Danebod

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Danebod
L'école populaire de Danebod.
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Localisation
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Danebod est un quartier historique du sud de la ville ferroviaire de Tyler dans le sud-ouest du Minnesota. Fondé en 1885 par des membres de l'Église évangélique-luthérienne du Danemark menés par le révérend Hans Jørgen Pedersen (1851–1905), le quartier comprend plusieurs bâtiments remontant à 1888 et formant la plus ancienne colonie danoise du Minnesota.

Au XXIe siècle, Danebod reste un quartier majoritairement danois et religieux. Chaque année, le quartier organise les « Æbleskiver Days » le week-end du , pour célébrer la culture danoise. En raison de leur importance culturelle et architecturale, quatre édifices de Danebod formant le « complexe historique de Danebod » (Danebod Historic Complex) sont inscrits au Registre national des lieux historiques depuis 1975.

Le nom de Danebod fait référence à la première reine du Danemark, Thyra, épouse du roi Gorm l'Ancien au Xe siècle[1],[2]. Thyra du Danemark aurait supervisé la construction d'un mur de pierre à travers le Jutland pour protéger le pays des ennemis du sud. Par gratitude, le nom de Danebod lui aurait été donné[3]. Il signifie en danois « celui ou celle qui répare, qui console, ou qui sauve les Danois »[4].

Aux États-Unis, son nom est prononcé DAHN-a-bo ou DAN-a-bo[3],[5].

Histoire

Les premiers habitants de la région où se trouve Danebod sont les Dakotas[6]. Le quartier est aujourd'hui la plus ancienne colonie danoise du Minnesota[7].

Fondation

Danebod est fondée par des adeptes de N. F. S. Grundtvig.

Le , deux pasteurs danois Adam Dan et Rasmus Andersen fondent une église à Neenah (Wisconsin) qui deviendra l'Église évangélique luthérienne danoise en Amérique (en)[8]. En 1884, à l'occasion d'une convention de l'Église réunie à Clinton (Iowa), le fermier Rasmus Hansen suggère que l'Église aide les familles citadines qui préféreraient s'installer à la campagne à trouver un endroit où fonder une colonie danoise[9]. Une commission est alors désignée pour trouver ce lieu. Composée des pasteurs grundtvigiens F. L. Grundtvig (fils de N. F. S. Grundtvig[10]), Kristian Anker, Rasmus Hansen, Jens C. Kjær et C. Bruhn, elle conclut un accord avec la Winona and St. Peter Railroad Company dans le sud-ouest du comté de Lincoln dans le Minnesota. La société de chemin de fer accepte de ne vendre 35 000 acres (142 km2) de ses terres qu'à des Danois ; ces terres se trouvent aux pieds de Buffalo Ridge (en) au sud de Tyler. Le , environ 70 colons s'y étaient établis en provenance de plusieurs États[8].

L'ensemble des pionniers étaient des Grundtvigiens, une faction nationaliste et libérale de l'Église nationale du Danemark[4],[11]. Les Grundtvigiens croyaient à la célébration de la vie et étaient souvent surnommés les « Danois heureux »[12]. Bien que la Bible était leur livre saint, les Grundtvigiens ne la prenaient pas à la lettre[13] et donnaient une importance particulière au Symbole des apôtres[14]. Ils étaient également nationalistes, espérant « réveiller les Danois dans l'appréciation de leur identité ». N. F. S. Grundtvig écrivait notamment en 1848 : « Danois d'abord, chrétien ensuite »[15]. Les Grundtvigiens estimaient que le « vrai peuple » partageait une terre commune, une langue commune, une histoire commune et une culture commune (à travers notamment la danse, le folklore et la cuisine)[16]. Danebod est fondée pour « sauver les Danois d'une américanisation totale ». Pendant plusieurs décennies, seul le danois y est parlé. Le dimanche , un festival est organisé pour célébrer la nouvelle colonie[8]. La population de Danebod croit rapidement au début des années 1890. En 1895, 222 personnes habitent la « colonie danoise de Danebod »[4].

Fin du XIXe siècle

Une pierre commémorant l'ancienne Børneskolen, devant l'église luthérienne de Danebod.

Le , la congrégation de Danebod est officiellement formée au domicile de P. N. Clausen, elle compte alors 15 membres. Le conseil de l'église comprend son président P. N. Clausen, un secrétaire M. Lauritsen et un trésorier Jørgen Jacobsen[8],[17]. À ses débuts, la congrégation ne célèbre pas de messe régulièrement et n'a pas de pasteur permanent : ses membres se réunissent dans diverses maisons, chantent des hymnes danois et écoutent les sermons d'un laïc. C'est parfois le pasteur de Sleepy Eye, S. C. Madsen, qui officie. La congrégation finit par recruter un pasteur. Hans Jørgen Pedersen (1851–1905), né au Danemark, arrive à Danebod avec sa famille le , en provenance du Michigan. Éloquent, il s'implique fortement dans la communauté et est parfois considéré comme le fondateur de Danebod[18]. En , 77 acres (31 ha) sont attribués à la congrégation pour l'établissement de l'église luthérienne de Danebod, consacré le .

