Coprolalie

tic de langage From Wikipedia, the free encyclopedia

La coprolalie (du grec ancien κόπρος, « excréments » et λαλέω, « parler ») est un tic de langage qui consiste à dire de façon involontaire des mots grossiers ou vulgaires.

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Coprolalie
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Caractéristiques

Cette forme plus ou moins pathologique d'usage du langage, à distinguer d'une grossièreté contrôlée[1], est souvent considérée comme équivalente au syndrome de Gilles de La Tourette. En réalité, elle constitue seulement l'un des symptômes possibles de ce trouble neurodéveloppemental et, contrairement à un cliché, n'est pas présent dans la majorité des cas[2].

Même si le préfixe copro- dénote les excréments, il indique ici une grossièreté plus générale, notamment injurieuse contre d'autres personnes, mais souvent dépourvue de tout lien apparent avec le contexte extérieur[2]. Des termes de nature scatologique ou sexuelle peuvent être proférés[3].

Le syndrome de Gilles de La Tourette n'est pas présent dans l'ensemble des cas de coprolalie[4] et celle-ci n'implique pas nécessairement une certaine dissociation entre le sens et le mot que le trouble neurodéveloppemental souligne dans le cas des mots impolis. Il s'agit d'un tic qui peut dissocier le mot de sa signification pour ce qui est des troubles neurodéveloppementaux, mais avec des limites vagues, et la coprolalie est un tic qui ne reflète pas l'intention ou la volonté de la personne[5]. La timidité maladive peut cependant entraîner la coprolalie chez des personnes souffrant de troubles associés, par exemple d'agoraphobie et d'anxiété[6].

La médicalisation de ce phénomène renvoie à une règle héritée de la convenance, c’est-à-dire le rapport de conformité entre la parole du locuteur et le contexte social, voire la condition socio-culturelle et économique[7]. La coprolalie a d'ailleurs porté le nom de manie blasphématoire[3].

Très peu documentée en-dehors du syndrome de Gilles de La Tourette, dont elle n'est pas une caractéristique majoritaire, la coprolalie pourrait être lié à d'autres problèmes de tics[8], troubles mentaux et rappeler des symptômes reliés à un usage particulier du langage (comme l'écholalie) dans des troubles autistiques, schizophréniques[9] ou autres. Elle pourrait être répertoriée marginalement dans ce type de cas, mais la fixation sur des termes socialement prohibés n'est pas un signe habituel de ces troubles.

Les autres cas pour lesquels est évoquée l'appellation de coprolalie sont plutôt liés à des problèmes acquis et sévères comme des troubles neurologiques liés par exemple à des symptômes extrapyramidaux, des lésions cérébrales dus à des chocs, des accidents et des maladies neurodégénératives diminuant l'inhibition sociale et verbale. Les mécanismes peuvent différer et il n'est encore une fois pas clair de savoir si le sens des termes vulgaires est alors important dans le message irrépressiblement transmis[10].

La coprolalie fait partie des coprophénomènes[11]. Une manifestation connexe, parfois corrélée, est la copropraxie (en), qui consiste à réaliser involontairement des gestes interdits, liés à des contenus sexuels, scatologiques, obscènes et insultants[12]. Une autre, la coprographie (en), consiste en des productions écrites ou dessinées obscènes et incontrôlées[13].

Notes et références

Voir aussi

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