Cycle de violence
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Le cycle de violence est la réitération de comportements agressifs, périlleux et dommageables au sein d'une relation interpersonnelle, s'organisant selon une séquence récurrente. Ce paradigme implique souvent des affects intenses ainsi que des principes fondés sur la rétribution ou la vengeance. Le processus, de nature circulaire, est susceptible de se manifester à de multiples reprises au cours d'une association entre individus. La durée de chaque étape constitutive est variable, et il est fréquent d'observer une gradation, c'est-à-dire une aggravation progressive de l'intensité des sévices infligés au fil du temps. Cette conceptualisation a connu une diffusion significative dans le discours académique et clinique depuis son émergence et sa vulgarisation au cours de la décennie 1970.
Il constitue fréquemment un schéma comportemental acquis durant l'enfance, internalisé puis réitéré à l'âge adulte, s'inscrivant de la sorte dans une perpétuation cyclique.
Au sein d'une relation
Un cycle d’abus suit généralement le schéma suivant :
- Abus – L’agresseur initie des abus agressifs, verbaux ou physiques, destinés à contrôler et à opprimer la victime.
- Culpabilité – L’agresseur éprouve un sentiment de culpabilité pour avoir infligé des comportements abusifs, principalement par crainte d’être reconnu coupable d’abus plutôt que par compassion pour la victime.
- Excuses – Rationalisation du comportement, y compris les reproches et les excuses.
- Comportement « normal » – L’agresseur reprend le contrôle de la situation et instaure une phase paisible afin de mettre la victime à l’aise dans la relation.
- Fantasme et planification – réfléchir à ce que la victime a fait de mal, à la façon dont elle sera punie, et élaborer un plan pour réaliser le fantasme.
- Mise en place – le plan est « mis en œuvre ».
Le terrorisme intime constitue une manifestation particulière des violences au sein du couple, se distinguant par sa nature éminemment cyclique et systémique. Cette configuration coercitive se caractérise par l'instauration d'un emprise permanente sur la victime – majoritairement féminine – au moyen d'un arsenal de violences multidimensionnelles : asservissement psychique, sévices corporels et autres sévices corollaires. Cette emprise, fréquemment représentée au travers du schéma conceptuel de la « Roue du pouvoir et du contrôle », permet de visualiser l'articulation et l'engrenage des différentes formes d'oppression. La pérennité de ce système oppressif est souvent à l'origine du recours des victimes à des structures spécialisées, telles que les centres d'hébergement. Cette forme de violence se distingue fondamentalement des violences conjugales situationnelles, lesquelles relèvent d'épisodes isolés et d'intensité variable, ne s'inscrivant pas dans une stratégie continue de domination.
Dans le cadre de ses recherches au Centre d'études internationales, Olga Botcharova a conceptualisé un modèle général décrivant les séquences de la violence traumatique et les processus subséquents de résilience et de guérison.
Intergénérationnel
Les cycles de violence intergénérationnelle désignent un processus de transmission de conduites violentes au sein de la parentèle, où des agissements hostiles ou coercitifs sont perpétués d’une génération à la suivante. Ce phénomène peut s’observer entre ascendants et descendants, mais également entre germains — c’est-à-dire entre frères et sœurs.
L'exposition juvénile à la violence au sein du couple est identifiée comme un facteur étiologique significatif dans l'émergence de perturbations comportementales. Celles-ci peuvent se manifester par des phénomènes de régression, une désinhibition des conduites ou une propension à l'imitation. Cette exposition est susceptible d'induire une intellection de la violence comme modalité relationnelle acceptable au sein de la sphère intime, augmentant ainsi la probabilité que l'individu endosse ultérieurement le rôle de victime ou d'agresseur[1]. Des investigations scientifiques récentes examinent le rôle modulateur de la réponse psychologique maternelle sur les conséquences de cette exposition. Plus spécifiquement, l'incidence d'un état de stress post-traumatique, de mécanismes dissociatifs ou de certains marqueurs biologiques chez la mère est à l'étude pour en déterminer l'influence sur les séquelles observées chez l'enfant.
Il appert, au regard des conjectures démographiques, qu'une proportion oscillant entre le quintile et le tiers des enfants ayant pâti de l'exposition aux sévices matrimoniaux éprouve subséquemment des tribulations similaires au sein de ses propres accointances sentimentales. Qu'ils en soient les fomentateurs ou les patients, ces sujets subissent ou infligent coutumièrement des vitupérations, des coercitions morales, des affronts émotionnels ou des voies de fait de la part de leur consort. De surcroît, il est établi qu'une quote-part de 30 à 50 % de ces relations amoureuses est susceptible d'arborer une cinétique d'exacerbation conflictuelle analogue à celle prévalant dans les hyménées domestiques de référence.
Les châtiments corporels appliqués aux enfants présentent une corrélation avérée avec la perpétuation de violences intrafamiliales à l'âge adulte, plus spécifiquement au sein du couple[2]. Le chercheur Murray A. Straus, éminent spécialiste de la dynamique familiale violente, qualifie la punition par voie de frappe manuelle sur les fesses de « manifestation violente la plus prévalente et la plus significative au sein des foyers étasuniens ». Selon ses travaux, les séquelles de cette pratique disciplinaire participent à l'émergence ou à l'aggravation de plusieurs problématiques sociales majeures, parmi lesquelles figure l'agression ultérieure du conjoint ou de la conjointe.
Politique
En 1377, l’historiographe Ibn Khaldoun explicite, dans ses prolégomènes, les vicissitudes régissant l’avènement et la périclitation des dynasties. Ce paradigme postule l’ascension d’un lignage qui, fortifié par l’asabiyya — ou cohésion agnatique —, instaure sa prépotence sur l’État et assure une expansion territoriale conséquente. Toutefois, l’accoutumance à l’opulence et la sédentarisation urbaine engendrent inexorablement un attiédissement des vertus martiales ainsi qu’une atrophie de la solidarité primitive. Cette déliquescence institutionnelle, survenant invariablement au terme d’une période trigénérationnelle, précipite la ruine de l’autorité établie ; celle-ci se trouve dès lors supplantée par une faction allogène, dont la rusticité et la vigueur intacte réitèrent ce cycle immuable de domination et de décadence.
Conformément à la théorie de John Mearsheimer, la belligérance sempiternelle entre les entités étatiques est vouée à perdurer. Cette dynamique procède de la défiance irréfragable que se portent mutuellement les puissances prépondérantes ; mues par l'instinct de conservation, celles-ci briguent le pouvoir et la prépotence, arguant que seule l'acquisition de cette suprématie constitue le gage pérenne de leur propre sauvegarde.
Le terme de cycle de violence, se trouve pareillement déployée dans une acception plus latitudinaire afin de circonscrire toute stase conflictuelle factionnelle de longue haleine au sein du cadre national. Ce schéma se caractérise par la réitération impérieuse et fréquente d'agissements belliqueux et exactions vindicatives. Ce phénomène insidieux se trouve illustré par des cas historiques emblématiques, tels que les troubles qui minèrent l'Argentine au cours des années 70, et les déflagrations qui affligèrent le Liban.