Cybersécurité

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La cybersécurité est l'ensemble des lois, politiques, outils, dispositifs, concepts et mécanismes de sécurité, méthodes de gestion des risques, actions, formations, bonnes pratiques et technologies qui peuvent être utilisés pour protéger les personnes et les actifs informatiques matériels et immatériels (connectés directement ou indirectement à un réseau) des États et des organisations, dans un objectif de disponibilité, intégrité et authenticité, confidentialité, preuve et non-répudiation[1].

Le terme cybersécurité est un néologisme construit à partir du préfixe cyber, d’origine grecque, réapparu au milieu du XXe siècle avec le mot cybernétique, ce dernier concernant l'étude des processus de contrôle et de communication chez l’être vivant et la machine[2].

Ce préfixe cyber a donné avec le développement d'Internet et la généralisation du numérique un grand nombre de mots tels que cyberespace, cyberdéfense, cyberattaque, cybercrime, cybercafé, cyberculture, cyberdémocratie, cybermarché, cyber-réputation.

C'est par réaction contre les risques liés à l'omniprésence des technologies de l'information et de la communication et à leur capacité d'interconnexion et d'échange de données que la cybersécurité se constitue progressivement en tant que nouvelle discipline (spécialité) pleine et entière.

Concept général de la cybersécurité

La cybersécurité, qui concerne la sécurité et la souveraineté numérique de chaque État-Nation, présente des enjeux économiques, stratégiques et politiques qui vont donc bien au-delà de la seule sécurité des systèmes d'information. Elle concerne d'ailleurs aussi bien l'informatique de gestion, l'informatique industrielle, l'informatique embarquée que les objets connectés. La cybersécurité doit être appréhendée de manière holistique pour prendre en compte les aspects économiques, sociaux, éducatifs, juridiques, techniques, diplomatiques, militaires et de renseignement[3]. Excellence technique, adaptabilité et coopération sont essentielles dans ce domaine.

Une stratégie nationale de cybersécurité va demander de la continuité politique et une vision à long terme. Des différentes publications des États semble se dégager un consensus reconnaissant la nécessité d'organiser et d'assurer la sécurité et la défense des systèmes techniques eux-mêmes, et celles des sociétés qui utilisent ces systèmes.

Cela dit, afin d'encourager une culture mondiale et motiver les pays pour qu'ils intensifient leurs efforts en matière de cybersécurité, l'Union internationale des télécommunications a développé un indice de la cybersécurité dans le monde (GCI) qui mesure le niveau de développement de chaque pays dans ce domaine. Le premier rapport a été publié en [4]. Le GCI évalue l'engagement des pays en faveur de la cybersécurité au regard de cinq piliers stratégiques (juridique, technique, organisation, prise de conscience et savoir-faire, coopération internationale).

Dans le domaine de la cybersécurité, les cycles de réaction et de décisions doivent être brefs. L'ISACA invite à utiliser un processus simple, développé par le NIST[5], pour identifier les menaces, se protéger, détecter les attaques, y répondre, puis revenir à un mode de fonctionnement normal. L'obligation de signaler ces attaques relève d'un niveau de maturité des organisations et des États qu'il reste encore à travailler. L'ISACA, comme à son habitude, inscrit ce processus dans le cadre d'une méthodologie reposant sur l'analyse de risques pour identifier les actifs critiques (patrimoine informationnel), définir des objectifs de sécurité et d'optimisation des risques. L'approche doit être très opérationnelle pour être capable de gérer des cyberattaques en temps réel, de réagir et de donner des ordres afin que des mesures concrètes soient prises et que des actions pertinentes soient menées[6].

La notion de ISOC, pour Information security operations center[7] devient une composante pleine et entière de la mise en œuvre des politiques de cybersécurité dans les organisations publiques et privées. Pour être efficace, une ISOC doit « monitorer » l'ensemble des composants d'un système d'information et être capable de détecter et de sélectionner parmi des milliards d’octets des éléments caractéristiques d'une cyberattaque puis, le cas échéant, d’adapter le plus intelligemment possible la réactivité des différents composants concernés dudit système d'information.

La notion de cyber-résilience quant à elle est, bien entendu, complémentaire du management de la cybersécurité par les risques, comme cela avait d'ailleurs été introduit lors du Forum de Davos en 2012[8].

En cybersécurité, au moins deux questions sont donc à considérer : Comment protéger ses infrastructures vitales ? Comment faire coopérer acteurs privés ou publics ?

La maîtrise du patrimoine informationnel, constitué de documents et de données informatiques, constitue également un des enjeux de la cybersécurité.

Au cœur des enjeux de sécurisation de la société numérique et en matière d'innovation, la cybersécurité devrait tirer parti des recherches dans le domaine des mégadonnées (big data) qui combineront apprentissage automatique et intelligence artificielle. Intelligence artificielle qui pourrait être un jeu à somme nulle quand elle est utilisée tant par les hackers pour augmenter leur capacité de fraude qu'en cybersécurité pour améliorer la détection desdites fraudes.

La prévention des cyberattaques. Les experts en cybersécurité peuvent utiliser l'intelligence artificielle pour détecter et prévenir les cyberattaques en temps réel. Les algorithmes d'apprentissage automatique peuvent analyser les schémas de trafic réseau et les comportements suspects pour identifier les tentatives d'intrusion et les activités malveillantes. Activités malveillantes dont les manipulations de l’information, numériques ou non, venues de l’étranger visant à déstabiliser un État font aussi partie.

L'identification des vulnérabilités dans les systèmes informatiques. L'intelligence artificielle peut être utilisée pour analyser les codes sources des logiciels et des systèmes afin de détecter les failles de sécurité potentielles. Cela permet aux développeurs de renforcer la sécurité de leurs produits et de prévenir les attaques.

La cybersécurité personnelle

La cybersécurité peut se décliner dans la vie privée numérique de tout un chacun. Il s'agit ici de sensibiliser le grand public aux risques associés à l'utilisation des technologies de l'information et de la communication[9], par exemple pour identifier au plus tôt et déjouer une tentative d'hameçonnage[10], dans un contexte où notamment les smartphones sont des cibles de choix pour les cybercriminels[11]. Des outils logiciels tels que logiciel antivirus, voire réseau privé virtuel contribuent à la cybersécurité personnelle.

La réglementation internationale

Notes et références

Voir aussi

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