Le pasteur H. J. Pedersen avait reçu une éducation dans une université populaire et était convaincu que le succès de la congrégation et de la colonie passait par la fondation d'une école populaire danoise. L'école ouvre le , avec Pederson comme président. Parmi les premiers étudiants se trouve Kristian Klink, un tailleur de pierre qui aide Pedersen à construire le pavillon de pierre. L'édifice est achevé à l'automne 1889, avec des pierres du lac Swan situé au sud du bourg. Il ouvre au public pour les funérailles de Klink en . Le bâtiment devient le nouveau centre de la colonie, les messes s'y déroulant le dimanche. Les étudiants de l'école populaire l'utilisent également comme gymnase. Le pavillon devient un lieu de rencontre pour les habitants de Danebod, notamment les jeunes[19]. Devenant trop exigu, il est remplacé en 1895 par l'église luthérienne de Danebod pour les cérémonies religieuses.

Début du XXe siècle

Une association de Ladies' Aid, venant en aide aux vétérans, est fondée le par Marie Hovgaard, Anna P. C. Petersen, Henrietta Hansen et Sine C. Jensen. Le , une maison pour enfants est ouverte par la congrégation. L'association de l'école populaire est créée en 1912. La communauté compte par ailleurs une école primaire danoise (Børneskolen) depuis 1888 (qui fermera en 1939)[20]. Dans son journal de voyage My Big Adventure of 1915–1916: The joys and hazards of motor touring in 1915, Ragna C. Olson (1905–2007) décrit un jour à l'école de Danebod en 1914 : « Nous avions une heure de religion, puis nous apprenions à lire et à écrire en danois, un peu d'histoire, et durant la dernière heure les filles apprenaient des travaux manuels comme le tricot, le crochet et la broderie. L'après-midi, nous apprenions l'anglais, écrire, lire et l'arithmétique ». Olson était la fille des pionniers Johanne Marie Sorensen (1877–1947) et Carl Cold Sorensen (1879–1967), qui furent les premiers à introduire des véhicules à moteur à Tyler au début du XXe siècle[21],[22].

Le dimanche , l'école populaire de Danebod est détruite par un incendie. La faible vitesse de l'incendie permet aux étudiants et aux voisins de sauver une grande partie du mobilier de grande valeur de l'édifice. À l'automne 1917, neuf mois après sa destruction, une nouvelle école plus grande est consacrée par le pasteur Knudsen, C. P. Højbjerg, Aage Møller, P. Rasmussen et Kristian Østergaard. À la même époque, une épidémie de grippe touche la région, causant plusieurs morts et obligeant les écoles et églises à fermer. Une nouvelle catastrophe touche Danebod le lorsqu'une tornade traverse le comté de Lincoln et tue 36 habitants[23],[24].

Culture

Le centre communautaire durant les Æbleskiver Days de 2007.

Danebod reste un refuge de la culture danoise au XXe siècle puis au XXIe siècle[25],[26]. Le quartier est parfois appelé « la maison de Nissemænd » en référence aux nisses du folklore scandinave[27],[28],[29].

L'école primaire, l'université, la bibliothèque, la presse locale[30] ainsi que la messe utilisent le danois pendant plusieurs décennies ; la langue est la plus parlée à Danebod jusqu'aux années 1940[31],[32]. Le quartier est toujours un quartier dano-américain. Il est courant d'y voir flotter le drapeau danois (Dannebrog) et la cuisine, la musique, la langue et la culture danoise font toujours partie de la vie de ses 200 habitants. L'église luthérienne fait également partie de ces traditions. Elle propose toujours une messe hebdomadaire en danois (les messes n'étaient qu'en danois jusqu'en 1947)[33],[34]. Une partie de la population parle toujours danois, surtout parmi les plus âgés[29].

Durant les années 1930, des difficultés financières et des faibles inscriptions conduisent à la fermeture de l'école populaire de Danebod, où l'enseignement se faisait en danois. Le bâtiment rouvre ses portes en 1946 et accueille depuis 1947 des camps d'été familiaux[5],[26]. Dans l'esprit des écoles populaires danoises[5],[35], les participants du camp[5] chantent des chansons danoises, dansent des danses folkloriques danoises, travaillent des produits artisanaux et écoutent des lectures en danois[35].

Plusieurs événements sont organisés chaque année pour célébrer la culture danoise, notamment la parade du quartier, Grundlovsdag[36], Fastelavn[37] et les Æbleskiver Days. Les æbleskiver sont des crêpes sphériques typiques du Danemark. Les Æbleskiver Days sont l'une des principales attractions de Danebod[27]. L'événement est célébré chaque année par des descendants d'immigrés danois depuis plus de cent ans[36]. Lors de ce festival de deux jours, qui se tient le week-end du (jour de fête nationale aux États-Unis), Danebod célèbre sa communauté et son héritage danois[38]. Une parade, des danses folkloriques et des chansons danoises y sont organisées ; de nombreux plats danois typiques y sont proposés[39] ; une fête foraine nommée Tivoli est présente[40]. À Noël, une danse et des chants sont organisés autour du sapin du gymnase à Noël[41].

Patrimoine

Bibliographie

Notes et références

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