De la connaissance historique
From Wikipedia, the free encyclopedia
| De la connaissance historique | |
| Auteur | Henri-Irénée Marrou |
|---|---|
| Pays | |
| Genre | Histoire Épistémologie |
| Éditeur | Seuil |
| Date de parution | 1954 |
| Nombre de pages | 318 |
| ISBN | 2020043017 |
| modifier |
|
De la connaissance historique est un ouvrage de l'historien français Henri-Irénée Marrou, paru en 1954.
Agrégé, puis docteur en histoire en 1937[n 1], Henri Marrou est d'abord maître de conférences d'histoire ancienne à la Faculté des Lettres de Nancy[1],[2], puis chargé d'enseignement d'histoire ancienne à la Faculté des Lettres de Montpellier de 1940 à 1941, enfin professeur dans la même matière à la Faculté des Lettres Lyon, de 1941 à 1945[2]. il est cofondateur (ou parmi les premiers collaborateurs) de deux entreprises savantes : la Revue du Moyen-Âge latin et la collection Sources chrétiennes[3].
De 1945 à 1975, il occupe la chaire d'Histoire du christianisme à la Sorbonne[4]. Il est également membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, de l'Académie royale néerlandaise des arts et des sciences, de l'Académie bavaroise des sciences et la Société des antiquaires de France[2].
Il milite pour le développement de la culture et pour l'approfondissement de la foi chrétienne : dans la revue Politique, de 1929 à 1934, et dans la revue Esprit à partir de 1933 [5]. Résistant, il publie dans la presse clandestine (Cahiers du témoignage chrétien, auprès de jésuites comme de Lubac, de dominicains comme Chenu)[6],[7]. En 1948 paraît son Histoire de l'éducation dans l'Antiquité, en 1952 son édition de l'Épître à Diognète, en 1954 De la connaissance historique.
L'ouvrage est dédié à Jean Laloy[8].
Thèse
Le projet de l'auteur est exposé ainsi : « On cherchera une réponse aux questions fondamentales : Quelle est la vérité de histoire ? Quels sont les degrés, les limites de cette vérité, quelles sont ses conditions d'élaboration ? En un mot quel est le comportement correct de la raison dans son usage historique ? »[9].
En recherchant la nature et la valeur de la connaissance historique, l'ouvrage rejette le positivisme de l'école historique méthodique[10],[11], notamment de Langlois et Seignobos, tout autant que les philosophies de l'histoire, qui asservissent l'historien à un système ou une loi[11]. L'auteur, « historien de métier, [qui] parle en philosophe » veut leur substituer une philosophie critique de l'histoire[11].
Il s'inspire ainsi des travaux de Lucien Febvre, Marc Bloch, et Wilhelm Dilthey[12].
Pour Marrou, l'historien ne trouve pas l'histoire toute faite dans l'analyse des sources, mais la construit, par un « acte de foi », après enquête rationnelle[13]. Pour Marrou,
« Qu'est-ce donc que l'histoire ? Je proposerai de répondre : l'histoire est la connaissance du passé humain. L'utilité pratique d'une telle définition est de résumer dans une brève formule l'apport des discussions et gloses qu'elle aura provoquées. Commentons-la : nous dirons connaissance et non pas, comme tels autres, « narration du passé humain », ou encore « œuvre littéraire visant à le retracer » ; sans doute, le travail historique doit normalement aboutir à une œuvre écrite (...), mais il s'agit là d'une exigence de caractère pratique (la mission sociale de l'historien...) : de fait, l'histoire existe déjà, parfaitement élaborée dans la pensée de l'historien avant même qu'il l'ait écrite ; quelles que puissent être les interférences des deux types d'activité, elles sont logiquement distinctes. Nous dirons connaissance et non pas, comme d'autres, « recherche » ou « étude » (bien que ce sens d'« enquête » soit le sens premier du mot grec istoria), car c'est confondre la fin et les moyens ; ce qui importe c'est le résultat atteint par la recherche : nous ne la poursuivrions pas si elle ne devait pas aboutir ; l'histoire se définit par la vérité qu'elle se montre capable d'élaborer. Car, en disant connaissance, nous entendons connaissance valide, vraie : l'histoire s'oppose par là à ce qui serait, à ce qui est représentation fausse ou falsifiée, irréelle du passé, à l'utopie à l'histoire imaginaire (...), au roman historique, au mythe, aux traditions populaires ou aux légendes pédagogiques — ce passé en images d'Epinal que l'orgueil des grands Etats modernes inculque, dès l'école primaire, à l'âme innocente de ses futurs citoyens. »[14]
— Henri-Irénée Marrou, De la connaissance historique, pp. 32-33
Le rapport de l'historien à son objet d'étude devient essentiel : l'histoire est bien du passé objectivement enregistré, mais également et nécessairement une intervention de l'historien et de son présent, elle est donc « un rapport de ce passé à ce présent »[9].
Table des matières
- Introduction : La philosophie critique de l'histoire
- I. L'histoire comme connaissance
- II. L'histoire est inséparable de l'historien
- III. L'histoire se fait avec des documents
- IV. Conditions et moyens de la compréhension
- V. Du document au passé
- VI. L'usage du concept
- VII. L'explication et ses limites
- VIII. L'existentiel en histoire
- IX. La vérité de l'histoire
- X. L'utilité de l'histoire
- Conclusion : l'œuvre historique[15].