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Disparues de l'A6

série de disparitions non résolues en France From Wikipedia, the free encyclopedia

Les disparues de l'A6 est un ensemble d'affaires criminelles et de dossiers judiciaires, dont les onze victimes sont des adolescentes ou jeunes femmes, et qui ont eu lieu dans un rayon de 200 kilomètres aux abords de l'autoroute A6, dans un triangle délimité par Mâcon, Chalon-sur-Saône et Montceau-les-Mines. Surnommé le « triangle de la peur », entre et , il faisait envisager l'existence d'un ou plusieurs tueurs en série sévissant sur ce secteur.

Victimes

Toutes les victimes étaient jeunes, âgées de 13 à 23 ans[1]. Elles ont toutes disparu de façon brutale entre 1984 et 2005 sans donner d'explication, dans le périmètre restreint de la Saône-et-Loire, dans un rayon de 200 kilomètres le long de l'autoroute A6 dans une sorte de « triangle de la peur » entre Mâcon, Chalon-sur-Saône et Montceau-les-Mines. Des morts non élucidées pour la plupart, regroupées sous le nom des « disparues de l'A6 ».

L'association « Christelle » regroupe certaines de ces familles de victimes. Elle compte en 2011, onze familles membres de droit. Entre le et le , une vingtaine de dossiers des « disparues de l'A6 » connaît de nombreux rebondissements, l'enquête policière ayant pu élucider certains meurtres mais hésitant pour les autres à y voir des coïncidences ou les actes d'un ou de plusieurs meurtriers ou tueurs en série[2].

Marie-Agnès Cordonnier et Françoise Bruyère

Les deux premières disparues, le du côté de Mâcon, sont Marie-Agnès Cordonnier et Françoise Bruyère, deux auto-stoppeuses belges originaires de la province de Liège[1],[3],[4]. Elles n'ont jamais été retrouvées[1].

Sylvie Aubert

La troisième disparue, le , est Sylvie Aubert, âgée de 22 ans. Son corps est retrouvé 5 mois plus tard, le dans la rivière Dheune, à Géanges. Elle a été étranglée, ses poignets entravés par du fil de fer[1].

Christelle Maillery

La quatrième disparue, le , est Christelle Maillery, morte en . En , le juge d'instruction rend une ordonnance de non-lieu et les pièces à conviction de l'affaire sont toutes détruites par le tribunal de grande instance de Chalon-sur-Saône[1]. Selon Le Nouvel Obs les pièces à conviction de l'affaire, notamment « les vêtements de la victime, ses bijoux, le couteau retrouvé à 200 mètres du lieu du crime », sont détruites par le service des scellés du tribunal de grande instance de Chalon-sur-Saône. Il faudra attendre et l'enquête menée par un détective privé travaillant pour l'Association d'aide aux familles victimes d'agression criminelle, qui avait recueilli le témoignage de l'ancien petit copain de Christelle, pour relancer l'affaire. Celui-ci avait affirmé qu'après le meurtre, Jean-Pierre Mura lui avait proposé de le dédommager de 2 000 francs pour la mort de la jeune fille. Le petit copain en question n'avait pas cru bon de signaler cet élément. L'information judiciaire est rouverte en . Jean-Pierre Mura, 44 ans, est arrêté par les policiers et entendu. Chez lui, des dizaines de couteaux sont retrouvés. Les lames sont comparées à celles du couteau de la scène de crime, détruit, mais pris en photo par les enquêteurs. « Les lames saisies et celle prise en photo ont été aiguisées par la même meule et par la ou les mêmes personnes ». L’expertise s’appuie sur « quatre points communs de stigmates d’affûtage » laissées par la meule, comme en balistique lorsque les experts comparent les traces laissées sur la balle par le canon d’un fusil. Ces éléments, ainsi que d’autres témoignages, permettent au juge de mettre en examen le suspect pour « homicide volontaire » le et de le placer en détention provisoire à la prison de Varennes-le-Grand (Saône-et-Loire)[5]. Avant son arrestation par les enquêteurs de la police judiciaire de Dijon, il était interné en hôpital psychiatrique près de Chalon-sur-Saône. A la demande d'un de ses proches et sur avis médical, il avait été hospitalisé d'office par arrêté préfectoral au centre hospitalier de Sevrey. En , ce Creusotin d'origine, ouvrier métallier et jeune adulte de 19 ans, est déjà père d'une petite fille. Il traînait dans le quartier des Charmilles, à proximité de la cité HLM où Christelle résidait. Il a été impliqué adolescent dans des cambriolages de caves dans cette même résidence[6]. Ce dernier était connu comme consommateur de drogues dont l'alcool[7],[8],[1],[9]. Jean-Pierre Mura est condamné en appel à Dijon à une peine de vingt ans de réclusion criminelle, comme en première instance un an auparavant devant les assises de Chalon-sur-Saône. Le jury de la cour a également considéré que son discernement était altéré au moment des faits par les prémices de sa schizophrénie[10].

