Crise bancaire japonaise de 1997

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La crise bancaire japonaise de 1997 est une crise bancaire qui a eu lieu au Japon entre 1997 et 1998 et a contribué à la décennie perdue. Elle tire sa cause dans un effet de contagion inter-bancaire. Elle est un moment pivot de l'histoire économique du Japon.

Une situation économique dégradée

Le Japon entre dans les années 1990 avec l'explosion de la bulle immobilière qui avait fait exploser les prix immobiliers, notamment dans les villes. La frustration des électeurs, qui devaient s'éloigner des centres-villes, avait conduit le gouvernement à faire exploser la bulle en mettant en place une politique d'augmentation de son taux d'intérêt (de 2,5 à 6% entre 1989 et 1990), ainsi qu'un plafond sur les sommes que les banques peuvent prêter. L'explosion de la bulle fait s'écrouler le prix de l'immobilier et ainsi la richesse japonaise. Commence la période dite de la « décennie perdue (失われた10年, ushinawareta jūnen?) ou fin du XXe siècle[1] ».

En 1995, le Japon connaît un premier problème lié aux banques avec les Jyusen. Ces institutions étaient des branches des banques japonaises, qui étaient chargées d'étendre les prêts immobiliers à toute la population, afin d'aller dans le sens de la politique gouvernementale qui voulait que chaque japonais soit propriétaire. Les Jyusen n'étaient pas des banques : elles empruntaient à des banques, et ensuite prêtaient à des acheteurs[2].

Seulement, avec la fin de la bulle immobilière et la chute des prix, les emprunts commencent à ne plus pouvoir être remboursés. Les emprunts contractés par des Japonais auprès des Jyusen pèsent environ 13 billions de yens - soit 13,000 milliards - en 1995, dont 6,41 de pertes cette année-là. Les Jyusen font donc défaut auprès des entreprises qui les finançaient, à savoir les banques, ainsi et les institutions de dépôts associées à la Coopération Agricole du Japon (entre 40 et 50% du financement)[2].

En 1996, la Diète vote la Loi sur la liquidation des Jyusen, qui les dissout. Leurs actifs sont vendus à une nouvelle branche de la Deposit Insurance Corporation of Japan (DICJ). Le gouvernement coordonne un effacement partiel de la dette des Jyusen envers leurs anciens fournisseurs, ce qui cause des pertes lourdes aux banques. Le gouvernement finance lui-même une partie des pertes des Jyusen en finançant la DICJ, à hauteur de 10% ; le gros des pertes (54%) est financé par les banques-mères auxquelles les Jyusen appartenaient[3].

Une amélioration structurelle

Apprenant des erreurs des Jyusen, des réformes légales sont réalisées à partir de 1996. Des procédures sont mises en place afin de résoudre les problèmes liés aux banques et aux crédits. À partir de 1996, la DICJ obtient un mandat de cinq ans pour racheter des actifs des banques qui avaient fait défaut. La Resolution and Collection Bank est créée pour reprendre les crédits sur lesquels les établissements de crédits avaient fait défaut. Ces réformes avaient pour objectif de garantir au maximum aux épargnants leurs dépôts et leurs emprunts[3]. Les nouvelles lois facilitent la fusion entre des banques robustes en bonne santé et des banques en perte de vitesse ou proches de la banqueroute[4].

La résolution du problème des Jyusen et les réformes bancaires permettent une amélioration de la croissance japonaise, qui augmente réellement pour la première fois depuis 1990[5]. Toutefois, le gouvernement n'a pas profité de cette crise pour voter de loi lui permettant de soutenir de manière directe les institutions bancaires ou financières en faillite[6].

Choc initial et première contagion

La chute de Sanyo Securities

L'élément déclencheur de la crise est la chute de Sanyo Securities le [7]. Cette société d'investissement de taille moyenne déclare la banqueroute en fin d'année afin de restructurer sa dette. La branche Securities est d'autant plus fragile que la maison-mère, Sanyo Finance, accumulait les pertes à cause de ses emprunts immobiliers depuis l'explosion de la bulle[8]. Le Ministère des Finances ne réussit pas à convaincre les autres institutions financières de fusionner avec Sanyo Securities afin de la sauver ; la loi ne permettait pas non plus au gouvernement, à ce moment-là, de racheter lui-même la filiale afin de servir de coussin amortisseur[6].

En plus de cela, Sanyo Securities fait également défaut le lendemain sur ses 1 milliard de yens de prêts d'appel (call loans, c'est-à-dire des emprunts à court-terme que se font les banques entre elles) auprès des autres institutions financières, pour la première fois dans l'histoire financière du Japon de l'après-guerre[9]. Ces prêts sont généralement peu risqués, mais ils deviennent soudainement dangereux[10]. Les institutions bancaires et financières comprennent que le gouvernement ne les sauvera pas si elles chutent à leur tour ; la banque centrale, au même moment, refuse de prêter à Sanyo Securities pour que celle-ci assure le remboursement de ses prêts d'appel, en vertu d'une loi lui interdisant de financer des institutions financières non-solvables. La machine financière se crispe et les institutions cessent de se prêter entre elles[11].

La première contagion

Le phénomène de contagion commence lorsque la Hokkaido Takushoku Ginko et Yamaichi Securities s'effondrent quelques jours plus tard.

La banque d'Hokkaido était une banque de ville. Or, ces types de banques avaient été les plus fortement touchées par la désintermédiation financière dans les années 1980. Elle avait contracté beaucoup de prêts immobiliers et avait connu des pertes depuis l'explosion de la bulle. En plus de cela, cette banque avait souffert d'une hausse de retraits de dépôts à la suite de sa fusion ratée avec la Hokkaido Bank un mois plus tôt. Après la chute de Sanyo Securities, les prêts d'appel entre les banques s'étaient raréfié, et la Hokkaido Takushoku Ginko ne pouvait plus avoir les fonds nécessaires quotidiennement pour survivre.

Yamaichi Securities, elle, était la quatrième banque d'investissement du Japon. Le , Yamaichi Securities avait révélé à la Banque Fuji (qui était le principal fournisseur de services bancaires à Yamaichi) qu'elle avait des pertes qui n'étaient pas inscrites dans son bilan. La Banque Fuji avait alors refusé de soutenir Yamaichi financièrement. Yamaichi avait d'autant plus besoin de financement qu'elle avait promis de rembourser ses clients s'ils faisaient des pertes sur les marchés boursiers — une stratégie marketing vite intenable[12].

Réponses politiques et poursuite de la contagion

Conséquences

Notes et références

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