Cornélis Henri de Witt
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Sous-secrétaire d'État Gouvernement Ernest Courtot de Cissey Ministère de l'Intérieur | |
|---|---|
| - | |
| Député du Calvados | |
| - |
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Sépulture |
Cimetière de Saint-Ouen-le-Pin (d) |
| Nationalité | |
| Activités | |
| Famille |
De Witt (en) |
| Père |
Guillaume-Corneille de Witt (d) |
| Mère |
Suzanne Caroline Temminck (d) |
| Fratrie |
Conrad de Witt Elisabeth Adélaïde Wilhelmine de Witt (d) |
| Conjoint |
Pauline de Witt (à partir de ) |
| Enfant |
| Propriétaire de | |
|---|---|
| Distinction |
Prix Fabien () |
Cornélis Henri de Witt ( à Paris - au Val-Richer) est un historien, industriel et homme politique français.
Origines familiales
Cornélis Henri de Witt naît le à Paris. Il est le fils du grand notable hollandais Guillaume Corneille de Witt, réfugié à Paris en 1787, ambassadeur de la République batave en Suisse, naturalisé français en 1806, sous-préfet d'Amsterdam sous l'Empire[1]:199 et ancien auditeur au Conseil d'État, et de Suzanne Caroline Temminck, fille d'un trésorier de Compagnie néerlandaise des Indes orientales et sœur du zoologiste Coenraad Jacob Temminck. Il est le frère cadet de Conrad de Witt, né en 1824.
Les ancêtres de la famille font fortune dans la compagnie des Indes néerlandaises. Les frères ne descendent cependant pas du grand-pensionnaire de Hollande Jan de Witt[1]:199.
Les frères sont orphelins de père et mère en 1838. Ils passent alors avec leur sœur Elisabeth dite Betsi sous l'autorité de leurs tantes maternelles[1]:198.
Double mariage
Cornélis étudie avec Anatole Prévost-Paradol et Hippolyte Taine. Il fait connaissance au collège de Bourbon (aujourd'hui lycée Condorcet) avec Guillaume Guizot, fils du ministre François Guizot. Il partage avec celui-ci les leçons particulières de Camille Rousset, jeune professeur d'histoire[1]:198.
À partir de 1846, Cornélis et Conrad fréquentent l'appartement du ministère des Affaires étrangères boulevard des Capucines où résident les Guizot. Cornélis visite même ces derniers à Londres lors de leur exil à la suite de la révolution de 1848. Au retour de la famille au Val-Richer en , les frères sont les premiers invités et se rapprochent des deux sœurs Henriette et Pauline. Cette dernière écrit dans son journal : en plein culte familial, début , « mon père nous a donné sa bénédiction à toutes deux, sous le portrait de notre mère, en nous disant : ''elle serait bien heureuse aujourd'hui'' »[1]:198-199.
Le , son frère Conrad épouse Henriette Guizot. Le , c'est au tour de Cornélis d'épouser Pauline Guizot.
Le couple a sept enfants[2] :
- Marie Françoise Elisabeth, née le à Paris et morte le . Le , elle épouse au temple de l'Oratoire le banquier Théodore Vernes (-1888), fils de l'officier Félix Vernes. Le couple n'a pas d'enfants.
- Cornélis Henry Wilhelm de Witt, né le à Paris et mort en 1923. Il est officier, conseiller général du Lot-et-Garonne, administrateur de sociétés et membre du comité de la Société de l'Histoire du Protestantisme français. Le , il épouse Madeleine de la Bruyère (1852-1941). Le couple a quatre enfants.
- Robert Conrad Guillaume, né le à Paris (1er arrondissement) et mort le au Val-Richer à Saint-Ouen-le-Pin. Le , il épouse au temple du Saint-Esprit Sophie François Gaillard de Witt (1856-1944). Le couple a des enfants. En 1885, sa veuve se remarie à René Boudon.
