Daniel de Cosnac

courtisan et prélat catholique condamné pour faux-monnayage From Wikipedia, the free encyclopedia

Daniel de Cosnac, né au château de Cosnac, dans l'actuel département de la Corrèze, le , et mort à Aix-en-Provence, le , est un prélat français, successivement évêque de Valence, de 1654 à 1687, et archevêque d'Aix, de 1693 à 1708.

Faits en bref Archevêque d'Aix Archidiocèse d'Aix-en-Provence et Arles, à partir du 19 janvier 1687 ...
Daniel de Cosnac
Portrait de Daniel de Cosnac par Claude Lefèbvre, 1666
Fonctions
Archevêque d'Aix
Archidiocèse d'Aix-en-Provence et Arles
à partir du
Évêque de Valence
Diocese de Valence (d)
-
Évêque de Valence et de Die
Diocèse de Valence et Die (d)
-
Évêque diocésain
Diocèse de Valence (-Die-Saint-Paul-Trois-Châteaux)
-
Biographie
Naissance
Décès
Activité
Famille
Autres informations
Ordre religieux
Consécrateur
Condamné pour
Condamnation
Distinctions
Blason.
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Il est le troisième fils de François de Cosnac, théologien devenu maître de camp d'infanterie et auteur d'ouvrages contre le protestantisme, et d'Eléonore de Talleyrand-Chalais, petite-fille du maréchal Blaise de Monluc et petite-nièce de Jean de Monluc, évêque de Valence et de Die[1].

Biographie

Années de jeunesse

D’origine limousine, issu d’une famille dont Saint-Simon écrit qu’elle a fourni des évêques « de père en fils », il commence ses études dans les collèges de Brive et de Périgueux, et les poursuit à Paris, au collège de Navarre, tenu par les jésuites.

En 1651, il entre, par la protection du duc de Bouillon, dans la maison du prince de Conti, en qualité de premier gentilhomme de sa chambre. Il le suit à Bordeaux, puis à Pézenas, où se produit grâce à lui la troupe itinérante de Molière, qui prend alors le titre de « comédiens de S.A.S. le prince de Conti ». Il s'est donc trouvé mêlé aux troubles de la Fronde ; il semble qu’il ait fait le bon choix, puisqu’il décide le prince à faire la paix avec la cour et reste fidèle à Mazarin. Cette attitude lui vaut en récompense l’évêché de Valence et de Die, quoiqu’il n’ait que 26 ans (1654) et n’ait même pas encore reçu les ordres religieux ; il ne le fera qu’après sa nomination, lors de laquelle Mazarin lui aurait dit : « Monsieur, vous nommer évêque de Valence au sortir d'un aussi beau sermon que celui que vous venez de faire, cela s'appelle recevoir le bâton de maréchal de France sur la brèche. Remerciez le roi de cet important bénéfice. »[2].

Carrière ecclésiastique

Très actif auprès des Conti et à l'assemblée générale du clergé (qui dure de 1655 à 1657 et valide sa nomination malgré un recours de l'évêque de Grenoble), il ne fait ses entrées dans ses villes épiscopales qu'en 1657, en septembre à Valence et en novembre à Die[3].

Il est présent également au mariage de Louis XIV à Saint-Jean-de-Luz où il prononce une brève homélie et où, selon une légende, il fait la quête avec une bourse de daim brodée aux armes de France et d’Espagne[4]. Il présida en mars 1661 au mariage de Philippe d'Orléans avec la princesse Henriette d'Angleterre, malgré la contestation de l'abbé Gaultier de Montaigu, aumônier d'Henriette de France, reine d’Angleterre[5]. Il entre alors en possession des tapisseries dites de Mortlake, qui obligeront les héritiers à agrandir les salons de leur château.

Le 17 avril 1666, Cosnac est chargé du discours de clôture de l'assemblée du clergé (1665-1666), dont le sujet principal est la question des huguenots et l'interprétation de l'édit de Nantes, et durant laquelle il obtient du roi les fonds, prélevés sur le Dauphiné, pour la reconstruction de la cathédrale de Die[6].

Peu après, il devient aumônier de Monsieur, frère du roi. Ayant déplu à ce dernier par les efforts mêmes qu’il fait pour le ramener au bien et le rapprocher de Madame, il est, sur la demande du prince, enfermé au For-l'Évêque.

Saint-Simon écrit de lui : « « Personne n’avait plus d’esprit ni plus d’activité, d’expédients, de ressources ; né pour l’intrigue, il avait le coup d’œil juste, au reste peu scrupuleux et extrêmement ambitieux; » ».

Il rentre cependant en grâce et est nommé en 1687 archevêque d’Aix et commandeur du Saint-Esprit. Du fait des querelles entre Louis XIV et le pape Innocent XI, il ne reçoit confirmation de sa nomination que par bulle du 9 novembre 1693[7]. Il est abbé commendataire de l'abbaye de Saint-Riquier de 1695 à 1708, ainsi que de celle de Cruas.

Anecdote

Une anecdote, racontée par l'abbé de Choisy[8], qui la tient sans doute de Cosnac lui-même, montre l’humour de cet homme épris de pouvoir et d’action. Cosnac se rend chez M. de Paris (l’archevêque de Paris[9]) :

« Le Roi, lui dit-il, monseigneur, m’a fait évêque ; mais il s’agit de me faire prêtre.
— Quand il vous plaira, répondit M. de Paris.
— Ce n’est pas là tout, répliqua M. de Valence; c’est que je vous supplie de me faire diacre.
— Volontiers, lui dit M. de Paris.
— Vous n’en serez pas quitte pour ces deux grâces, monseigneur, interrompit M. de Valence ; car, outre la prêtrise et le diaconat, je vous demande encore le sous-diaconat.
— Au nom de Dieu, reprit brusquement M. de Paris, dépêchez-vous de m’assurer que vous êtes tonsuré, de peur que vous ne remontiez la disette des sacrements jusqu’à la nécessité du baptême. »

Sources

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Notes et références

Annexes

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