Cratylisme

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Le cratylisme est une théorie du langage selon laquelle les noms ont un lien direct avec leur signification, comme c'est le cas pour les onomatopées, qui miment les sons produits par tel ou tel être, animal ou objet, mais aussi dans certains mots comme serpent ou souffle. Il s'agit par conséquent d'une théorie naturaliste. Elle s'oppose à la thèse de l'arbitraire du signe de Saussure.

Platon et l'opposition au cratylisme

Plusieurs philosophes grecs soulèvent des interrogations d'ordre linguistique. Platon, dans le Cratyle, expose l'opposition entre la théorie naturaliste du langage, selon laquelle les mots (le signifiant) reflètent le sens du mot (le signifié), et la théorie conventionnaliste du langage, selon laquelle les mots ne sont que des conventions, des étiquettes, sur les choses du monde. Socrate, dans le texte de Platon, soutient que les mots sont attribués aux choses par la décision d'une sorte de législateur de la langue. Il est donc conventionnaliste[1].

Socrate s'oppose, dans le dialogue, à Cratyle. Ce dernier défend pour sa part la théorie d'une relation motivée entre les mots et les choses. Ainsi, selon Cratyle, « il existe une dénomination naturelle pour chacun des êtres [...] Un nom n’est pas l’appellation que certains donnent à l’objet après accord, en le désignant par une parcelle de leur langage, mais, il existe naturellement, et pour les Grecs et pour les Barbares, une juste façon de dénommer qui est la même pour tous »[2].

Aristote et l'exploration du conventionnalisme

Aristote, dans De l'interprétation, se montre, comme son maître, en faveur de la thèse conventionnaliste. Il va toutefois plus loin dans son enquête que Platon. Il écrit notamment : « Un nom est une parole (phônè) signifiante par convention [...] Et je dis "par convention" car aucun des noms n'est un nom par nature, mais seulement lorsqu'un son devient un symbole »[1].

Postérité

Notes et références

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