- Pierre Gaston, né le au Abbaye du Val-Richer (Saint-Ouen-le-Pin, Normandie) et mort le à Paris. Il est conseiller général du Calvados ét historien. Le , il épouse Gabrielle de La Bruyère. Le couple n'a pas d'enfants. En 1894, sa veuve se remarie à Robert Jameson.
- Rachel Lucy Gabrielle, née le au Val-Richer et morte le à Paris.
- Suzanne Marie Juliette, née le au Val-Richer et morte en 1934. Le , elle épouse au temple du Saint-Esprit l'avocat à la Cour d'appel Charles Cambefort (-1919), fils de Jules Théodore Cambefort et d'Anne Augustine Morin. Le couple a un fils et deux filles.
- François Jean Henry, née le à Paris (8ème arrondissement) et mort le . Il est saint-cyrien, colonel, officier de la Légion d'Honneur, croix de guerre, maire d'Ottrott. Il est président de la Société de l'Histoire du Protestantisme français de 1935 à 1939. Par décret de 1902, il est autorisé à s'appeler « de Witt-Guizot ». Le , il épouse au temple de l'Etoile Marthe Renouard de Bussière (-1949). Le couple a quatre filles.
A Guillaume Guizot, Sainte-Beuve dit au sujet de Cornélis : « Il est né gendre de monsieur votre père »[1]:198. En effet, ils partagent tous deux un grand intérêt à la fois pour l'histoire et pour la politique. Par ailleurs, les frères sont également calvinistes. Son beau-père lui écrit en 1852 : « J'ai été bien préoccupé de l'avenir de mes filles. J'étais très difficile et par conséquent très inquiet pour elles. Vous avez, votre frère et vous, réalisé mes rêves et dépassé mes espérances. Je trouve votre bonheur intérieur si complet et si bon que je ne demande pour vous rien de plus »[1]:199. En 1861, Hippolyte Taine de retour du Val-Richer écrit à Cornélis : « Il me semble que j'ai appris chez vous ce que c'est que la famille, la maison et l'héritage. [...] Ce qu'il y a de mieux c'est que je vous crois capables de subir le malheur, sans vous désorganiser ni vous troubler »[1]:211-212.
Sa sœur Elisabeth, toujours célibataire à 28 ans, épouse le Gaston Gaillard, fonctionnaire des Finances issu d'une bonne famille protestante du Gard. En 1878, la fille aînée d'Elisabeth et Gaston, Sophie Gaillard, épouse Robert de Witt, troisième enfant de Cornélis et Pauline[1]:199-200.
Conrad et Henriette exploitent le domaine du Val-Richer à partir de 1855 et ne le quittent plus jamais. Cornélis et Pauline y vivent également jusqu'en 1867, date à laquelle ils s'installent à Paris. L'été, les familles se retrouvent dans le domaine familial autour du patriache[1]:200.
Le , Pauline de Witt meurt de la tuberculose en villégiature médicale à Cannes, entourée de son mari, de ses enfants et de sa sœur Henriette, qui écrit à son père absent : « Elle est si belle et si douce dans son éternel repos. Elle vous ressemble, et à François [son demi-frère, fils de Pauline de Meulan, mort en 1837] »[1]:200.
Carrière
Il devient administrateur des Mines de la Grand-Combe, de la Société algérienne, des Chemins de fer lombards, collabore à la Revue des deux Mondes et publie quelques travaux historiques dont Histoire de Washington et de la fondation de la République des États-Unis (1855) et Thomas Jefferson (1861).
L'une de ses œuvres les plus connues en France est la comparaison effectuée dans La Société française et la société anglaise au XVIIIe siècle.
Il est élu le représentant du Calvados à l'Assemblée nationale et prend place au centre droit. Il vote pour la démission de Thiers, pour le septennat, pour le ministère de Broglie, pour les lois constitutionnelles.
Il est sous-secrétaire d'État au ministère de l'Intérieur (le ministre titulaire était alors François de Chabaud-Latour), du au . Candidat des droites () à un siège de sénateur inamovible, il n'est pas élu, non plus qu'aux élections législatives du , comme candidat dans l'arrondissement de Pont-l'Évêque.