La dichotomie classique est soutenue par les auteurs de l'école classique à la fin du XVIIIe siècle et au XIXe siècle. Selon eux, la monnaie ne saurait rien modifier de fondamental à l'économie. Il n'existe ainsi pas de différence de nature entre une économie monétaire et une économie de troc : la monnaie étant neutre, elle ne peut en rien influencer sur la sphère réelle, qui évolue séparément[1]. Ce postulat de dichotomie permet ainsi d'étudier les variables réelles sans se soucier des effets de la monnaie[1].
Cette dichotomie classique doit se comprendre dans le cadre de la théorie quantitative de la monnaie : la quantité de monnaie (la masse monétaire) fait varier le niveau des prix, c'est-à-dire qu'elle peut influencer l'inflation ; mais elle fait varier les prix nominaux, et non les prix relatifs. Ainsi, l'arbitrage des agents (consommateurs et producteurs) reste le même.
Si la dichotomie classique a fait l'objet de beaucoup de débats épistémologiques, la distinction entre la sphère réelle et la sphère monétaire est encore aujourd'hui utilisée dans le cadre de certains modèles, avec une dichotomie de court terme (la monnaie ne s'ajuste pas immédiatement aux valeurs réelles)[2].