Couronne de Constance

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La couronne dite de Constance est une couronne médiévale conservée dans le trésor de la cathédrale de Palerme, en Sicile, où elle fut découverte dans le sarcophage de Constance d'Aragon, première épouse de l'empereur Frédéric II de Hohenstaufen. Elle est l’un des exemples les plus notables d’orfèvrerie royale de la Sicile normande, marquée par l’héritage artistique normand et byzantin.

La couronne est mise au jour lors de l’ouverture du sarcophage de Constance d'Aragon (morte en 1222), épouse de Frédéric II, dans la cathédrale de Palerme, à l'occasion d'une inspection ordonnée par le vice-roi Fernando de Acuña y de Herrera en 1491[1].

Outre des bijoux, le tombeau abritait également un endotaphe gravé sur une plaque d’argent circulaire, cette inscription sur 9 lignes « Hoc est corpus d(omi)ne / Co(n)sta(n)cie, illustris Roma/no(rum) imperatricis se(m)p(er) augu/ste et regine Sicil(ie), uxoris / d(omi)ni i(m)p(er)atoris Frederici (et) filie / regis Aragonu(m). Obiit aut(em) anno / d(omi)nice Incarnacio(n)is mill(esim)o CC / XX II, XXIII iunii, X indic(ionis) / in civitate Catanie. »[2].

Antérieure à la mort de Constance[2], la couronne d’Aragon a été réalisée dans le tiraz de Palerme, atelier de broderie au sein du Palais Royal où étaient confectionnés les habits et bijoux de cérémonies des dignitaires siciliens sous les périodes arabe et normande, en croisant les différentes cultures d'artisanat[3].

Le fin filigrane doré du capuchon, les pierres brutes regroupées en paniers et les perles enserrant les émaux rappellent les ornements du manteau du couronnement de Roger II[2], avec lequel la couronne de Constance d'Aragon sont les principales reliques de cet atelier royal[3].

La couronne et les bijoux de la reine sont transférés dans le trésor de la cathédrale, mais en raison d'un mécontentement populaire, ils sont redéposés rapidement à l'intérieur du sarcophage, jusqu'à ce qu'en 1781, lors de l'inspection et du déplacement des tombes royales, relatés par l'historien napolitain Francesco Daniele, l'ensemble des ornements funéraires soit réintégré au Trésor de la cathédrale[4].

Angelo Lipinsky, dans une étude de 1975, considère qu'elle serait la couronne de Roger II, réutilisée pour les sacres des derniers souverains d'Hauteville puis des empereurs Henri II et Frédéric II comme rois de Sicile[5],[1], mais d'autres historiens supposent qu'elle a pu être portée par Frédéric II lors de son couronnement en 1220, sans qu'aucun témoignage d'époque ne permette de corroborer une version[6].

La couronne est modifiée lors de sa restauration en 1848 par l’orfèvre Matteo Serretta[1] mais les retouches semblent avoir été faites dès le début du XIIIe siècle, avec l’ajout de joyaux, tendant à attester un usage antérieur[7].

Description

Seul exemple en Europe occidentale, cette couronne, inspirée du kamelaukion byzantin[6], se rapproche selon Lipinsky de la couronne de saint Etienne de Hongrie, la couronne de saint Venceslas de Bohême et de la Couronne de Monomaque russe[5].

Pourtant, Claudia Guastella rejette, comme l'avait fait André Grabar, l’identification de ce couvre-chef avec un kamelaukion, car les éléments qui l'évoquent ne sont pas d'origine, mais le résultat d'une série de restaurations, la dernière au début du XIXe siècle, en s'inspirant de l'attribut byzantin alors que les descriptions les plus anciennes montrent une couronne à arcs ouverte, proche de celle de Guillaume II représentée sur un chapiteau de Monreale[7].

Conservation et valorisation

La couronne est conservée dans le trésor de la cathédrale de Palerme, qui réunit un ensemble de bijoux, d’objets liturgiques et de reliques liés à l’histoire des souverains normands et souabes de Sicile[6]. Elle en est l’une des pièces maitresses[8], reconnue comme chef‑d’œuvre de l’orfèvrerie médiévale sicilienne, héritière de l’art arabo‑normand de Palerme[6],[2].

Notes et références

Voir aussi

Liens externes

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