Conversions forcées au Pakistan
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Les conversions forcées au Pakistan sont une pratique consistant en l'enlèvement de jeunes filles non musulmanes (généralement chrétiennes ou hindoues) pour les convertir de force à l'Islam et les marier.
Selon certaines organisations non gouvernementales, plus de mille jeunes femmes seraient victimes chaque année de cette pratique. La complicité ou du moins la passivité de l'État pakistanais est souvent remarquée par les observateurs.

Les minorités chrétienne et hindoue font état de l'enlèvement, du viol puis de la conversion et du mariage forcés de plus de mille jeunes femmes, souvent mineures, par an[1],[2],[3]. Au cours des années 2010, ces actes sont de plus en plus fréquents[4].
Durant les seuls six premiers mois de 2021 et pour la seule province du Pendjab, 6 754 enlèvements de femmes de minorités religieuses ; parmi celles-ci, 1 890 cas de viols sont recensés, dont 752 mineures, et 3 721 femmes ont été torturées. Seul un quart environ des plaintes sont officiellement reconnues par les autorités et par les médias[5].
Ce nombre de mille jeunes femmes est une estimation effectuée notamment par la Fondation Aurat (en) et par le Mouvement pour la Solidarité et la Paix (« Movement for Solidarity and Peace »). Pour leur part, Amarnath Motual, ancien vice-président de la Commission des droits de l'Homme du Pakistan, ainsi que l'association Responsible for Equality And Liberty estiment le nombre de victimes entre 20 et 25 par mois, soit 250 à 300 par an[6].
La province du Sind, au sud du pays, qui abrite en particulier 95 % de la minorité hindoue du Pakistan, fait régulièrement état d'enlèvement de jeunes femmes mineures[7]. C'est également le cas de la minuscule minorité kalash, au nord du pays, qui déplore que leurs femmes soient considérées comme des trophées à conquérir par de nombreux hommes musulmans[8].
Les jeunes filles sont souvent soumises à un chantage qui facilite leur soumission, la vie et la sécurité de leur famille étant mise en balance[3]. Dans de rares cas, la famille ou les autorités parviennent à soutirer la victime à son ravisseur[9].
