Cécile est morte (film)
film sorti en 1944
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Cécile est morte est un film français réalisé par Maurice Tourneur, sorti en France en 1944, produit par la Continental-Films. C'est une adaptation du roman éponyme de Georges Simenon, faisant partie de la série des Maigret.
André Gabriello
Santa Relli
| Réalisation | Maurice Tourneur |
|---|---|
| Scénario | Jean-Paul Le Chanois |
| Acteurs principaux |
Albert Préjean André Gabriello Santa Relli |
| Sociétés de production | Continental-Films |
| Pays de production |
|
| Genre | film policier |
| Durée | 90 minutes |
| Sortie | 1944 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Cécile, une jeune femme qui se rend plusieurs fois de suite dans les bureaux de la Police Judiciaire pour se plaindre de visites nocturnes dans l'appartement qu'elle occupe avec sa tante, n'est guère prise au sérieux par la police, jusqu'au jour où elle est retrouvée assassinée.
Synopsis
Tout le monde se moque du commissaire Maigret car Cécile, une jeune femme timide mais obstinée vient le voir régulièrement à la Police judiciaire, quai des Orfèvres. Celle-ci habite seule avec sa vieille tante infirme (ou qui le fait croire), madame Boynet, veuve de son état. La jeune femme est convaincue que certaines nuits, alors qu'elle dort dans sa chambre, un homme vient visiter et fouiller leur appartement. Maigret la reçoit quelques minutes puis l'éconduit car il doit partir pour arrêter une bande de malfaiteurs. Cécile rentre chez elle où elle retrouve sa tante, qui l'utilise comme bonne à tout faire. Gérard, frère de Cécile vient demander à celle-ci 10 000 francs pour l'aider matériellement car il est sans emploi, endetté et sa femme doit accoucher, mais la tante égoïste et très avare refuse de lui donner un sou.
Maigret, pendant ce temps là, prend le métro aérien et aperçoit au hasard d'une fenêtre ouverte à l'étage d'un hôtel, une femme en tenue légère étendue sur un lit. Arrivé sur place avec son adjoint Lucas, il découvre le corps d'une femme décapitée. Sur le miroir de la salle de bains, révélé par la buée du robinet d'eau chaude, on peut y lire le prénom "Cécile". Maigret décide de se rendre incognito chez madame Boynet sous prétexte de s'intéresser à un appartement qu'elle met en location. Il discute brièvement avec Gérard après avoir entendu leur échange tendu avec sa tante au sujet d'argent. La concierge de l'immeuble lui apprend que celui-ci appartient à madame Boynet. Il retourne Quai des Orfèvres pour éclaircir l'histoire de cette mystérieuse femme sans tête.
Le lendemain matin, Cécile revient voir Maigret à la PJ mais celui-ci est trop occupé. Il doit partir en gare interroger un témoin dont la valise avait été échangée par erreur lors de son voyage par une jeune voyageuse, qui s'avère être la victime sans tête. Grâce aux photos dans la valise de la victime, que le témoin a avec lui, Maigret réussit à identifier la victime. Il s'agit de Gilberte Pardon, sœur de Cécile, qui servait de bonne chez leur cousin Machepied, chirurgien-dentiste à La Rochelle. Maigret retourne à la PJ et cherche partout Cécile qui est censée l'attendre, mais la jeune femme reste introuvable.
Maigret retourne chez Madame Boynet mais personne ne répond aux coups de sonnette. En attendant le serrurier qu'il a fait quérir, Maigret fait connaissance avec la toute jeune voisine effrontée, qui lui parle du voisin du dessous, Dandurant, qui semble s'intéresser de très près aux jeunes filles, que Maigret a déjà croisé au commissariat car il s'occupe d'une association de réinsertion de jeunes délinquants. Grâce au serrurier, Maigret entre dans l'appartement et découvre le corps de madame Boynet étranglée sur son lit. Cécile l'avait pourtant prévenu car il s'avère qu'elle avait réussi à lui laisser un mot avant qu'il quitte la PJ : « Un drame affreux est arrivé cette nuit. »
Persuadé que Cécile n'a pu quitter le Quai des Orfèvres, Maigret fait fouiller les lieux de fond en comble. On découvre enfin Cécile, étranglée dans un placard à balais.
Maigret soupçonne tout le monde sauf Gérard, le frère de Cécile qui, s'il peut être l'assassin de sa tante, ne peut pas avoir tué sa sœur qu'il aimait sincèrement. Il vient pourtant d'agresser Dandurant en le blessant d'une balle de revolver. Sommé par son directeur de se rendre chez cet homme respectable pour essayer de voir où Gérard a filé, Maigret apprend par Dandurant, qui se targue d'être humaniste et protecteur de la jeunesse, que celui-ci est le comptable et l'homme de confiance de madame Boynet. En outre, ils ont autrefois été amants. Dandurant lui apprend également que Madame Boynet était propriétaire de maisons closes et que certaines nuits, il montait la voir pour lui présenter les comptes de ces maisons dites "spéciales" : Maigret en déduit qu'il était le visiteur nocturne qui terrifiait tant Cécile. Lui et Dandurant montent tous les deux dans l'appartement du crime. Maigret s'absente quelques instants et voit que Dandurant cherche quelque chose dans l'appartement. Pas de l'argent, dont il vient de trouver la coquette somme de 817 000 francs mais autre chose, qui doit cacher un terrible secret, sans que Maigret puisse lui faire avouer quoi.
