Datura wrightii
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Datura wrightii est une plante herbacée toxique, parfois utilisée comme hallucinogène, et classée comme anticholinergique. Elle appartient à la famille des Solanaceae.
Synonyme
- (=) Datura meteloides auct.
Taxonomie
L'identification botanique de ce datura mexicano-californien tient à la collaboration d'un collectionneur américain, Charles Wright, des établissements Louis de Vilmorin et d'un botaniste allemand von Regel[1].
En 1855, les établissements Louis de Vilmorin reçurent des graines de Datura meteloides d'un professeur de l'université d'Harvard. Celui-ci les avait obtenues d'un collectionneur du nom de Charles Wright qui les avait récoltées à l'ouest du Texas.
Un employé perspicace, M. Ortgies, remarqua alors que le datura en question cultivé par leurs soins ne correspondait pas à la description du D. meteloides faite par Félix Dunal. Il fit part de ses observations au botaniste allemand Eduard von Regel, éditeur de la revue Gartenflora. Celui-ci en fit une description qu'il publia en 1859 sous le nom de Datura wrightii en reconnaissance de son découvreur.
Description morphologique
Appareil végétatif
Datura wrightii possède un port étalé et buissonnant[1], et peut atteindre entre 0,4 et 1,5 mètre de hauteur.
Les feuilles, qui mesurent jusqu'à 15 cm de long[2], sont simples, ovoïdes, caduques, et leur bord est tantôt grossièrement denté, tantôt sinué. Elles sont visqueuses voire poisseuses au toucher et couvertes d'un duvet extrêmement court. En froissant les feuilles, un parfum assez désagréable s'échappe, laissant penser à une odeur proche de l'arachide. Les tiges sont cassantes, gorgées d'eau et couvertes de poils très courts.
Cette espèce de Datura possède un rhizome tubéreux muni d'épaisses et puissantes racines, qui permet à la plante d'hiverner en pleine terre dans des endroits pas trop froids, et de repartir au printemps suivant vers la mi-mai.
Cette espèce est souvent confondue avec Datura inoxia et Datura metel, qui sont des espèces similaires.
Appareil reproducteur

La floraison a lieu de mai à novembre. Les fleurs en forme d'entonnoir mesurent entre 14 et 23 cm de long, c'est en effet les plus grandes du genre avec le D. metel. Elles sont blanches, très souvent teintées de violet dans leur partie supérieure. Elles sont odorantes et dégagent un parfum délicat qui s'accentue au fur et à mesure de la floraison. La fleur se fane durant le deuxième jour de floraison.
Le calice et la corolle sont constitués de 5 pièces soudées en un tube qui, au niveau de la corolle, s'évase pour former un large pavillon. Ce pavillon est garni de dix « dents » : cinq prolongent la zone de soudure entre les pétales, et cinq sont situés au milieu de la bordure de chaque pétale.
Le fruit est une capsule pendante, hérissée d'épines pointues longues de moins de 1,3 cm[2], et recouverte de duvet très court. Elle porte à sa base une sorte de collerette qui se développe à partir des restes du calice. À maturité, la capsule d'environ 4 cm de diamètre s'ouvre de façon irrégulière et libère de très nombreuses graines brun-jaunâtre. Les graines germent facilement et la plante peut alors se ressemer au printemps suivant.
Répartition et habitat
Son origine naturelle se situe au Mexique et dans le Sud-ouest de l'Amérique du Nord, du centre de la Californie jusqu'au nord du Mexique vers le sud, et jusqu'au Texas vers l'est. Mais en raison de sa beauté et des substances convoitées qu'elle contient, la plante fut très vite exportée et étudiée dans les régions chaudes du reste de la planète où elle s'est parfois naturalisée.
Dans ces régions, elle pousse sur sol sableux, sur les plaines et replats des zones désertiques.
Composition
La plante, comme tous les daturas, contient des alcaloïdes tropaniques comme la scopolamine et de l'atropine. Ont été décelés aussi : l'apohyoscine, la norhyoscine, la mételoidine et la norhyosciamine[3]. Les racines contiennent en outre (-)-3α,6β-ditigloyloxytropane, 3,6-ditigloyloxytropan-7-ol, tropine, pseudotropine et 3,6-dihydroxytropane.
La scopolamine comme l'atropine provoque une sécheresse de la bouche, et d'intenses hallucinations visuelles et auditives. À forte dose, elle provoque une intoxication mortelle. Ce Datura est réputé anciennement pour son utilisation divinatoire et hallucinogène lors de cérémonies par certaines tribus indiennes[4]. Cependant toute partie de la plante reste un véritable poison, d'où son utilisation doit être très documentée et effectuée dans conditions particulières.