Dagmar Burešová

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PrésidentVáclav Havel
Premier ministreFrantišek Pitra
Petr Pithart
PrédécesseurAntonín Kašpar
SuccesseurLeon Richter
Dagmar Burešová
Illustration.
Dagmar Burešová en 1991.
Fonctions
Ministre de la Justice de République tchèque
au sein de la République fédérale tchèque et slovaque

(6 mois et 24 jours)
Président Václav Havel
Premier ministre František Pitra
Petr Pithart
Prédécesseur Antonín Kašpar
Successeur Leon Richter
Présidente du Conseil national tchèque

(2 ans et 2 jours)
Prédécesseur Jaroslav Šafařík
Successeur Milan Uhde
Biographie
Nom de naissance Dagmar Kubištová
Date de naissance
Lieu de naissance Drapeau de la Tchécoslovaquie Prague
Date de décès (à 88 ans)
Lieu de décès Prague
Nationalité Tchécoslovaque
Tchèque
Parti politique Forum civique
KDU-ČSL
Conjoint Radim Bureš
Diplômé de Université Charles
Profession Avocate
Distinctions Grand officier de l'ordre de Tomáš Garrigue Masaryk

Grand officier de l'ordre de la Double Croix blanche

Dagmar Burešová, née Dagmar Kubištová le à Prague (Tchécoslovaquie) et morte dans cette même ville le , est une avocate et femme politique tchécoslovaque. Ministre de la Justice de la République tchèque au sein de la République fédérale tchèque et slovaque puis présidente du Conseil national tchèque au lendemain de la révolution de Velours, elle est reconnue pour son engagement à défendre en justice les dissidents et les victimes du pouvoir communiste.

Vie privée et familiale

Née le , Dagmar Burešová est la fille de Josef Kubišta, avocat pragois en droit des assurances et de Máška, femme de ménage. Elle grandit dans le quartier de Vinohrady avec ses deux frères dans un environnement familial marqué par les idéaux de la Première République tchécoslovaque et dont aucun membre n'adhère au parti communiste tchécoslovaque lorsque le pays bascule dans le camp soviétique au lendemain du « coup de Prague » en 1948[1].

Elle épouse en 1950 Radim Bureš, un pédiatre exerçant alors à Litoměřice, avec qui elle aura deux filles. L'aînée, Zuzana Špitálská, est également devenue avocate en 1987 et a repris le cabinet de sa mère spécialisée en responsabilité médicale, où travaille depuis son propre fils, Jakub Špitálský, avocat lui-même. La cadette, Lucie, a étudié l'économie[1],[2].

Le couple s'installe alors avec les parents dans la villa familiale d'Ořechovka, dans le quartier de Střešovice, où Dagmar Burešová vit jusqu'à son décès. La famille Bureš est proche des Havel, qui habitent à proximité. Charlotte Burešova, la belle-mère, s'occupe de l'entretien du foyer, en raison de la charge de travail de Dagmar Burešova[1].

Elle pratique le bridge  comme son père avant elle , le volley-ball et le ski[1],[2].

Elle décède le à l'âge de 88 ans[3].

Carrière d'avocate

Dagmar Burešová sort diplômée de la faculté de droit de l’Université Charles de Prague en 1952. Elle rejoint le barreau et se spécialise en droit du travail et en responsabilité civile[3],[4].

À l'heure de la normalisation, à la suite de l'écrasement du Printemps de Prague en , elle défend avec succès les dissidents politiques,  une centaine de personnes , parmi lesquelles Milan Kundera et Ivan Medek[3] (journaliste et musicologue[5]).

Elle travaille comme avocate jusqu'en 1989, année lors de laquelle elle s'investit en politique lorsque le régime communiste s'effondre au lendemain de la révolution de Velours[3].

Elle est intronisée en 2007 au Panthéon juridique tchèque[6]. En 2008, Dagmar Burešová met définitivement un terme à ses activités professionnelles pour raisons de santé[3].

Son cabinet, spécialisé en responsabilité médicale, est repris par sa fille aînée, Zuzana Špitálská, où travaille également le fils de cette dernière, Jakub Špitálský[1].

