Coup d'État de 1974 au Niger

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Le coup d'État de 1974 au Niger est une insurrection militaire qui renverse le premier gouvernement postcolonial du Niger. Le gouvernement qui suit, bien que miné par ses propres tentatives de coup d'État, conserve le pouvoir jusqu'en 1991.

La sécheresse (en) de la période 1968-1972 au Sahel exacerbe les tensions au sein du gouvernement du Parti progressiste nigérien au pouvoir. Des troubles civils généralisés suivent des allégations selon lesquelles certains ministres détournent les stocks d'aide alimentaire et accusant le président Hamani Diori de consolider son pouvoir. Diori limite les nominations au cabinet à ses compatriotes Djerma, à sa famille et à ses amis proches. De plus, il acquiert de nouveaux pouvoirs en se proclamant ministre des Affaires étrangères et de la Défense[1]. Diori est le dirigeant le plus ancien de l'Organisation de l'unité africaine, qu'il contribue à maintenir, et il est bien connu comme étant le principal négociateur international pour l'Afrique francophone[2].

Malgré les avertissements reçus dès 1973 concernant le manque de fiabilité de Seyni Kountché, Diori le promeut néanmoins chef d'état-major, en remplacement de Balla-Arabé affecté à la Grande Chancellerie. Outre la sécheresse, l'armée supporte mal d'être instrumentalisée pour la collecte des impôts et autres activités politiques. Peu avant le coup d'État, le gouvernement nigérien signe un traité de défense mutuelle avec la Libye, ce qui provoque la colère des militaires[3]. Selon Kountché, plus de 3 000 tonnes de céréales sont stockées dans un entrepôt en attendant que les prix augmentent, et lorsqu'il attire l'attention de Diori sur la situation, le président ne fait rien[4].

Coup d'État

Le , le lieutenant-colonel Seyni Kountché mène un coup d'État militaire qui met fin aux quatorze années de pouvoir de Diori. Le coup d'État militaire débute à 1 heure du matin le , et presque toutes les unités, à l'exception de quelques-unes, se rallient rapidement aux putschistes. La garde personnelle du président Hamani Diori, la Garde républicaine, entièrement touarègue, est la seule unité à résister, sous les ordres de l'épouse de Diori, Aïchatou Diori. Elle et quelques gardes sont tués au palais présidentiel à l'aube du [3]. Diori, le président de l'Assemblée nationale, Boubou Hama et plusieurs autres responsables politiques du Parti progressiste nigérien à Niamey sont arrêtés lors de cette opération[5]. Le régime de Diori est le vingt-cinquième en Afrique à tomber à la suite d'un coup d'État en onze ans[6].

Les raisons invoquées pour justifier le coup d'État sont la corruption généralisée, l'absence de démocratie et une trop grande attention portée aux affaires étrangères au détriment des questions intérieures. Il est suggéré que la France est impliquée d'une manière ou d'une autre dans le coup d'État en raison de ses liens avec l'industrie de l'uranium au Niger, dont elle détient le monopole de fait[3]. Cependant, immédiatement après le coup d'État, Kountché ordonne l'expulsion du commandant en chef de la garnison française au Niger, suivi du reste de ses troupes quelques semaines plus tard. Kountché affirme que les Français cherchent à diviser l'armée nigérienne et la traitent avec condescendance[7].

Conséquences

Notes et références

Bibliographie

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