Crise de succession de Bigorre
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La crise de succession de la Bigorre est un conflit de la fin du XIIIe siècle entre plusieurs prétendants. Il débute en 1255 avec la mort de la comtesse Pétronille de Bigorre et se termine en 1302 avec l’annexion de la Bigorre par Philippe le Bel, roi de France.
Une situation féodale ambiguë
La Bigorre est un comté pyrénéen situé à l’emplacement actuel du département des Hautes-Pyrénées. Il possède en outre la vallée d’Aran, qui permet la traversée de la chaîne montagneuse. Pour cette raison, le Bigorre occupe une position stratégique certaine, tant du point de vue militaire que du point de vue économique.
Il avait déjà été disputé par le passé : le comte Bernard IV de Comminges avait épousé en 1180 la comtesse Béatrix III de Bigorre pour se l’approprier, puis avait renvoyé son épouse en 1194 tout en gardant le comté. Alphonse II, roi d’Aragon avait alors contraint le comte de Comminges à abdiquer en faveur de sa fille Pétronille et l’avait mariée à un de ses vassaux, le vicomte Gaston VI de Béarn.
Au cours de la croisade des Albigeois, Pétronille, veuve de Gaston VI, s’était remarié à Nuno Sanchez d’Aragon, mais Simon IV de Montfort le chef des croisés, avait obtenu l’annulation du mariage et avait donné Pétronille en mariage avec son second fils Guy de Montfort. À la mort de Guy, Amaury VI de Montfort, le fils aîné de Simon de Montfort, avait remarié Pétronille à Aymeri de Rançon, puis à Boson de Matha, en précisant dans les contrats de mariage que la Bigorre reviendrait à Alix de Montfort[1] et que le pays de Marsan reviendrait aux enfants des autres mariages. Dans son testament, Pétronille confirme ces dispositions.
La situation féodale du comté de Bigorre n'est pas claire : initialement, fief du duché de Gascogne, sa suzeraineté est ensuite passée au duché d'Aquitaine, puis au royaume d'Angleterre. Mais en 1062, le comte Bernard II de Bigorre, à l'occasion d'un pèlerinage au Puy-en-Velay, avait placé la Bigorre sous la protection de Notre-Dame du Puy, acte qui avait ensuite été considéré comme une reconnaissance de vassalité. En 1194, le roi Alphonse II d'Aragon, en obligeant Bernard IV à abdiquer et en mariant l'héritière à Gaston VI de Béarn, s'était comporté en suzerain et en avait reçu l'hommage, alors qu'il n'était réellement suzerain que du val d'Aran.





