Le modèle proposé initialement par Bohm considère le plasma comme un mélange d'ions et d'électrons[4],[5]. Les sous-ensembles de particules formés par ces espèces constituent deux fluides, interagissant entre eux par l'intermédiaire de forces électrostatiques.
Comme les électrons du plasma sont très légers, ils sont supposés en équilibre thermodynamique avec le potentiel électrostatique
créé par les particules chargées. Leur densité volumique
peut donc être exprimée selon la loi de Boltzmann :

où
est la constante de Boltzmann,
la charge élémentaire,
la température électronique et
la densité des électrons en entrée de gaine, c'est-à-dire loin de la surface (
), cette dernière étant placée en
. On notera que la référence du potentiel (
) est prise en
. À cet endroit, le plasma est quasi-neutre donc la densité
est aussi celle des ions. Autrement dit,
.
Les ions, de masse
, sont décrits dans le cadre d'un modèle fluide. On leur attribue donc une densité volumique
et une vitesse fluide
obéissant à des équations similaires aux équations d'Euler de la mécanique des fluides "usuelle". En supposant un régime stationnaire d'écoulement, ces équations s'écrivent en une dimension :
, et :

La première équation traduit la conservation du flux des ions. On peut aussi la voir comme une équation de conservation de la charge qu'ils transportent. La seconde traduit la conservation de la quantité de mouvement des ions : on peut la voir comme une application de la deuxième loi de Newton au fluide ionique. Pour la pression des ions
, on a utilisé la loi des gaz parfaits
. Dans le modèle de Bohm, on fait l'approximation des ions froids consistant à poser
. Autrement dit, le terme de pression est négligé. Ceci permet de récrire l'équation de la quantité de mouvement sous la forme suivante, traduisant la conservation de l'énergie mécanique des ions :

En notant
la vitesse des ions en entrée de gaine, loin de la surface et en prenant la référence
en entrée de gaine, on peut écrire plus précisément :
.
d'où l'on peut exprimer la vitesse des ions en fonction du potentiel. En combinant ce résultat avec l'équation de conservation du flux des ions, on obtient l'expression suivante pour la densité d'ions :

Les densités d'ions et d'électrons forment alors une densité volumique de charges, qui crée un potentiel électrostatique d'après l'équation de Poisson :

Après calculs, et en supposant que le champ électrique décroit (tend vers 0) lorsque l'on s'éloigne de la surface, cette équation peut, après intégration, se mettre sous la forme :
![{\displaystyle {\frac {\epsilon _{0}}{2}}\left({\frac {d\phi }{dx}}\right)^{2}=n_{s}m_{i}v_{s}^{2}\left[\left(1-{\frac {2e\phi }{m_{i}v_{s}^{2}}}\right)^{1/2}-1\right]+n_{s}kT_{e}\left[\exp \left({\frac {e\phi }{kT_{e}}}\right)-1\right]}](https://wikimedia.org/api/rest_v1/media/math/render/svg/0b61b46ba594c1791aff58f83971e315856d0711)
Le membre de gauche de cette équation étant positif, celui de droite doit l'être aussi. Ceci doit en particulier être vrai en entrée de gaine, là où
. En effectuant alors un développement de Taylor au deuxième ordre des fonctions intervenant, on obtient alors l'inégalité :

Cette inégalité est le critère de Bohm, et la vitesse
est appelée vitesse de Bohm.