Delicatessen (film)

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Delicatessen
Le mot « DELICATESSEN » en capitales jaunes, avec en fond ce qui semble être un gros plan sur un mur rouge un peu défraîchi.
Réalisation Marc Caro
Jean-Pierre Jeunet
Scénario Gilles Adrien
Marc Caro
Jean-Pierre Jeunet
Musique Carlos d'Alessio
Acteurs principaux Dominique Pinon
Marie-Laure Dougnac
Jean-Claude Dreyfus
Karin Viard
Sociétés de production Constellation Productions
UGC
Hachette Première
Victoires Productions
Pays de production Drapeau de la France France
Genre Comédie horrifique, science-fiction
Durée 99 minutes
Sortie 1991

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

Delicatessen est un film français réalisé par Marc Caro et Jean-Pierre Jeunet, sorti en 1991.

Il s'agit d'une comédie noire, premier long métrage des deux réalisateurs.

Dans une France post-apocalyptique, Louison, un ancien clown, est engagé comme concierge dans un hôtel. Le quartier est peuplé entre autres de « troglodistes », d'un boucher, d'un éleveur de grenouilles et de fabricants de boîte à meuh. Sur fond de guerre et de terrorisme, le voyageur va découvrir l'amour.

Uniforme du singe savant.

Univers

Delicatessen se déroule dans une France post-apocalyptique des années 60 où un brouillard jaunâtre recouvre en permanence la surface de la Terre, sans que l'on connaisse les raisons du cataclysme. Les animaux ont disparu pour la plupart et l'argent n'ayant plus aucune valeur a été remplacée par le troc de graines, d'aliments ou d'objets en tout genre. Un semblant de gouvernement, de services publics comme la Poste ou les médias (journaux ou télévision) subsistent encore et demandent aux habitants de se méfier des « troglodistes », un groupe rebelle végétarien dont personne n'a jamais eu de preuves d'existences qui volerait les denrées.

Résumé

Au milieu des ruines subsiste la boucherie Delicatessen tenu par Clapet et également propriétaire de l'immeuble qui abritent différents habitants : Julie, sa fille, Mademoiselle Plusse, la famille Tapioca (Marcel, Germaine, leurs enfants Rémi et Lucien ainsi que leur grand-mère), Robert et Roger Kube, Georges et Aurore Interligator et Monsieur Potin. À l'exception de ce dernier qui vit en quasi-autarcie avec ses grenouilles et se nourrit exclusivement d'escargots qu'il élève, les autres doivent se débrouiller pour trouver de la nourriture. Pour cela, Clapet prétexte avoir besoin d'un homme à tout faire via le journal et tue le malheureux au bout de quelques jours. Les locataires lui achètent ensuite sa viande tout en sachant pertinent que n'importe lequel d'entre eux pourrait être le prochain sur la liste si personne ne répond ou ne paie son loyer en temps et en heure.

Après quelques jours d'attentes, Louison, un ex-clown à la recherche d'un emploi arrive et Julie tombe rapidement amoureuse de lui au grand dam de son père qui refuse de la marier et du facteur qui lui fait des avances en permanence. Les habitants se mettent à apprécier l'artiste et lors d'un goûter chez elle, Louison lui explique qu'il formait un duo avec un singe nommé Livingstone mais qu'à la suite d'une représentation, le primate avait disparu et avait été dévoré. Julie tente de le prévenir du destin similaire qui l'attend sans succès et n'arrive pas à convaincre son père de le laisser partir. Julie décide de trouver les troglodistes en explorant les égouts et leur propose de sauver Louison en échange des réserves de graines de son père.

