David Winfield
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David Crampton Winfield (2 décembre 1929 – 28 septembre 2013) est un conservateur et byzantiniste britannique, spécialiste de la peinture murale. La première partie de sa carrière s’est déroulée à l’étranger, principalement en Turquie et à Chypre, et il a été fait MBE en 1974 pour ses travaux de conservation à Chypre[1]. Dans sa nécrologie publiée dans The Times, Winfield est décrit comme « un explorateur archéologique et d’investigation, dans la lignée des grands savants voyageurs du XIXᵉ siècle ».[2]
À la fin de sa carrière, il travaille au Royaume-Uni, où il est nommé en 1981 premier Surveyor of Conservation (« inspecteur en chef de la conservation ») du National Trust[3].
Jeunesse et formation
David Winfield naît et grandit à Hendon (Londres). Son père, fonctionnaire, avait été blessé pendant la Première Guerre mondiale. Sa mère, Edith, meurt alors que David n’a que cinq ans, et lui et son frère sont principalement élevés par les sœurs de leur père. Son frère aîné, ancien prisonnier de guerre pendant la Seconde Guerre mondiale, ainsi que leur père, meurent tous deux avant que Winfield n’atteigne trente ans.[4]
Il fait ses études secondaires à la Bryanston School (Dorset), puis étudie l’histoire moderne à Merton College, Oxford, où il obtient son diplôme en 1954. Durant un voyage d’étudiant en moto à travers l’Europe jusqu’à Istanbul en passant par le mont Athos, il découvre la passion de l’art et de l’architecture byzantins. Sur les conseils des universitaires Gervase Mathew et David Talbot Rice, il obtient une bourse du British Council lui permettant d’étudier deux ans à l’université de Belgrade. Il y travaille avec des historiens d’art serbes renommés et, durant les vacances d’été, acquiert une expérience pratique de la restauration des peintures murales au monastère du Sopoćani, dans le cadre d’un projet parrainé par l’ONU et dirigé par une équipe italienne.[4]
Carrière
Débuts
Son expérience dans les Balkans lui permet de publier son premier article, Four Historical Compositions from the Medieval Kingdom of Serbia, dans la revue Byzantinoslavica en 1958. Winfield publie ensuite de nombreux ouvrages et articles sur ses travaux archéologiques et de conservation, souvent en collaboration avec son épouse June, rencontrée à Trébizonde lors d’un projet de recherche dont elle était responsable des relevés architecturaux.
Son ouvrage commun avec Anthony Bryer, The Byzantine Monuments and Topography of the Pontos (1985), est considéré comme la somme la plus détaillée jamais publiée en anglais sur le sujet.[5]
Turquie
Son premier grand projet concerne l’église Sainte-Sophie de Trébizonde (Ayasofya), où David Talbot Rice le nomme directeur de terrain en 1957. Winfield y supervise le dégagement et la restauration des fresques sur une période de cinq ans, dans le cadre d’un programme parrainé par le British Institute at Ankara et financé par le Walker Trust de St Andrews. Le projet est innovant : Talbot Rice obtient une autorisation officielle pour dégager des peintures chrétiennes dans un édifice alors utilisé comme mosquée. Les restaurations révèlent des fresques qualifiées de « magnifiques » témoins de la peinture religieuse médiévale.[6] Selon Lutgarde Vandeput, ces peintures sont essentielles « non seulement pour l’étude des techniques picturales, mais aussi pour comprendre l’évolution stylistique du XIIIᵉ siècle chrétien ».[7] Grâce à la notoriété acquise par Winfield et son épouse, les autorités locales de Trébizonde acceptent de rouvrir l’église comme musée — jusqu’à sa reconversion en mosquée en 2013.
Après 1962, Winfield poursuit ses recherches sur les églises géorgiennes dans les vallées du Çoruh grâce à une bourse de l’université d’Oxford. En 1968, il publie ses conclusions dans le Journal of the Warburg and Courtauld Institutes. En 1962, avec Michael Gough, il entreprend la restauration du monastère d’Eski Gümüş près de Niğde. Les fresques, datées des XIᵉ–XIIᵉ siècles, comptent notamment des représentations des Fables d'Ésope.[8]
Durant son séjour à Trébizonde, Winfield se lie avec Anthony Bryer, futur co-auteur. Ensemble, ils explorent systématiquement les vallées et montagnes du Pont, documentant les monuments byzantins avant leur disparition progressive. Leurs relevés donneront naissance à l’ouvrage majeur publié en 1985.[9]
Chypre
À partir de 1964, Winfield rejoint le centre de recherche de Dumbarton Oaks à Washington comme chercheur résident, puis concentre ses activités à Chypre. De 1968 à 1973, il dirige avec son épouse les travaux de restauration des peintures murales de la Panaghia tou Arakos à Lagouderá. Ils publient en 2003 une monographie de référence sur ces fresques. Auparavant, il avait nettoyé, avec Ernest J. W. Hawkins, les peintures de la Panagia Phorbiotissa d’Asinou, ainsi que d’autres églises de Monágri, Pera Chorio et du monastère d’Agios Néophyte près de Paphos.[10]
Ses travaux lui valent d’être décoré en 1974 du MBE pour « services rendus à la restauration des œuvres religieuses à Chypre ».[11]
Publications principales
- The Church of Our Lady at Asinou, Cyprus. A Report on the Seasons of 1965 and 1966 (avec Ernest J. W. Hawkins), Dumbarton Oaks Papers 21 (1967), p. 260-266
- Some Early Medieval Figure Sculpture from North East Turkey, Journal of the Warburg and Courtauld Institutes 38 (1968), p. 33-72
- Middle and Later Byzantine Wall Painting Methods. A Comparative Study, Dumbarton Oaks Papers 22 (1968), p. 61-139
- Cities of Heraclius (avec Thomas S. Brown et Anthony Bryer), Byzantine and Modern Greek Studies 4 (1978)
- Proportion and Structure of the Human Figure in Byzantine Wall Painting and Mosaic (avec June Winfield), Oxford : BAR Publishing, 1982
- Byzantine Fortifications (avec Clive Foss), Pretoria : University of South Africa, 1986
- The Byzantine Monuments and Topography of the Pontos (avec Anthony Bryer), Washington, D.C. : Dumbarton Oaks, 1985
- The Church of the Panaghia tou Arakos at Lagoudhera, Cyprus, Washington, D.C. : Dumbarton Oaks, 2003
- Byzantine Mosaic Work: Notes on History, Technique & Colour, Lefkosia : Moufflon Publications, 2005