L'affaire Palach

Sa carrière prend un tournant lorsqu'elle accepte de défendre Libuše Palachová, la mère de Jan Palach, dans le procès qui l'oppose au député communiste et membre du Comité central Vilém Nový[7]. Jan Palach, alors étudiant, s'immole par le feu sur la place Venceslas à Prague le pour protester contre l'invasion de son pays par les troupes du Pacte de Varsovie. Il devient très rapidement un symbole de la résistance au communisme et à l'occupation[8]. C'est dans ce contexte que Vilém Nový avance de fausses théories sur le décès de Jan Palach et porte atteinte à sa mémoire, en déclarant notamment qu'il aurait été manipulé par des ennemis du régime, convaincu qu'il survivrait à son geste par l'usage de « feu froid », une substance inflammable ne dégageant aucune chaleur[9]. En usant de multiples moyens dilatoires et en arguant de son immunité parlementaire, Vilém Nový retarde autant que possible le procès. Le , malgré la preuve du caractère diffamatoire de ces propos, la juge Jarmila Ortová rejette les plaintes  les supposés « ennemis du régime », nommément désignés, avaient eux aussi déposé plainte , considérant que Vilém Nový avait le droit et le devoir de critiquer le geste de Palach ; les plaignants, condamnés aux dépens, étant de surcroit déclarés « ennemis du socialisme »[10].

Dagmar Burešová accepte ce dossier sensible et perdu d'avance malgré les risques pour elle et sa famille : surveillée, placée sur écoute, interrogée à plusieurs reprises, comme son mari, par la Sécurité d'État  le service de sécurité du régime (StB) , elle se voit confisquer son passeport pendant sept ans alors que Lucie, sa fille cadette, n'est plus autorisée à se rendre au lycée[1],[11],[12]. La StB lui attribue à cette époque le surnom de Lady[1].

La mini-série télévisée Sacrifice, réalisée par Agnieszka Holland et diffusée en 2013 par HBO Europe, s'inspire librement de cet épisode de sa vie[13].

Engagement politique

Membre du Forum civique, Dagmar Burešová devient la première femme ministre de la Justice de la République tchèque  au sein de la République fédérale tchèque et slovaque  en , à l'issue de la révolution de Velours qui a vu l'effondrement du régime[14]. Elle occupe ce poste jusqu'aux élections de et engage la réhabilitation des condamnés politiques, initie la loi de lustration  elle rejette néanmoins le principe de culpabilité collective que mettra en place cette dernière  et tente, avec les députés Jan Kalvoda et Miloslav Výborný, de faire publier les noms des membres de la Sécurité d'État et des responsables de celle-ci au sein du parti communiste[9].

De 1990 à 1992, elle est présidente du Conseil national tchèque  le Parlement tchèque, distinct de l'Assemblée fédérale  au sein duquel elle est élue lors des premières élections libres de , soutenue par le Forum civique. Cette période est marquée par les discussions parlementaires sur l'avenir du modèle tchécoslovaque, qui aboutira à l'indépendance des deux nations le 1er [3].

Elle se présente aux élections sénatoriales de 1996 à Prague sous l'étiquette du parti chrétien-démocrate KDU-ČSL[3]. Elle est battue au second tour avec 46,20 % des suffrages face au candidat du Parti démocratique civique, Zdeněk Klausner[15].

Autres activités

Au cours de ses études au lycée, Dagmar Burešová pratique le scoutisme et lors de la recréation du mouvement scout tchécoslovaque en 1990, elle en devient présidente puis présidente d'honneur et a essayé d'obtenir la restitution des biens du mouvement[16].

De 1998 à 2003, elle préside le conseil d'administration du Fonds germano-tchèque pour l’avenir dont elle demeure vice-présidente entre 2004 et 2005[3],[17].

Depuis 1990, Dagmar Burešová participe activement à la promotion de la mémoire et des idées de Tomáš Garrigue Masaryk au sein du Mouvement démocratique Masaryk.

Distinctions

Pour approfondir

Notes et références

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