N'ayant plus de viande, Clapet demande à Marcel Tapioca de lui donner sa belle-mère pour ne pas lui avoir verser son loyer à temps ce à quoi il consent. Une nuit, les troglodistes s'introduisent dans l'immeuble et capturent Plusse à la place de Louison. Pendant ce temps, Louison monte sur le toit pour réparer l'antenne télé mais il s'agit d'un piège de Clapet qui tente de le tuer. Une explosion (causée par Aurore qui tente de se suicider sans succès) fragilise l'immeuble et Louison parvient à se réfugier dans un appartement avec Julie pour échapper au boucher et aux habitants.

Les amoureux se retrouvent coincés dans la salle de bain et la remplissent d'eau. Lorsque Clapet ouvre la porte, les assiégeants sont propulsés par la force de l'eau et une partie du sol s'effondre. À la merci de Clapet, Louison ne doit son salut qu'à Mademoiselle Plusse qui a réussi à s'échapper des égouts et donne intentionnellement au boucher un couteau de Louison capable de revenir comme un boomerang. Clapet le lance et reçoit la lame en pleine tête, le tuant sur le coup.

Débarrassé du boucher, l'immeuble retrouve son calme et pendant que Louison et Julie jouent de la musique sur le toit, le ciel s'éclaircit.

Fiche technique

Clap du film.

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Distribution

Production

Genèse et développement

Il s'agit du premier long métrage réalisé par Marc Caro et Jean-Pierre Jeunet, après plusieurs courts métrages. Les deux hommes avaient d'abord tenté de mettre sur pied leur projet La Cité des enfants perdus. Jugé trop coûteux, ils se concentrent sur un autre film. Jean-Pierre Jeunet a eu l'idée du personnage boucher cannibale à l'époque où il habitait au-dessus d'une boucherie et qu'il l'entendait crier et couper de la viande très tôt le matin. Par ailleurs, l'idée du film lui était venue lors d'un voyage aux États-Unis en 1988 : il avait trouvé la nourriture tellement horrible qu'il trouvait qu'elle avait peut-être le goût de la chair humaine[8].

Marc Caro officie ici comme directeur artistique et Jean-Pierre Jeunet comme réalisateur. Ils ont conçu tout le film ensemble avec une grande complémentarité. Ils réalisent un travail commun de préparation colossal et développent un livret « script et storyboard ». Marc Caro dessine chaque plan d'après les descriptions et le découpage de son collègue[9].

Attribution des rôles

Chick Ortega et Dominique Pinon avaient déjà été dirigés par Jean-Pierre Jeunet dans le court métrage Foutaises (1989).

Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro ont choisi l'acteur Jean-Claude Dreyfus après l'avoir repéré dans la série de publicité pour la marque Marie, où il jouait le personnage tonitruant de « Monsieur Marie », coach culinaire intervenant au débotté chez la ménagère pour promouvoir et conseiller les produits de la marque.

Tournage

Le tournage se déroule dans d'anciens entrepôts de la Seita à Pantin. Pour des raisons budgétaires, les vastes hangars sont transformés en studio de cinéma[9].

Delicatessen utilise des effets spéciaux novateurs pour l'époque et pour un film français. Des retouches numériques sont ainsi employées pour les scènes où figure « l'Australien » (l'étonnant coutelas-boomerang de Louison). Les scènes se déroulant dans les boyaux souterrains des égouts nécessitèrent trois semaines de contrôle du mouvement (motion-control), procédé de manipulation de la caméra par ordinateur interposé[9].

Accueil

En 2021, Jean-Pierre Jeunet est l'invité d'honneur du Festival Films Courts Dinan. Le jury est constitué du réalisateur Marc Caro, de la productrice Claudie Ossard, et de l'acteur Jean-Claude Dreyfus. Le festival réunit ces quatre figures du cinéma français à l'occasion du trentième anniversaire du film Delicatessen[10].

Le film figure dans l'ouvrage 1001 films à voir avant de mourir[8].

Distinctions

Entre 1990 et 2012, Delicatessen a été sélectionné 32 fois dans diverses catégories et a remporté 16 récompenses[11],[12].

Récompenses

Nominations

Analyse

Notes et références

Liens externes

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