Correspondance de Robinson-Schensted-Knuth
From Wikipedia, the free encyclopedia
En mathématiques, et notamment en combinatoire algébrique, la correspondance de Robinson–Schensted–Knuth, aussi appelée la correspondance RSK ou l'algorithme RSK, est une bijection entre matrices à coefficients entiers naturels et paires de tableaux de Young semi-standard de même forme, dont la taille est égale à la somme des coefficients de la matrice . Cette correspondance généralise la correspondance de Robinson-Schensted, en ce sens que si est une matrice de permutation, alors la paire est la paire de tableaux standard associés à la permutation par la correspondance de Robinson-Schensted.
La correspondance de Robinson-Schensted-Knuth étend bon nombre des propriétés remarquables de la correspondance de Robinson-Schensted, et notamment la propriété de symétrie : la transposition de la matrice revient à l'échange des tableaux et .
Introduction
La correspondance de Robinson-Schensted est une bijection entre permutations et paires de tableaux de Young standard de même forme. Cette bijection peut être construite au moyen d'un algorithme appelé l'insertion de Schensted. Cet algorithme commence avec un tableau vide et insère successivement les valeurs de la permutation , avec donnée sous forme fonctionnelle :
- .
Le tableau obtenu est le premier de la paire correspondant à ; le deuxième tableau standard, noté , enregistre les formes successives parcourues durant la construction de .
La construction de Schensted peut en fait prendre en compte des suites de nombres plus générales que celles obtenues par des permutations (notamment on peut autoriser des répétitions); dans ce cas, la construction produit un tableau semi-standard plutôt qu'un tableau standard, mais reste un tableau standard. La correspondance RSK rétablit la symétrie entre tableaux en produisant un tableau semi-standard pour aussi.
Tables à deux lignes
Une table à deux lignes (« two-line array » en anglais) ou bimot[1] ou permutation généralisée correspondant à une matrice est définie comme suit[2] est une matrice
qui vérifie les propriétés suivantes :
- Les colonnes sont ordonnées en ordre lexicographique, ce qui signifie que
- , et
- si et , alors .
- pour chaque paire d'indices de la matrice , il y a colonnes égales à .
En particulier, l'entier est égal à la somme des coefficients de la matrice .
Exemple
La table à deux lignes correspondant à la matrice :
est :
Définition de la correspondance
En appliquant l'algorithme d'insertion de Schensted à la deuxième ligne d'une table à deux lignes, on obtient une paire consistant en un tableau semi-standard et un tableau standard noté . Le tableau peut lui aussi être transformé en un tableau semi-standard noté en remplaçant chaque coefficient de par la -ième coefficient de la première ligne de .
On obtient ainsi[3] une bijection des matrices sur des paires de tableaux de Young semi-standard de même forme; les coefficients de sont les éléments de la deuxième ligne de , et les coefficients de sont les éléments de la première ligne de . De plus, le nombre de coefficients de égaux à est égal à la somme des coefficients de la colonne d'indice de , et le nombre de coefficients égaux à dans est égal à la somme des coefficients de la ligne d'indice de .
Exemple
Pour l'exemple ci-dessus, si l'on applique l'insertion de Schensted à l'insertion de la suite 1,3,3,2,2,1,2 dans un tableau initialement vide, on obtient un tableau , et un tableau d'enregistrement des formes successives, qui sont égaux à :
- .
Après avoir remplacé les coefficients 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7 dans par 1, 1, 1, 2, 2, 3, 3 respectivement, on obtient la paire de tableaux semi-standard suivante :
Définition directe de la correspondance RSK
La définition ci-dessus utilise l'algorithme de Schensted qui produit un tableau d'enregistrement standard; ce tableau est modifié ensuite pour tenir compte de la première ligne de la table à deux lignes et obtenir un tableau d'enregistrement semi-standard. Cette définition montre clairement la relation avec la correspondance de Robinson-Schensted. D'un autre côté, il est naturel de simplifier la partie de la construction concernant l'enregistrement de la forme en prenant en compte directement en compte la première ligne de la table à deux lignes. C'est sous cette forme que l'algorithme de construction de la correspondance RSK est habituellement décrit. Cela signifie simplement qu'après chaque étape d'insertion de Schensted, le tableau est augmenté en ajoutant, comme valeur dans le nouveau carré, l'élément de la première ligne de , où est la taille courante des tableaux. Le fait que ceci produit toujours un tableau semi-standard est une conséquence de la propriété (observée pour la première fois par Knuth[3]) que lors d'insertions d'une même valeur dans la première ligne de , chaque carré ajouté dans la forme est dans une colonne strictement plus grande que la précédente.
Exemple détaillé
Voici un exemple détaillé de cette construction des deux tableaux semi-standard. On part de la matrice :
- ,
et on obtient la table à deux lignes suivante :
La table suivant montre les étapes de la construction des deux tableaux pour cet exemple.
Paire insérée