Critiques du Fonds monétaire international
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Les critiques du Fonds monétaire international sont l'ensemble des reproches et mises en cause adressés au Fonds monétaire international. Les principales remises en cause sont liées aux politiques publiques préconisées ou imposées par le fonds en échange de son soutien économique.
Orthodoxie
Paul Krugman, dans The Return of Depression Economics (1999), soutient que le FMI, du fait de la prédominance d'économistes issus de l'orthodoxie économique, ne peut structurellement pas proposer de solutions autres que celles, néolibérales, préconisées depuis les années 1980. Joseph E. Stiglitz, dans son livre consacré au FMI, La Grande Désillusion, soutient que le FMI a été noyauté par une forme exacerbée de la doctrine de la nouvelle économie classique du fait de l'influence de l'administration Reagan dans les années 1980[1].
Inadéquation des préconisations
Selon Joseph Stiglitz, de l'orthodoxie économique du FMI découlerait une inadéquation quasi-systématique entre les problèmes rencontrés par les pays en développement et les politiques prônées par le FMI. Il soutient ainsi que le FMI a ainsi imposé des politiques austéritaires comme solution unique à des pays qui avaient au contraire besoin de relances budgétaires[1].
Absence d'aide aux pays traités
Dans The IMF and Global Financial Crises, Joseph P. Joyce remarque que s'il est vrai que le FMI ne disposait pas du recul nécessaire pour déterminer les conséquences des dérégulations qu'il proposait, certains exemples latino-américains de la fin des années 1970 et du début des années 1980 (Argentine, Chili, Uruguay) auraient dû alerter les économistes du FMI. Le principal défaut de l'accompagnement du FMI a été que le fonds, « pendant les années 1980 et au début des années 1990, n'offrait pas aux pays émergents les outils pour réussir leur dérégulation »[2].
Effets des programmes de crédits
Rodrik (1996) et Brid et Rowlands (1997) ont analysé, séparément, l'évolution des flux de capitaux privés dans les pays qui ont reçu des crédits du FMI dans les années 1980. Ils ne trouvent aucune preuve que l'offre de crédits du FMI ait jamais pu jouer le rôle de catalyseur, ou d'entraîneur, et ait ainsi pu par un effet vertueux attirer des flux de capitaux privés[2].
Système de vote
Le système de vote au sein du FMI est un suffrage censitaire, fondé sur le financement apporté par chacun des États votant. Cela implique une influence prépondérante des États-Unis sur les autres pays développés, qui eux-mêmes ont beaucoup plus de voix que les pays en développement. Ainsi, en 1993, Maurice Allais écrivait qu'« il n'y a personne qui ne puisse reconnaître que les organisations mondiales comme le FMI, la Banque mondiale ou le Gatt sont dominées, sinon manipulées, par les États-Unis »[3].