Course en arrière

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La course en arrière (également connu sous son nom anglais retro running) est une course à pied qui se pratique en tournant le dos à la direction de la progression (l'équivalent pour la marche est la marche en arrière (« rétro-walking »). C'est la version accélérée de la locomotion inversée considérée par un nombre croissant de coachs et thérapeutes comme un exercice physique intéressant car améliorant (à tous les âges de la vie) l'équilibre, augmentant la dépense énergétique, modifiant la biomécanique musculaire et réduisant la charge sur les articulations (pour le genou en particulier). Plusieurs études et revues systématiques ont en effet conclu que des exercices de marche inversée, après quelques semaines peuvent aussi améliorer certains troubles de la marche, certaines douleurs cervicales, l'équilibre, la proprioception et même la cognition et la santé cardiovasculaire. L'exercice est parfois recommandé en rééducation et en entraînement sportif mais en conditions sécurisées en raison de la visibilité réduite. Il ne s'agit en aucun cas d'une alternative généralisée à la marche ou à la course.

Un sportif courant en arrière.

Histoire

Selon Hoogkamer et al.(2014), la marche en arrière est une forme de locomotion dont certaines pratiques traditionnelles trouvent leurs origines dans la Chine ancienne, où elle était utilisée à des fins de santé et de bien‑être[1].

Intérêts et preuves scientifiques

Ce type d'exercice suscite depuis les années 2000 un intérêt croissant de la communauté scientifique et la locomotion arrière est devenue une intervention non pharmacologique recommandée pour la rééducation musculosquelettique de troubles de la marche, et particulièrement pour certaines pathologies du genou, recommandé par une revue systématique publiée par Balasukumaran et Ntsiea en 2019[2].

En 2018, au moins onze études avaient conclu qu'un entraînement à la marche en arrière améliore les paramètres spatio‑temporels de la marche, notamment en augmentant l'équilibre, la vitesse de marche et la longueur de foulée par rapport à la marche avant ou à l'absence d'entraînement (y compris chez la personne âgée, par exemple selon Zhang et al; en 2008)[3], mais une revue de ces études par Wang et al. souligne néanmoins que ces résultats restent préliminaires et pourraient refléter des différences d'intensité d'entraînement plutôt que l'effet propre du changement de direction, appelant à des recherches supplémentaires pour clarifier les mécanismes impliqués[4], y compris (selon sept études) chez 172 enfant atteints de paralysie cérébrale (amélioration modérée, mais constante de l'équilibre, de la fonction motrice globale, de la longueur de pas et de la vitesse de marche, tout en soulignant la nécessité d'essais plus rigoureux pour confirmer ces résultats)[5]. En 2011, une petite étude randomisée, chez 16 enfants de sept ans, a conclu que l'exercice de marche vers l'arrière, pratiqué durant 12 semaines avait significativement amélioré leur l'équilibre dynamique par rapport à un groupe témoin, sans modifier la cinématique globale de la marche[6]. Les auteurs ont noté que la marche arrière se caractérise par une phase d'appui plus longue et une foulée plus courte et plus lente que la marche avant, suggérant des adaptations motrices spécifiques, selon eux, sans altération des schémas articulaires fondamentaux[6].

Selon Groff et al. (2019), une comparaison de la marche avant et la marche arrière montre que, malgré des hypothèses initiales suggérant une activation corticale plus forte lors de la marche arrière, aucune différence significative d'activation des aires motrices n'a été observée une fois que les valeurs aberrantes ont été exclues des données ; les deux conditions présentaient alors des niveaux similaires de mouvements corporels et de tête. Mais une corrélation positive est notée entre la variabilité du temps de foulée et l'activité du cortex moteur primaire, indiquant que les fluctuations naturelles de la marche   en particulier lors de la marche avant  pourraient être liées à cette région cérébrale[7],[8] La marche en arrière peut aussi traiter des douleurs cervicales liées à des tensions dans les muscles ischio‑jambiers (dans un essai expérimental mené auprès de trente jeunes adultes souffrant de cervicalgie mécanique chronique, les participants ont été répartis entre un groupe recevant un entraînement de marche arrière associé à des exercices cervicaux standard et un groupe témoin ne réalisant que ces exercices. Les évaluations portant sur la douleur, le handicap, l'amplitude cervicale indolore et les paramètres spatio‑temporels de la marche montrent que l'ajout de la marche en arrière entraîne des améliorations significatives de la douleur, du handicap, de la vitesse de marche, de la cadence et de la variabilité du cycle de marche.

Marcher et courir en arrière permettrait aussi de brûler davantage de calories[9],[10]. Elle permettrait également de réduire des douleurs aux genoux (des essais cliniques randomisés, un programme de marche arrière de six semaines réduit significativement la douleur, la gêne fonctionnelle et améliore la force du quadriceps chez des personnes souffrant d'arthrose du genou)[11],[12]. Cette pratique pourrait être aussi efficace que d'autres protocoles de rééducation basés sur l'entraînement à l'équilibre pour diminuer certaines douleur et handicaps articulaires[13]. Une étude australienne n'a pas constaté de diminution de la douleur chez des patients atteints d'arthrose sévère du genou après un programme de marche dosée de douze semaines, mais plusieurs indicateurs de santé — notamment la vitesse de marche, la pression artérielle systolique et la composition corporelle — suggéraient des bénéfices cardiovasculaires et fonctionnels[14].

Une alternance avec la course ordinaire permettrait d'améliorer son endurance[15],[16].

Une revue systématique (en cours en 2025), publiée sous forme de protocole dans BMJ Open, souligne l'intérêt croissant pour l'évaluation rigoureuse des effets du « rétro‑walking » sur l'arthrose du genou, notamment en raison de sa capacité à réduire les forces de compression patello-fémorales et à modifier favorablement la cinématique articulaire[17],[18].

Records

Depuis le , Guillaume de Lustrac, un conseiller en développement durable français de 29 ans, détient le record du monde du « marathon en arrière »[19] : avec un temps de 3 h 25 établi à Saint-Paul-lès-Romans, il bat le précédent record (3 h 38) de l'Allemand Markus Jürgens en 2017[20].

Culture populaire

  • Le film Reverse Runner (en)

Bibliographie

Notes et références

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