Marthe Buisson

Les cinquième et sixième victimes sont deux jeunes filles disparues durant l'été 1987. Marthe Buisson, une fugueuse de 16 ans , est retrouvée sur une bande d'arrêt d'urgence de l'autoroute A6, le crâne fracassé. Plusieurs témoins affirment qu'elle aurait été jetée d'une «grosse voiture claire»[1].

Nathalie Maire

Quelques semaines plus tard, Nathalie Maire, 18 ans, entendue par les gendarmes dans cette affaire, est tuée elle aussi le . Employée durant l'été dans une friterie sur l'aire d'autoroute de Saint-Albain, elle a été battue à coups de manche à balai et étranglée avec la rallonge électrique de la cabane à frites[1],[11].

Carole Soltysiak

La septième disparue est Carole Soltysiak, 13 ans. Des chasseurs découvrent son corps nu et partiellement brûlé dans un bois près de Montceau-les-Mines, en novembre 1990. D'après La Gazette de Côte-d'Or, « quatre coups de poignard ont été portés au thorax. Des traces de strangulation sont relevées ». Les examens attestent que la fillette était saoule avant de subir des violences sexuelles. Le sperme isolé par les enquêteurs a la particularité de ne contenir aucun spermatozoïde. L'ADN qui en est extrait est comparé négativement à celui de Francis Heaulme et de deux autres hommes qui avaient reconnu être présents sur les lieux[7],[1]. En 2024, un habitant de Montceau-les-Mines est mis en examen pour viol et meurtre puis placé en détention provisoire avant d’être libéré sous contrôle judiciaire fin 2025[12].

Christelle Blétry

La huitième disparue, le , est Christelle Blétry, 20 ans[1]. Son corps est retrouvé dans un fossé, elle a été tuée de 123 coups de couteau[1].

C'est sa mère, Marie-Rose Blétry qui fondera l'association Christelle en 1997.

Virginie Bluzet

La neuvième victime est Virginie Bluzet, disparue en , quelques mois après Christelle Blétry. Le corps de la jeune Beaunoise de 21 ans est retrouvé le en bord de Saône, à Verdun-sur-le-Doubs, après cinq semaines passées dans l'eau. Elle a été menottée, bâillonnée et sa tête recouverte d'une taie d'oreiller. Des scellés non exploités jusqu'alors, permettent de relancer l'enquête en . Les gendarmes de la section de recherches de Dijon avaient conduit à la mise en cause du petit ami mais le juge avait conclu le à un non-lieu pour défaut de preuves. « Une tache de sang a été retrouvée dans le bâillon et malgré toutes ces années, on sait désormais que l’on peut retrouver des éléments probants, je croise les doigts » déclare Michel Bluzet, le père de Virginie[7],[13],[1].

Vanessa Thiellon

Le , c'est à Mâcon, également dans la Saône, qu'est retrouvé le corps de Vanessa Thiellon, 17 ans, apprentie cuisinière. Vanessa est retrouvée nue, couverte d'ecchymoses, sans qu'on ne puisse déterminer les causes de sa mort. Son petit ami sera mis en examen pour homicide involontaire dans la foulée, l'étant toujours depuis, sans que la situation n'ait évolué[7].

Anne-Sophie Girollet

Le , après un gala de danse à Mâcon, Anne-Sophie Girollet, 20 ans, étudiante en troisième année de médecine à Lyon, disparaît. Son corps flottant dans la Saône est repêché le près d'un pont de Mâcon. D'après les médecins légistes, elle a subi des violences sexuelles, avant d'être étranglée et est morte par suffocation à la suite des coups reçus au thorax[7]. Jacky Martin est interpellé sept ans après les faits après de nouvelles expertises sur les traces génétiques prélevées dans sa voiture, une Peugeot 405 immatriculée dans le Rhône, également repêchée dans la rivière. L’homme, inscrit au Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG) pour divers vols, recels de voiture et violences, est condamné à Chalon-sur-Saône à trente ans de réclusion criminelle assortie d’une peine de sûreté de vingt ans pour la séquestration et le meurtre d'Anne-Sophie Girollet et fait appel[14],[15],[16],[17],[18].

Condamnations

L'affaire a donné lieu à plusieurs condamnations:

  • Jean-Pierre Mura est condamné en 2015 à une peine de vingt ans de réclusion criminelle par la cour d'assises de Dijon pour le meurtre de Christelle Maillery, condamnation confirmée en appel[10].
  • Pascal Jardin est condamné le à 20 ans de réclusion criminelle pour le viol puis le meurtre de Christelle Blétry, condamnation confirmée en appel l'année suivante[19],[20].

En 2022, ce dossier est repris par le pôle judiciaire dédié aux affaires criminelles non élucidées de Nanterre[21].

Notes et références

Voir aussi

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