Die sozialistische nation
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Die sozialistische nation (en allemand : Die sozialistische Nation, La nation socialiste) est un journal allemand d'orientation national-bolchévique fondé en 1931 par Karl Otto Paetel.
| Die sozialistische Nation | |
Die sozialistische Nation, numéro spécial d'avril 1932 à la suite des élections présidentielle de 1932 | |
| Pays | |
|---|---|
| Langue | allemand |
| Genre | National-bolchévisme, nationalisme-révolutionnaire, socialisme national |
| Prix au numéro | 20 Reichpfennig |
| Fondateur | Karl Otto Paetel |
| Date de fondation | Janvier 1931 |
| Date du dernier numéro | Janvier 1933 |
| Ville d’édition | Berlin |
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Histoire
Premiers numéros
Après la rupture des Groupe des nationalistes sociaux-révolutionnaires (GSRN) avec les « nazis de gauche », représentés par Otto Strasser, sur la question de la coopération avec les communistes, Karl Otto Paetel décida avec son groupe de faire paraître, à partir de janvier 1931, le journal Die sozialistische Nation[1]. Manière pour le GSRN d'affirmer son indépendance et d'affiner son identité politique, le journal, dès ses premiers numéros, marqua très clairement sa prise de distance avec le NSDAP[1].
Dans un article défendant le national-bolchevisme, Artur Grosse cita Marx, Engels et Lénine pour établir ses liens avec le communisme et annonça que lui et ses camarades étaient prêts à combattre « épaule contre épaule » avec le KPD[1]. Quant à Paetel, celui-ci encouragea les nationalistes révolutionnaires à prendre place « sous la bannière rouge du communisme » s’ils voulaient libérer le peuple allemand du joug capitaliste. Un des rédacteurs, Georg Osten, affirma lui aussi que les allemands devaient briser l’ordre capitaliste sous lequel ils vivaient s’ils souhaitaient recouvrer leur liberté face à la domination étrangère[1]. Dans son étude sur le GRSN, l'historien James J. Ward écrit :
« Une fois le capitalisme détruit, déclara Osten, une Allemagne socialiste romprait tous les liens avec l’Occident, soutiendrait les mouvements de libération des peuples coloniaux opprimés et se joindrait à la Russie soviétique dans sa guerre pour la survie contre les puissances impérialistes »[1].
Dans un autre article, Paetel appela à la formation d’un mouvement « communiste national » qui travaillerait de concert avec le KPD pour créer une Allemagne soviétique. Cependant, attaché à son indépendance, le GSRN refusa la proposition de subventions au journal faite par Hans Kippenberger, un des « architectes de la stratégie du KPD pour conquérir le soutien de la droite »[1].
Die sozialistische Nation face aux élections de 1932
Dans le contexte du scrutin présidentiel de 1932, le GSRN continua de militer pour l’unification du mouvement nationaliste et la collaboration avec les communistes mais craignait dans le même temps que les capitalistes et les industriels ne soutiennent de façon encore plus soutenue la nécessité d'une dictature fasciste. Die sozialistische Nation peinait alors à assurer une publication régulière[1].
Lors des élections au Reichstag de juillet 1932, le GSRN soutint à nouveau le KPD, mais sans l'enthousiasme des années précédentes. Paetel accusa le KPD de saboter les efforts du GSRN pour unifier les nationalistes radicaux, car le parti craignait l’émergence d’un mouvement révolutionnaire rival[1]. Dans Die sozialistische Nation, Paetel tenta par la suite de clarifier les points de désaccord entre les communistes et le mouvement nationaliste radical. James J. Ward écrit que :
« S’ils s’accordaient avec les communistes sur l’inévitabilité du conflit de classes et la menace du fascisme, les nationalistes radicaux rejetaient les doctrines du matérialisme historique et de l’internationalisme prolétarien. Ils soutenaient le gouvernement par soviets, l’alliance avec la Russie et plusieurs autres points du programme du KPD mais s’opposaient aux exigences de conformité idéologique du parti, à sa subordination aux diktats du Komintern et à son refus de reconnaître que l’Allemagne avait des intérêts nationaux au-delà de son rôle de maillon dans la chaîne de la révolution mondiale. Leurs objectifs communs, conclut Paetel, nécessitaient coopération et collaboration ; leurs différences imposaient aux nationalistes radicaux de veiller jalousement à leur indépendance politique »[1].
Dans ce qui devait être le dernier numéro de Die sozialistische Nation, Paetel, s’exprimant au nom d’une « Zentrale national-communiste », a renouvela son appel aux nationalistes radicaux allemands à rejoindre un mouvement uni qui arracherait à Hitler les masses ouvrières[1].