Le roi RhémétalcèsIer meurt vers l'an 12 et ses États, alliés de Rome, sont divisés en deux parties, qui sont réparties entre le fils et le frère du roi défunt, CotysVIII et RhescuporisIII. Cotys reçoit la région proche de la côte et des colonies grecques. Rhescuporis, celle sauvage et inculte de l'intérieur, exposée à des attaques hostiles des peuples voisins[1].
Comme il a reçu une éducation grecque, Auguste lui donne dans ce partage la portion de la Thrace la plus civilisée, dans le voisinage des villes grecques. Il se distingue par son humanité et son goût pour les lettres. Antipatros de Sidon le célèbre par une épigramme, et Ovide lui adresse la neuvième élégie du deuxième livre des Pontiques. Il y fait un grand éloge de ce prince, et loue ses vers qui sont sans doute en grec.
Rhescuporis décide de s'approprier les terres de son neveu, mais attend la mort d'Auguste, craignant de son courroux, puis mène à l'encontre de son neveu une série d'actions violentes[2]. En 19, Tibère, dans une tentative d'empêcher une nouvelle guerre qui aurait probablement nécessité l'intervention des troupes romaines, envoie des émissaires aux deux rois thraces afin de favoriser l'ouverture de négociations de paix[3].
Cotys congédie ses troupes et Rhescuporis feint de suivre son exemple: il propose une entrevue à son neveu, qui s'y rend sans défiance. Au milieu d'un festin, Rhescuporis le charge de chaînes, et s'empare aussitôt de ses états: puis il l'accuse de trahison auprès de Tibère[4] puis demande que Rome reconnaisse sa souveraineté sur toute la Thrace. Tibère invite Rhescuporis à rejoindre Rome pour justifier l'arrestation de Cotys[5]. Le roi thrace refuse et tue son neveu[6]. Tibère envoie alors chez Rhescuporis le gouverneur de la MésieLucius Pomponius Flaccus qui, vieil ami du roi thrace, le convainc d'aller à Rome[7].
Rhescuporis est accusé par la veuve de Cotys, Antonia Tryphaena, fille de Pythodoris de Trallès, reine du Pont, et jugé et condamné par le Sénat à une peine de confinement pour le meurtre de Cotys, et est envoyé à Alexandrie en Égypte. Peu après, il y est mis à mort, pour avoir tenté de s'échapper[8].
«CotysV», Charles Weiss, Biographie universelle, ou Dictionnaire historique contenant la nécrologie des hommes célèbres de tous les pays, [détail des éditions].
Christian Settipani, Continuité «gentilice» et continuité familiale dans les familles sénatoriales romaines à l'époque impériale, 2000, Addenda III (janvier-décembre 2002), p.111.