Cyberdjihadisme

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Le cyberdjihadisme ou cyber-djihadisme est la mise en œuvre de technologies et services de l'internet -en particulier les réseaux sociaux- dans la promotion du djihadisme violent.

Il peut prendre plusieurs formes: piratage de sites gouvernementaux, d'entreprise ou d'organisations; propagande et recrutement.

Historique

Piratages, propagande et recrutement

En 2015, les services du ministère français de la défense estimaient à 2600 le nombre de sites web en langue française liés à l'Etat islamique[1], et à 40 000 le nombre de tweets en français émis par des comptes proches de l'Etat islamique.

En France, de nombreux sites ont été défacés, parmi lesquels des sites de collectivités locales, d’établissements scolaires, de médias et d'entreprises[2],[3].

Aux États-Unis, des comptes Twitter et YouTube de l'armée américaine ont été piratés par un collectif se réclamant de l'État islamique[4].

L’organisation État islamique, le Front al-Nosra (affilié à Al-Qaïda) ainsi que Al-Shabbaab mettent en ligne des vidéos de propagande sur les réseaux sociaux pour diffuser son idéologie et recruter de nouveaux combattants[5],[6].

Selon une étude du CTC Sentinel, la revue du Combating Terrorism Center (en), publiée en 2019, les compétences de l'État islamique dans la mise en œuvre de cyberattaques sont cependant peu pointues[7].

Lutte contre la propagande jihadiste en France

Condamnations pénales

Le , les anciens administrateurs du site internet Ansar Al-Haqq, qui faisait la promotion du djihadisme à la fin des années 2000, ont été condamnés à des peines de prison fermes pour délit d'association de malfaiteurs[8].

Riposte gouvernementale

Pour combattre ce cyberdjihadisme, le gouvernement français a lancé en 2016 plusieurs actions, parmi lesquelles:

  • le blocage des sites[9]
  • la mise en place d'un site de contre-propagande[10]

Les moyens affectés à la lutte contre le cyberdjihadisme par l'État français sont d’ailleurs en augmentation[11].

Ripostes du secteur privé

En , Facebook, Microsoft, Twitter et YouTube (propriété de Google) ont annoncé le lancement commun d'une base de données partagée d'empreintes de photos et vidéos répertoriées comme de la propagande djihadiste[12].

Ripostes d'organisations non-gouvernementales et autres collectifs

Les activistes du collectif Anonymous ont lancé de leur côté une contre-offensive sur internet contre l'État islamique[13].

Le collectif francophone « Katiba des Narvalos » (littéralement « Bataillon des Fous ») fut créé par le regroupement[14] des premiers « Twittos » parodiant des combattants de l'Etat islamique (« les Trolls »), de citoyens militants et de membres d'Anonymous participant à l'#opCharlieHebdo. Devenue très vite indépendante de la communauté Anonymous, la Katiba des Narvalos continue de détourner la propagande terroriste en utilisant l'humour et la dérision, relaie quotidiennement des informations diffusées par la presse francophone et des analyses d'experts reconnus traitant du terrorisme, signale les comptes djihadistes sur les réseaux sociaux et traque même les djihadistes[15].


Publications

  • Matthieu Creux et Antoine Violet-Surcouf, Cyberdjihadisme - Quand Internet Repousse les Frontières du Champ de Bataille, VA Press, Octobre 2019.
  • Nicolas Mazzucchi et Stéphane Chatton, Le cyberdjihadisme, une évolution programmée ?, Revue Défense Nationale, Revue n° 784, Novembre 2015.


Sources et références

Annexes

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