Dame Kobold

œuvre musicale de Joachim Raff From Wikipedia, the free encyclopedia

La Dame Kobold est un opéra du compositeur germano-suisse Joachim Raff, écrit en 1869.

Contexte et création

Joachim Raff a écrit six opéras, à commencer par König Alfred à Stuttgart en 1848[1]. Après avoir fait l’objet d’une révision en profondeur, ce « grand opéra héroïque » en quatre actes a été mis en scène à Weimar en 1851 grâce à Franz Liszt[1]. L’année précédente, ce dernier a créé Lohengrin de Richard Wagner dans cette même ville[1]. Joachim Raff, alors secrétaire de Franz Liszt, connaissait très bien cet opéra, tout en étant familier avec les publications de Richard Wagner concernant une nouvelle forme du drame musical[1]. Sa réponse compositionnelle fut son deuxième opéra, Samson, tandis que sa réponse théorique fut Die Wagnerfrage La question Wagner », 1854), un ouvrage critique[1].

Si Samson, achevé en 1857, n'a pas eu le succès escompté, et en dépit du soutien de Franz Liszt qui n'a pas pu empêcher que cette « tragédie musicale » en trois parties et cinq actes ne soit finalement jamais jouée[1]. Samson n'est créé qu’en 2022, à Weimar[1]. Par la suite, il faut attendre longtemps avant que Raff n’écrive quoi que ce soit d’autre pour la scène[1]. Ce n’est qu’en 1869 qu’il parvient à se résoudre à prendre ce qui constitue pour lui un tout nouveau départ dans ce domaine, en composant son premier opéra-comique, Dame Kobold, à Wiesbaden. Ses trois autres opéras, Die Parole (1872), Benedetto Marcello (1878) et Die Eifersüchtigen (1882), datent de la dernière décennie de sa vie et appartiennent au même genre, qui n’avait pas grande considération dans les pays germanophones de l’époque. Tant que Richard Wagner dominait la scène lyrique allemande, les comédies autonomes se faisaient rares. Seules quelques-unes, comme Le Barbier de Bagdad (1858) de Peter Cornelius, parviennent à trouver leur place dans le répertoire dans ces circonstances[1].

La Dame Kobold de Joachim Raff est créée à Weimar le [1].

Argument

Acte I

Acte II

Acte III

Réception

Peu après la création, un critique reproche à l’œuvre un « certain éclectisme » et l’absence d’une conception « progressiste »[1]. Le compositeur n’a pas « par principe suivi la voie tracée par Wagner », écrit-il[1]. Malgré « l’utilisation de quelques innovations modernes », l’œuvre est jugée rétrograde et son originalité compromise par le fait qu’elle « s’inspirait des anciennes formes artistiques »[1]. Néanmoins, « la maîtrise assurée des ressources orchestrales » et « la maîtrise hors du commun de la forme » de Joachim Raff sont saluées[1]. Tout était « exceptionnellement bien exécuté et très agréable à l’oreille », « efficace et agile »[1]. « Gounod pourrait presque envier son collègue allemand » pour certaines parties de l’écriture vocale[1]. Bien que certaines de ses observations soient justes, la tentative maladroite du critique de situer l’opéra s’inscrivait dans une vision unidimensionnelle de l’évolution de l’histoire de la musique, issue de l’idéologie futuriste de la Nouvelle École allemande et dont les répercussions se font encore sentir aujourd’hui[1].

En raison de l’importance de l’auteur dans le monde musical, la Dame Kobold était très attendue à Weimar, selon le Musikalisches Wochenblatt de Leipzig[1]. La première, donnée par l’orchestre de la cour sous la direction d’Eduard Lassen, successeur de Franz Liszt, a été un succès mitigé[1]. L’hebdomadaire de Leipzig estime que la deuxième représentation a été « mieux accueillie » et fait l’éloge particulière du livret et de la « mise en musique toujours intéressante, par moments absolument magnifique »[1]. En revanche, l’œuvre ne parvient pas à laisser une « impression durable » à un autre critique, bien qu’il en attribue la responsabilité « moins à la musique extrêmement séduisante qu’au fait que le livret n’avait pas un impact comique suffisant »[1]. Dans la biographie de son père écrite par Helene Raff et publiée en 1925, cette dernière écrit que la princesse Carolyne de Sayn-Wittgenstein narre à une amie depuis Rome le 20 avril 1870 qu’elle était extrêmement surprise par ce qu’elle entendait de Weimar au sujet de la Dame Kobold : « Raff, léger sur ses pieds et légèrement osé – qui l’aurait cru ? ! »[1]. Finalement, l’œuvre ne parvient toutefois pas à s’imposer dans le répertoire scénique[1]. Elle s’avère être le dernière des opéras de Raff à être mis en scène de son vivant[1].

Discographie

  • Dario Savi (dir.), Dame Kobold, Naxos, .

Références

Bibliographie

Liens externes

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