Le créole marie-galantais étant une variété du créole antillais, il a eu la même genèse et la même évolution que ses langues sœurs. Les échanges entre les territoires n'ont pas causé de grandes disparités entre ces variétés et l'intercomprehensibilité entre elles est de plus de 95 %.
De "baragouin", langue considérée comme vulgaire patois, les langues créoles sont désormais une fierté pour leurs locuteurs[2]. Peu de travaux ont été effectués sur le créole de Marie-Galante, mais la compilation et la publication d'un dictionnaire par Maurice Barbotin reste un outil de grande valeur.
Comme précédemment évoqué, le créole antillais, et singulièrement, celui de Marie-Galante est à base lexicale française, mais ce terme ne rend pas justice à l'histoire. En effet, durant la colonisation, le français standard n'était pas parlé sur tout le territoire, et chaque région avait sa propre langue. La majorité des colons français venaient des régions ouest où étaient parlées diverses langues d'oïl, sœurs du français parisien (francien). Les Normands étaient dominants, et tous ces marins ont amenés des mots qui aujourd'hui ont été conservés dans les langues créoles. De plus certains mots ont gardé la prononciation des siècles passés (vieux français). Les apports sont nombreux en ce qui concerne le normand et le gallo, et en moindre mesure le picard, et les autres langues.
Les principaux apports provenant du continent africain sont arrivés en même temps que les esclaves. Ces derniers furent importés massivement depuis les côtes ouest de l'Afrique. Pour cette raison, nombres de mots conservés se retrouvent dans des langues nigéro-congolaises (yoruba, igbo, fon) et bien plus encore dans des langues bantoues (telles que le bambara, le kikongo, le lingala).
Le créole marie-galantais a une quantité de mots d'origine amérindienne hérités des habitants des Petites Antilles présents lors de l'arrivée des Européens. Ces termes désignant la faune et la flore locale, ainsi que des termes de la vie quotidienne, sont un témoignage vivant de ces peuples kalinago ayant longtemps disparu de l'île. La colonisation européenne a également permis le voyage de termes provenant des Grandes Antilles (langue des Taïnos) et des autres langues arawak présentes en Amérique du sud.
Le vocabulaire du créole antillais ne recense que très peu de mots provenant directement de langues européennes en dehors du français, et en l’occurrence uniquement l'anglais et l'espagnol. D'autres mots ont été empruntés en passant par le français parlé dans les îles.
On ne dénombre que quelques mots d'origine indienne, moins que dans les autres îles des Antilles. En effet après l'abolition de l'esclavage, de nombreuses populations sont arrivées aux Antilles en tant que travailleurs libres, mais Marie-Galante fut en marge de cette immigration. Les quelques termes connus concernent principalement l'art culinaire et les traditions religieuses hindous.