Croquis d'audience
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Le croquis d'audience est un dessin de presse réalisé d'après nature au cours d'un procès et publié dans les médias qui suivent l'actualité judiciaire. Il permet d'illustrer une affaire sans enfreindre les lois des pays — notamment la France — qui interdisent toute prise de vue photographique ou cinématographique au cours des audiences des tribunaux.
La pratique remonte à l'utilisation de gravures au XVIe siècle[réf. nécessaire]. Les images de la justice sont absentes des recherches des sciences humaines[1].
À une époque, des dessinateurs dessinaient les scènes de crime[1]. En , la vie du double-meurtrier Antoine-François Desrues a été donnée comme une bande dessinée alors que son procès fut bref[1].
En , avec l'essor européen de la presse illustrée, le procès de l'abbé Bruneau donne lieu à la publication de plans des lieux plutôt que d'image du procès[1].
L'affaire Dreyfus donne lieu à des images hors procès[1],[a].
Dès la moitié du XIXe siècle Honoré Daumier avait abordé le dessin d'audience dans la continuité de la caricature politique dans laquelle il excellait. Néanmoins ce n'est que deux ou trois décennies plus tard que le genre deviendra vraiment populaire. Les artistes ont alors un véritable positionnement politique dans leurs œuvres qui sont invariablement traitées sous l'angle d'un humour plus ou moins engagé, de la caricature (Léandre, Daumier) à la satire (Forain, Depaquit, Faivre)[1].
Article 38 ter de la loi du [2] n'empêchera cependant pas les photographes de faire des clichés de célèbres accusés pendant l'audience (Landru, le docteur Petiot, Gaston Dominici...). C'est qu'en réalité si la loi interdit la photographie dans la salle d'audience lors des débats, le président peut toujours l'autoriser de manière exceptionnelle. Cette tolérance trouvera ses limites lors du procès de Gaston Dominici en . À partir de ces années, les photographes ne seront plus admis lors de l'audience publique, sauf pour les procès « historiques », qui seront intégralement filmés mais non retransmis en direct.
Les affaires de crimes contre l'humanité comme Barbie, Touvier et Papon donnent lieu à un intérêt pour les scènes de procès[1].
Dans les procès d'assises plus ordinaires, nombre de dessinateurs continuent à intervenir plus ou moins fréquemment pour la presse écrite ou audiovisuelle. S'il reste encore quelques caricaturistes, la plupart des dessinateurs qui œuvrent dans les tribunaux depuis les années 1980 ont adopté un style beaucoup plus neutre qui rapproche leur dessin d'un travail documentaire (Vic, Noëlle Herrenschmidt[3], Sylvie Guillot, Rémi Kerfridin[4]).
Activité
Quand le dessin et la gravure étaient les seuls moyens de rapporter des images, le croquis d'audience était une pratique déjà courante. La législation lui a permis de se poursuivre.
Un dessinateur prend place dans le public, dans l'espace réservé à la presse ou à tout autre endroit où le président l'aura autorisé. Ainsi le dessinateur peut se retrouver en n'importe quel point de la salle d'audience, y compris là où sont installées les parties[4] et réalise des croquis des magistrats, avocats, prévenus, témoins, etc. Une bonne technique de portraitiste, une bonne réactivité pour saisir postures et jeux de physionomies, sont donc requises, d'autant que les sujets ne sont pas toujours dans la situation optimale et le dessinateur doit parfois attendre que la personne se tourne pour la « saisir » très rapidement.
Les croquis faits au cours des audiences peuvent ensuite être éventuellement retravaillés, mis en couleurs, pour être publiés dans un journal écrit ou télévisé. Les techniques employées peuvent être très variables mais on privilégie celles qui permettent la rapidité d'exécution et de séchage : crayon, feutres noirs et de couleur, parfois aquarelle.
Le dessinateur est généralement titulaire d'une carte de presse. Beaucoup sont des dessinateurs de presse et d'actualité, ou pratiquent d'autres activités artistiques, d'autres sont plus spécialisés dans le croquis d'audience.