Corps législatif (Consulat et Premier Empire)

assemblée législative française sous le Consulat et le Premier Empire (1799-1814) From Wikipedia, the free encyclopedia

Le Corps législatif est une assemblée législative française instituée par la Constitution du 22 frimaire an VIII et maintenue par le sénatus-consulte organique du 16 thermidor an X et le sénatus-consulte organique du 28 floréal an XII. Elle remplace le Conseil des Anciens : son rôle consiste uniquement à voter les lois qui sont délibérées devant le Tribunat.

Faits en bref Type, Texte Fondamental ...
Corps législatif
-
14 ans, 5 mois et 3 jours
Informations générales
Type
Chambre basse du parlement tricaméral.
Texte Fondamental
Lieu
Régime
Première République (1799–1804)
puis Premier Empire (1804–1814)
Chef de l'état
Au début, trois consuls mais en réalité le seul Premier consul Napoléon Bonaparte, qui deviendra empereur à partir du .
Élections
Cause
Remplacer le Conseil des Anciens pour voter les lois du Tribunat.
Mode des élections
Renouvelable par cinquième chaque année (cf. Constitution)
Premières élections
Composition de l'Assemblée
Présidents de l'Assemblée
Membres
300
Autres assemblées législatives
1799–1814
1800–1814
Gouvernement
Histoire et événements
Le Conseil des Cinq-Cents vote la préparation d'une nouvelle constitution qui est adoptée le .
Le Corps législatif est constitué.
Le Gouvernement provisoire et le Sénat rédigent un projet de constitution qui prévoit de dissoudre le Corps Législatif et de créer la Chambre des députés.
La Charte est adoptée. Fin du Corps Législatif. Début de la Chambre des députés.
Liste des législatures françaises
Conseil des Cinq-Cents (1795–1799)
Chambre des députés (1814–1815)
Fermer

Il est constitué le 11 nivôse an VIII (), en même temps que le Tribunat, en complément du Sénat conservateur. Il siège au palais Bourbon. Il est dissous le et remplacé sous la Restauration par la Chambre des députés des départements. Pendant les Cent-Jours est instituée une Chambre des représentants.

Députés

Le Corps Législatif comprend 300 membres élus pour cinq ans. Ces « députés des départements » doivent avoir au minimum trente ans, âge élevé à quarante ans par le sénatus-consulte du 19 août 1807[1]. Il est renouvelable par cinquième chaque année et ses membres sont inéligibles pendant un an après leur sortie de charge (exclusion qui sera levée sous l'Empire).

Durant le Consulat, les membres du Corps Législatif sont désignés selon un régime complexe qui revient, au total, à une élection au suffrage universel masculin à quatre degrés. Tous les hommes majeurs âgés de vingt et un ans au moins élisent dans chaque commune une liste de confiance composée du dixième d'entre eux. Le processus se répète au niveau départemental puis national pour aboutir à une liste de confiance nationale comprenant un homme adulte sur mille, soit environ six mille noms. C'est sur cette liste que le Sénat choisit les membres du Corps législatif. Chaque département doit y compter au moins un représentant[1].

Le sénatus-consulte du 16 thermidor an XII () modifie les opérations préalables aux choix du Sénat. Il institue une assemblée de canton qui regroupe tous les citoyens qui y sont domiciliés. Cette assemblée désigne deux collèges électoraux : un d'arrondissement, qui comprend un nombre de membres proportionnel à l'importance numérique de l'assemblée et où tous les citoyens sont éligibles ; un de département dont l'effectif est le millième de celui du département et où ne sont éligibles que les six cents citoyens les plus imposés aux contributions directes. Les membres des collèges sont élus à vie.

Ces collèges inscrivent chacun deux citoyens domiciliés dans le département – et dont l'un ne doit pas être membre du collège – sur la liste où sont choisis les députés du Corps Législatif. Chaque département est désormais représenté par un nombre de députés proportionnel à sa population.

Les premières élections ont lieu le 4 nivôse an VIII ().

Originellement, les membres de l'assemblée élisent leur président[1]. A la suite de la réforme constitutionnelle de l'an XII, le chef de l'Etat peut nommer le président, pour la durée d'une réunion annuelle, parmi cinq noms présentés par les députés[1]. Finalement, le sénatus-consulte du 15 novembre 1813 supprime ce dernier lien des membres du Corps législatif à leur président, qui est désormais directement nommé par le chef de l'Etat, qu'il soit membre de l'assemblée ou non[1].

Mission du Corps législatif

Le rôle de cette assemblée, décrit dans l'article 32 de la Constitution de l'an VIII[1], est exclusivement législatif : il consiste à approuver ou non, mais sans en débattre, les projets de loi qui lui sont présentés après leur examen par le Tribunat et le gouvernement[1]. Un projet de loi voté devient un « décret du Corps législatif », qui peut alors être promulgué comme loi[1].

La réforme constitutionnelle de l'an XII adoucit l'interdiction de débats par la création de « comités généraux »[1]. Mis en place par l'article 82 de ce texte, ils peuvent être réunis à la demande commune de cinquante membres du Corps législatif, cadre permettant de discuter des avantages et des inconvénients d'un projet[1]. Toutefois, un comité général ne peut voter contre un projet de loi[1].

Les membres sont réunis annuellement pour une séance unique de quatre mois maximum[1]. Quand les législateurs ont fini de voter, ils se séparent[1]. Ainsi, les réunions annuelles ne durent jamais quatre mois pleins : la plus courte est celle ouverte le 16 juin 1811, qui dure moins de six semaines[1]. D'un autre côté, le chef de l’État peut convoquer des sessions extraordinaires[1].

Les pouvoirs du Corps Législatif s'accroissent après la suppression du Tribunat en 1807. Trois commissions de sept membres sont instituées qui reçoivent la mission d'examiner les projets de lois et d'en débattre[1]. Ensuite, chaque président de chacune des commissions, nommé par l'Empereur, désigne un rapporteur, qui présente le projet de loi devant l'assemblée, toujours condamnée, elle, à demeurer muette[1]. Si une commission s'oppose à un projet de loi proposé, une réunion de conciliation tenue par l'archichancelier ou l'architrésorier est organisée afin de mettre fin aux différends[1].

Conduite

Comme le Sénat, le Corps législatif fait preuve durant le Consulat et l'Empire d'une rare servilité. Thierry Lentz le décrit pour sa part comme empreint « d'un formalisme glacial »[1].

En raison de son incapacité à discuter les textes de lois, les contemporains caricatureront son nom en « Corps des Muets ». Cela n'empêche pas Napoléon Ier de s'en méfier. Il soupçonne en effet les législateurs, dont beaucoup sont d'anciens révolutionnaires, de se voir encore en Assemblée Nationale.

Les séances sont publiques, sauf quand sont discutés des projets de loi touchant à la politique extérieure, séances spécifiques alors tenues en comité secret[1]. Pour éviter tout débordement, le public est limité à deux cents individus[1]. Napoléon laisse également une place aux journaux, notamment Le Moniteur Universel, afin qu'ils rendent compte des séances, tout en expurgeant les discours qui peuvent être tenus dans l'assemblée[1].

Le Corps législatif est dissous le , à la chute de l'Empire. 237 de ses membres rejoignent la chambre des députés des départements.

Notes et références

Voir aussi

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