Critique institutionnelle
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La critique institutionnelle est un courant artistique qui remonte aux années 1960 et s'est développé dans les années 1980 et 1990. La critique institutionnelle nait de l'échec des avant-gardes historiques et de l'art conceptuel[1].
Années 1960
Dans les années 1960 se développe en Europe, aux États-Unis, au Japon, en Amérique latine, des mouvements d'art conceptuel. Selon Sol LeWitt l'art conceptuel est un art pour lequel l'idée est plus importante et la réalisation de l'oeuvre "superficielle[2]".
Selon Lucy Lippard dans Six Années : la dématérialisation de l'objet d'art de 1966 à 1972, l'art conceptuel se dématérialise. Les œuvres d'art ne seraient plus des marchandises. Elle reconnait plus tard dans la postface que toutes les oeuvres d'art conceptuel ont pu être vendues, achetées par de riches collectionneurs ou les musées étatiques.
La critique institutionnelle nait dans l'art conceptuel et est mise en avant par des artistes qui interrogent et critiquent les conditions institutionnelles du monde de l'art. Par exemple en 1971, Hans Haacke est invité pour une exposition au musée Guggenheim de New York. Il décide alors de dévoiler les actions spéculatives d'un groupe immobilier New-Yorkais lié aux dirigeants du musée Guggenheim pour montrer que le musée est lié à l'augmentation des loyers à New York et aux élites financières. L'oeuvre s'appelle « Shapolsky et al. Manhattan Real Estate Holdings, a Real-Time Social System, as of May 1, 1971 ».
Années 1980 et 1990
Andrea Fraser est une figure importante de la critique institutionnelle dans les années 1980 et 1990. Une de ses performances les plus connues est Museum Highlights: A Gallery Talk (1989) dans laquelle Fraser, sous le pseudonyme de Jane Castleton, tient le rôle de conférencière au Philadelphia Museum of Art. Au cours de la performance, Andrea Fraser mène le groupe de visiteurs à l'intérieur du musée en décrivant tout ce qui les entoure (même ce qui ne fait pas partie des collections) de façon dramatique. Par exemple, elle s'arrête devant une fontaine à eau et la qualifie « d’œuvre à l'économie et à la monumentalité sidérante [...] qui contraste audacieusement avec la sévérité de sa forme hautement stylisée ». En entrant dans la cafétéria du musée, elle continue « Cette pièce représente l'âge d'or de l'art colonial à Philadelphie à la veille de la révolution, et doit être considérée comme l'une des plus belles pièces des États-Unis. » La visite est construite à partir de différentes sources : La Critique du Jugement d'Emmanuel Kant, une collection d'essais datant de 1969 On Understanding Poverty, ainsi qu'un article de 1987 du New York Times intitulé Salad and Seurat: Sampling the Fare at Museums.
Notes et références
Notes
- ↑ Nicolas Heimendinger, « Le grand récit de la critique institutionnelle », Marges. Revue d’art contemporain, no 22, , p. 50–63 (ISSN 1767-7114, DOI 10.4000/marges.1094, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Charles Harrison et Paul Wood, Art en théorie, 1900-1990, Hazan, (ISBN 978-2-7541-0194-3), page 910.
Voir aussi
Bibliographie
- Nicolas Heimendinger, « Le grand récit de la critique institutionnelle », Marges [En ligne], 22 | 2016, mis en ligne le , consulté le . URL : http://journals.openedition.org/marges/1094 ; DOI : https://doi.org/10.4000/marges.1094
- Institutional Critique and After – SoCCAS Symposium Vol. II, Zurich, JRP|Ringier, 2006
- Alexander Alberro et Blake Stimson (sld), Institutional Critique. An Anthology of Artists’Writings, Cambridge, MIT Press, 2009.