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Le système Diwan est critiqué pour plusieurs raisons. Les critiques peuvent porter sur le bilinguisme, sur les liens supposés de Diwan avec le nationalisme breton, ou bien le financement du système.
En 2000, le conseil général du Finistère, l'un des dispensateurs de fonds publics à l'association, a sommé Diwan de débaptiser son collège du Relecq-Kerhuon, appelé Roparz Hemon, en souvenir d'un écrivain et linguiste bretonnant, déclaré en état d'indignité nationale pour une durée de dix ans pour fait de collaboration durant la seconde guerre mondiale[1],[2], et selon Henri Fréville, «radié du nombre des membres de l'enseignement public qui en est le corollaire légal»[3]. Le collège a été débaptisé en [4].
Critiques d'ordre financières
En 2024, le système Diwan apparaît en déficit[5]. Le système a un déficit de 500 000 €[6],[7].
Critiques sur la méthode
Dans un entretien accordé au journal Libération le [8], Jean-Luc Mélenchon, alors ministre délégué à l'enseignement professionnel, attaque l'enseignement du breton par immersion, qu'il assimile à une pratique sectaire:
«Décider qu’on va organiser toute la scolarité d’un enfant dans une langue qui n’est pas celle que parlent tous les habitants du pays révèle une dimension psychologique qui m’effraie. J’assimilerais cela davantage à une pratique sectaire qu’à une pratique éducative…».
Ces déclarations sont critiqués par le linguiste Gilbert Dalgalian qui met en avant que la méthode par immersion a été employée par l'école publique, sous la Troisième République, pour apprendre le français «à tous les enfants de France, Bretons, Occitans, Basques et autres», ainsi que dans «l'Empire colonial» — ce qui est en partie inexact puisqu'en fait, plusieurs méthodes ont coexisté[9].
Ce qui est odieux, c'est d'abord, pour un ministre de l'enseignement en exercice, de faire sombrer Diwan dans la caricature. [...] Dans la charte des écoles Diwan, le principe de la laïcité est on ne peut plus clairement affirmé (art. 3). Il en va de même pour les écoles occitanes Calandreta, catalanes Bressola, etc. Il faut du reste rappeler que cette laïcité est soumise à la vérification des inspecteurs d'académie.
Mais, surtout, ce qu'occulte cette levée de boucliers, c'est la situation d'agonie dans laquelle se trouvent la plupart de ces langues en France. Pourtant, cette mort est trop lente à venir pour tous ceux qui travaillent à imposer un seul et unique modèle linguistique et culturel sur l'ensemble d'un territoire. C'est tout juste si, «avantageusement», comme le dit Chevènement, on envisage, à titre purement décoratif, un «enseignement optionnel», qui ne produira bien sûr jamais un seul locuteur. Les siècles de politique culturelle visant à l'éradication des langues et dialectes portent enfin leurs fruits: plus aucun enfant ou presque n'a pour langue maternelle une langue régionale. Seuls ceux qui ont des grands-parents agriculteurs peuvent encore espérer surprendre une conversation en patois. La France refuse de ratifier la charte européenne des langues régionales, parce que «le droit de pratiquer une langue régionale ou minoritaire dans la vie privée et publique» y est considéré comme «imprescriptible»[10].
Un article de Roland Breton soutient la démarche pédagogique de Diwan, en affirmant que «le système dit «par immersion» n'est pas fondé sur les sanctions, mais sur une volonté commune d'entente et d'expression totale dans une même langue. Système adopté, par exemple, depuis des décennies, dans les écoles francophones du Canada hors Québec[13].»
Il en va de même pour Jean-Marie Bressand, fondateur de l'association Monde bilingue en 1951, qui condamne le refus de l'éducation bilingue en France[14], il estime même que l'enseignement bilingue en langue régionale est supérieur à l'enseignement bilingue classique[14].
Le PCF soutient lui aussi l'immersion: «Oui à l’intégration de Diwan (…) La position du Conseil d'État est stupide, qui peut raisonnablement penser que la pédagogie par immersion représenterait aujourd’hui un danger pour la république», déclare Robert Hue, leader du PCF à Guingamp en mars 2002[15].
↑Michel Denis, Mouvement breton et fascisme. Signification de l'échec du second Emsav, actes du colloque Régions et régionalisme en France du XVIIIesiècle à nos jours, PUF, 1977, qui mentionne un article paru dans la revue Preder en 1961.
↑L'année politique 1944-1945, Éditions Le Grand siècle, 1946, p.104.
↑Roland Breton (ADLPF Aix-en-Provence) (présentation d'Yves Le Moigne, ADLPF Morbihan), «Pour la défense du breton et des langues régionales», in La Raison Militante, Association des Libres-Penseurs de France, n° 32 bis, août 2005, p. 6-7.