L'arrivée inopinée du cousin Machepied qui se désigne comme héritier de madame Boynet va lui permettre de comprendre les raisons des inquiétudes de Dandurant, qui recherchait en fait des lettres compromettantes. Monsieur Dandurant est "Monsieur Charles", un homme d'apparence respectable mais véreux, qui servait d'intermédiaire entre madame Boynet et les gérants de ses établissements de passes.
Alors que Maigret se rend en voiture à la Rochelle avec Dandurant pour trouver les documents tant recherchés, ce dernier profite d'une panne simulée pour mettre le commissaire en joue avec une arme et l'abandonne sur le bord de la route avant de filer tenter de récupérer les fameux documents. Maigret est rattrapé par Lucas qui suivait à moto. Tous deux rejoignent La Rochelle où ils confondent enfin Dandurant, l'assassin de Gilberte, qu'il soupçonnait d'être en possession d'une lettre le compromettant. Maigret retrouve la lettre, autrefois dissimulée derrière un portrait de madame Doynet mais que Gilberte avait prise et cachée dans sa chambre. Elle désigne Dandurant et madame Boynet comme assassins complices de son mari, qu'ils ont autrefois empoisonné.
C'est Cécile qui a tué sa tante, le soir précédant sa dernière visite au Quai des Orfèvres. Alors que Gérard était revenu à l'appartement pour tenter de surprendre "le fantôme" dont Cécile avait peur mais qu'il avait absorbé par hasard la tisane au somnifère que la tante faisait boire à Cécile quand Dandurant venait la voir pour parler de ses comptes, Cécile se réveille et surprend leur conversation. Elle se rend compte que sa tante infecte et malveillante est en outre une proxénète immensément riche qui préférait laisser ses nièces et son neveu vivre dans l'indigence. Cécile l'a étranglée dans un accès de rage après le départ de Dandurant. Puis Gérard et elle ont fouillé l'appartement, n'ont trouvé que quelques billets que Gérard a gardé, ainsi que le testament, que Cécile était venue amener à Maigret le lendemain en voulant se constituer prisonnière. Dandurant, grâce à ses appuis et ses entrées au Quai des Orfèvres, l'avait alors suivie et étranglée à son tour avant de la cacher dans le placard à balais.
Fiche technique
- Titre original : Cécile est morte
- Réalisation : Maurice Tourneur
- Adaptation : Jean-Paul Le Chanois, d'après le roman éponyme de Georges Simenon
- Dialogues : Michel Duran
- Décors : Guy de Gastyne
- Photographie : Pierre Montazel
- Son : Georges Leblond
- Montage : Gérard Bensdorp
- Musique : Roger Dumas
- Production : Alfred Greven
- Société de production : Continental-Films
- Pays de production :
France - Langue originale : français
- Format : Noir et blanc - 35 mm - 1,37:1 - Mono
- Genre : Film policier
- Durée : 90 minutes
- Date de sortie :
- France :
Distribution
- Albert Préjean : le commissaire Maigret
- Santa Relli[1] : Cécile Pardon
- Germaine Kerjean : Mme Juliette Boynet
- Luce Fabiole : Mme Petitot, la concierge
- Liliane Maigné : Nouchi Tivechy
- Gabriello : l'inspecteur Lucas
- Jean Brochard : Charles Dandurand
- Yves Deniaud : Joseph Machepied
- Marcel Carpentier : Dr Pierre
- Marcel André : le directeur de la P.J.
- Charles Blavette : Monfils
- André Reybaz : Gérard Pardon
- Henry Bonvallet : le juge d'instruction
Acteurs non crédités
- Geneviève Morel : une amie de Madame Petitot
- Julienne Paroli : la femme de ménage
- Maurice Salabert : l'inspecteur Peretti
- Henri Vilbert : l'inspecteur Janvier
- Marcel Raine : Mr Albert, complice de Dandurand
- Charlotte Ecard : une amie de Madame Petitot
- Eugène Frouhins : le serrurier
- Gustave Gallet : Dr Aubry
- Georges Gosset : l'homme en tandem
- Marcel Melrac : le chauffeur de taxi
- Charles Camus : Léopold, le réceptionniste à la P.J.
- Paul Barge : M. Louis
- Jacques Beauvais : M. Paul
- Jean Clarieux : le voyageur dans le métro
- Jean Martin : le garçon d'étage
- Fernand Blot : un inspecteur
- Charles Lavialle : le raccommodeur de faïence
- Pierre Ferval : un gendarme
- Alice Gosset : la femme en tandem
- Marius David : M. Ernest
Accueil
« Maurice Tourneur adapte l'univers trouble et féroce de Simenon à la virgule près. Pipe au bec, le commissaire bénéficie de la silhouette altière d'Albert Préjean. Secrètement amusé, il joue au Cluedo au milieu de tout un petit monde pittoresque, fielleux, gouailleur. Chaque personnage, de l'inspecteur féru de botanique à la concierge pipelette et alcoolo, est une caricature réjouissante, pleine d'invention verbale et visuelle. Intrigue rythmée, délicieusement perverse, émaillée d'humour noir, et comédiens alertes font de cette œuvre un grand polar ludique. »
— Cécile Mury, Télérama, 19 janvier 2013
Autour du film
- Albert Préjean a également interprété le commissaire Maigret dans deux films de Richard Pottier : Picpus (1943) et Les Caves du Majestic (1945).
- Le film a été produit par la Continental-Film, société créée en 1940 par Joseph Goebbels, ministre de la propagande du régime nazi durant la seconde guerre mondiale.