associant l'idéal de l'honnête homme et la culture du Courtisan, l'humanisme et la grâce, l'art de la conversation exige d'être galant, d'avoir esprit, goût, bel air et bon ton. Hommes et dames badinent en promenade ou dans les salons, échangent des flatteries, des pointes, dans la recherche d'un plaisir réciproque, se défiant de la rhétorique du débat. L'ensemble d'une société s'est reconnue dans cette pratique, et de nombreux contemporains en ont laissé un témoignage important à travers leurs mémoires, leur correspondance, ou des essais littéraires. Ils évoquent le plaisir qu'ils y trouvent, parfois les excès, et aussi ses codes et ses règles informelles. Ce sont ainsi de véritables portraits d'artistes qui nous sont parvenus.
La conversation orale représentait alors un modèle pour les différents genres littéraires, avec sa propre rhétorique et l'exigence formelle du classicisme, et s'inscrivait dans le courant esthétisant des Belles-lettres. Cette littérature de dialogues est devenue à son tour un modèle pour l'éducation sociale des aristocrates nobles et bourgeois, favorisant ainsi sa diffusion dans l'ensemble des cercles intellectuels, littéraires et mondains.
Dès le début du XIXe siècle, et aujourd'hui encore, des récits et des études expriment intérêt et nostalgie pour cet art disparu. Dans une époque où la communication rejette parfois dans l'indifférence la langue que l'on parle et le style dans lequel on s'adresse à autrui[16], cet article invite à « découvrir la passion que des temps moins éclairés mirent à disputer sur les qualités de leur langage, sur l'honneur qu'il pouvait faire à autrui et sur la faveur qu'il pouvait valoir au sujet parlant[16] » comme l'écrivit Fumaroli.
Bibliographie
- Emmanuel Godo, Une histoire de la conversation, Paris, PUF, col. Perspectives littéraires, 2003.
- Theodore Zeldin, De la conversation (sous-titre en français : Comment parler peut changer votre vie), Fayard, 1999, 134 p. (ISBN 978-2702826959)
- Alain Milon, L'Art de la conversation, Paris, PUF, col. Perspectives critiques, 1999.
- Ali Benmakhlouf, La conversation comme manière de vivre, Albin Michel, 2016, 256 pages.