Crise du serment
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| Date | Juillet 1917 |
|---|---|
| Lieu | Royaume de Pologne |
| Cause | Refus des troupes polonaises de prêter serment d'allégeance et obéissance à l'empereur Guillaume II d'Allemagne |
| Résultat | Emprisonnement de Józef Piłsudski et Kazimierz Sosnkowski |
La crise du serment (Kryzys przysięgowy en polonais et Eidkrise en allemand) est un conflit politique ayant eu lieu durant la Première Guerre mondiale entre le commandement de l'armée impériale allemande et les légions polonaises dirigées par Józef Piłsudski.
Initialement partisan des Empires centraux contre la Russie impériale, Piłsudski espérait précipiter la défaite de l'une des puissances copartageantes de la Pologne, la Russie, avec l'aide des deux autres États copartageant, l'Autriche-Hongrie et l'Allemagne. Cependant, après la défaite russe de 1917, il devint évident que les Empires centraux n'étaient pas en mesure de garantir l'indépendance de la Pologne. Malgré l'Acte du 5 novembre 1916 et la création du Royaume de Pologne, il apparaissait clairement que le nouvel État polonais ne serait guère plus qu'un État tampon fantoche de l'Allemagne, faisant partie de son plan colonialiste pour la Mitteleuropa.
À ce stade, Piłsudski décida de changer d'allégeance pour obtenir le soutien de l'Entente, et en particulier de la France et du Royaume-Uni, à la cause de l'indépendance polonaise. Un bon prétexte apparut en , lorsque les Puissances centrales exigèrent que les soldats des Légions polonaises prêtent serment d'allégeance et d'obéissance à l'empereur Guillaume II d'Allemagne. Persuadés par Piłsudski, la majorité des soldats des 1re et 3e Brigades des Légions polonaises refusèrent de prêter serment. Finalement, les soldats citoyens de l'Empire autrichien (environ 3 000 hommes) furent enrôlés de force dans l'armée austro-hongroise, rétrogradés au rang de simples soldats et envoyés sur le front italien, tandis que ceux nés dans d'autres régions de Pologne occupée furent internés dans les camps de prisonniers de guerre de Szczypiorno (en) et de Beniaminów. Environ 7 500 soldats (principalement de la deuxième brigade des Légions polonaises (en)) restèrent dans le reste du corps auxiliaire polonais (en), rattaché à la Polnische Wehrmacht. Piłsudski lui-même et son chef d'état-major, Kazimierz Sosnkowski, furent arrêtés le et internés dans la forteresse allemande de Magdebourg[1].
En signe de protestation contre l'internement des soldats polonais, les membres du Conseil d'État provisoire (principale autorité du Royaume à l'époque) démissionnèrent, ce qui entraîna sa dissolution complète. Il fut ensuite remplacé par le Conseil de régence (en)[2].