David Joris

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David Joris
Portrait de David Joris par Jan van Scorel
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Condamné pour

David Joris est un prédicateur anabaptiste spiritualiste et révolutionnaire, né à Bruxelles en 1501 et mort à Bâle le . Dit également Jean David Joris, David Joriszoon, fils de Joris, ou en latin David Georgius, il développe des tendances mystiques et messianiques et ses partisans forment un groupe organisé, les joristes. Il doit fuir les Flandres pour échapper aux foudres espagnoles du temps de Charles Quint après la publication de l'édit de 1535 et termine sa vie à Bâle sous une fausse identité.

Ministère

On le dit parfois originaire de Bruges (notamment du fait de la fausse identité qu'il prit dans son exil bâlois), mais il est né à Delft en 1501, fils d'un changeur ambulant.

David Joris devient peintre de vitraux[1]. On connaît de lui quelques dessins[2].

David Joris devient rapidement érudit avec des connaissances approfondies des écritures saintes et de la langue néerlandaise (version brabançonne).

Il va écrire un nombre très important d'ouvrages, de livres et de pamphlet.

Il compose également des hymnes, des prières et des odes, citons entre autres Een geestelijck liedt-boecxken: Inholdende veel schoone sinrijcke Christelijcke liedekens(Rotterdam, Dierck Mullem, c. 1590).

Son œuvre principale est 't Wonderboeck.

David Joris se découvre très tôt une vocation prophétique et malgré son absence de formation religieuse spécifique, il va prêcher en Allemagne et aux Pays-Bas pendant une dizaine d'années[3].

La situation au sud du Brabant devenant trouble et dangereuse, il part s'installer à Delft en 1524.

Le , il y assaille une procession de la 'Nieuwe Kerk' en ridiculisant la Vierge Marie. Il est condamné à 11 semaines de prison. Il récidive à sa sortie de geôle et le , il attaque cette fois une procession catholique. Comme récidiviste, il est condamné par le tribunal de La Haye à 3 ans de bannissement de la ville de Delft.

En 1533, il est cité comme l'un des « douze apôtres » envoyés par Jan Matthijs, anabaptiste anarchiste. L'année suivante, David et son épouse Dirkgen Willem sont rebaptisés par un ex-prêtre catholique Obbe Philips (ou Ubbo Philipps - les Ubbonites) en .

En , le couple doit fuir à Strasbourg. Il revient à Delft en pour l'accouchement d'un deuxième enfant mâle, David Jr. mais David Joris père doit à nouveau prendre la fuite en .

Après la chute de Münster en , le mouvement anabaptiste va se purger définitivement de ses factions violentes et révolutionnaires, et va devenir intégralement pacifiste sous la direction de Menno Simons. Celui-ci fut ordonné comme anabaptiste de tendance melchiorite (suivant Melchior Hoffman) par Ubbo Philipps en même temps que Dirk Ubbo, frère de ce dernier, ainsi que David Joris lui-même.

Le , la mère de David Joris, Maritje Jans de Gortersdochter est condamnée à mort et exécutée par décollation à Delft.

En 1540, Joris convoque un synode à Strasbourg pour essayer de s'entendre avec d'autres réformateurs. Ce sera un échec.

Lui-même doit alors fuir en Italie, puis en Suisse où il arrive au début de 1544.

Il y décède, toujours en exil, à Bâle le sous une fausse identité (Jean de Bruges ou Jan von Brügge ou encore Jan von Binningen).

Joris est devenu en effet entre-temps partisan du nicodémisme (c'est-à-dire de cacher ses convictions sous des apparences officielles convenues et conventionnelles, tout en continuant à propager ses idées et pratiquer sa foi en secret, un peu comme les Marranes chez les juifs d'Espagne). À Bâle il passera donc aux yeux de ses contemporains pour un riche bourgeois zwingliste, bien connu pour ses œuvres charitables.

L'œuvre de David Joris

Il a écrit un grand nombre d'ouvrages (226) essentiellement religieux.

Le plus important d'entre eux est le 't Wonderboeck dont la première édition parut à Vianen chez Dirk Mullem en 1544. La seconde édition date de 1584. Elle est ornée de gravures de Hieronymus Wierix, basées sur les planches de xylogravure de la première édition, choisies par Joris lui-même.

Joris est également le premier auteur à plaider pour l'usage de la langue néerlandaise en tant que langue de culture et de culte, de là son rôle majeur mais méconnu dans l'origine historique de la littérature de langue néerlandaise.

David Joris et les anabaptistes joristes

Contrairement aux luthériens et aux calvinistes, les anabaptistes étaient opposés à toute forme de pouvoir civil.

À Munster, leur opposition prit un tour franchement révolutionnaire et violent qui fut étouffé dans un bain de sang en 1535. Cela jeta un opprobre sur tout le mouvement réformateur « modéré » et les chefs historiques de la Réforme condamnèrent violemment ces dissidents.

De ce fait, honnis de toutes parts, les anabaptistes furent les plus persécutés de tous les mouvements religieux au XVIe siècle. Un édit de Charles Quint de la même année 1535 exigea leur extermination complète même pour les anabaptistes repentants ou les citoyens simplement suspects de sympathie anabaptiste.

Parmi les anabaptistes, les joristes représentaient la branche pacifiste mais en même temps ils étaient les plus zélateurs et partisans d'une conversion accélérée même en ces temps troublés. Ils furent de ce fait particulièrement ciblés par le pouvoir espagnol. En 1560, les Pays-Bas espagnols présentaient des tendances anabaptistes nettes dans toute la partie flamande du pays avec une limite passant au sud de Bruxelles et de Louvain à la limite de l'actuel Brabant wallon.

David Joris lui-même activement recherché, prend le parti de se réfugier en Suisse dès le début de 1544.

Les joristes commencent à refluer vers le nord surtout, vers Anvers aussi et ailleurs hors du territoire espagnol.

Cependant au nord également, un décret pris par la comtesse Anne en Frise Orientale en 1545 annonce que les joristes seront pendus haut et court s'ils ne quittent pas immédiatement le pays. En revanche il est laissé le choix aux autres anabaptistes pacifistes les 'Mennistes' (Mennonites = zélateurs de Menno Simons) d'être entendus par le superintendant de Frise et d'abjurer leurs convictions pour pouvoir rester au pays.

Dès lors, rien qu'en 1546 plus de 30 000 anabaptistes furent exécutés en Hollande et en Frise.

Beaucoup se réfugièrent d'abord en Allemagne et en Angleterre puis de là ultérieurement aux États-Unis, seule terre de vraie liberté par rapport à l'intolérance calviniste (les anabaptistes émigrent en même temps que les Puritains qui subissent la même répression en Angleterre).

Les Joristes étaient à ce moment de loin le groupe anabaptiste le plus important au départ.

Du fait de l'exil de David Joris, des persécutions et des exécutions les frappant de manière préférentielle, du fait également de la défection ultérieure de son gendre et successeur à la tête du groupe, la secte diminua progressivement en importance puis fut supplantée par les Mennonites.

Les Joristes demeurèrent cependant un groupe actif dans des régions et en Frise jusqu'au XVIIe siècle avant de disparaître complètement.

Les joristes

Notes et références

Annexes

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