La croix est située dans le cimetière de l’église Saint-Léger de Domecy-sur-le-Vault (département français de l'Yonne).
Description
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Cette croix est représentative du style gothique flamboyant de son époque. Elle se compose d’un fût octogonal élancé, reposant sur un socle à moulures prismatiques, qui évoque le travail soigné des tailleurs de pierre bourguignons de la fin du Moyen Âge.
La croix elle-même, également de section octogonale, présente des extrémités sculptées de motifs végétaux stylisés, témoins de l’esthétique gothique tardive, mêlant élévation spirituelle et ornementation florale. À l’avant, elle est ornée d’un Christ en croix, flanqué de deux statuettes finement sculptées: à sa droite, sainte Marie-Madeleine, et à sa gauche, un moine franciscain identifiable à sa robe de bure.
Bien que relativement sobre, l’ensemble dégage une solennité et une élégance propres aux monuments de dévotion populaires du XVe siècle[2].
Historique
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Lors de la Révolution française, en 1794, les symboles religieux furent systématiquement visés dans les campagnes, perçus comme des marques de l’Ancien Régime et de la domination cléricale. À Domecy-sur-le-Vault, toutes les croix furent détruites sur ordre des autorités révolutionnaires.
Seule la croix dite du Champ-d’Arnoult, aujourd’hui la croix du cimetière, fut sauvée grâce à l’initiative courageuse d’un habitant du village, resté anonyme. Celui-ci la cacha afin d’éviter sa destruction.
Quelques années plus tard, aux alentours de 1801 (époque du Concordat de Napoléon Bonaparte, qui rétablit partiellement le culte catholique), la croix fut remise à la fabrique paroissiale de Domecy. Elle fut alors réinstallée sur le socle d’une autre croix, probablement celle qui se trouvait à l’origine dans le cimetière du village, dont le fût avait été détruit. Ce geste marqua une volonté de réconcilier mémoire locale et renaissance du culte après la Terreur[3].
Restée sur place pendant plus de deux siècles, cette croix a traversé le temps comme l’unique survivante d’un paysage religieux rural autrefois plus dense. Elle a inscrite au titre des monuments historiques le sous la référence PA89000043[1]. Cette inscription est venue reconnaître sa valeur historique, artistique et mémorielle, ainsi que l’authenticité de sa structure.
↑Collectif, Le Patrimoine – Histoires de transmission en Bourgogne-Franche-Comté, Besançon, Région Bourgogne-Franche-Comté / Inventaire du patrimoine culturel,