District d'Analalava

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Chef-lieuAnalalava
Population176 396 hab. (2020[1])
Analalava
Administration
Pays Drapeau de Madagascar Madagascar
Région Sofia
Chef-lieu Analalava
Démographie
Population 176 396 hab. (2020[1])
Densité 40 hab./km2
Géographie
Coordonnées 14° 34′ sud, 47° 54′ est
Superficie 438 000 ha = 4 380 km2

Analalava est l'un des districts de la région de Sofia, situé dans le Nord-Ouest de Madagascar. Il borde les districts d'Ambanja au nord, de Bealanana et Antsohihy à l'Est , Boriziny (Port-Bergé) et Mahajanga II au Sud. Il a une surface de 4 380 km2 et la population était estimée à 176,396 en 2020[2]. Le district est divisé en 15 communes.

La plus grande des îles en face d'Analalava, Nosy Lava, abrite un bagne, autrefois île sacrée où se trouvent les tombeaux de dynastie royale des mpanjaka sakalava bemihisatra de la région du Nord-Ouest. Ce bagne pénitencier est inauguré par le gouvernement colonial français à l'époque du Gouverneur général Augagneur (1905-1911) sous la présence de Tondroko II, Ndramamahana, le roi au pouvoir à l'époque.

Les habitants de la région pêchent des poissons, des concombres de mer, des crabes, des crevettes avec des pirogues, des petits bateaux à voile latine.

Analalava, littéralement « Là où il y a de longues forêts », se trouve dans la partie Nord-ouest de Madagascar, dans l’actuelle Région Sofia, située dans la province de Mahajanga.

Au Nord, le district partage ses frontières avec le district d’Ambanja par la commune rurale d’Ankaramy Be; à l’Est le fleuve Maevarano le sépare des districts de Bealanana et d’Antsohihy. Au sud, le fleuve Sofia constitue la limite avec les districts de Port-Bergé et du chef-lieu de la région Boeny (Mahajanga). À l’ouest, le territoire est bordé par le canal du Mozambique.

Par ailleurs, le district possède de nombreux petites îles et ilots (Ifaho, Ilagna et Soihy) ; Nosy Lava, à 25 km au large de sa côte, ainsi que Nosy Saba (Morintsa), Nosy Valiha, Nosy Tanifaly (autre nom, Kalikajôro), Nosy Birafia, qui se trouvent plus au Nord. Et des baies s’étalent tout au long des côtes à savoir : baie de Narindra (mot d’origine soihili, Narendre « on y va » , en français, parmi les plus belles du monde après celles de Diego-Suarez (Antsiranana) et de Rio de Janeiro (au Brésil). Il dispose de quinze (15) communes à savoir Analalava-centre, Ambaliha, Ambolobozo, Antonibe, Andribavontsona, Angoaka-sud, Ambarijeby-Sud, Ankaramy Be, Andrevorevo, Maromandia , Marovantaza, Marovatolena, Mahadrôdroko , Befotaka-nord et la commune de Bejofo plus à l’Est.

La ville d’Analalava est composée de six quartiers : le Central, puis Ampasikely, quartier des originaires des Hautes terres centrales (les Hova et Betsileo', puis Befitina (qui fut jadis le quartier des Indiens), puis Fongony (quartier des Zanatany « enfants de la terre », où se trouvent les commerçants arabes, les Comoriens, les Makoa, les Tsimihety, et les Sakalava ; en plus Fongony est aussi un quartier des pêcheurs) ; le quartier d’Ambalahonko (c’est aussi quartier des Zanatany mais actuellement, rattaché à Fongony) ; le quartier d’Anjialava, un quartier royal ou quartier d’Ampanjaka et ses sujets ; qui se trouve à l’extrémité sud de la ville.

La géographie régionale d’Analalava

Avant 1930, la région est limitée à l’Est par le canton de Befandriana-nord et celui de Bealanana, des zones qui entretiennent d’étroites relations avec l’Androna (Mandritsara), habitées essentiellement par les Tsimihety. À l’Est, la région est constituée de montagnes et de plaines favorables à l’agriculture et à l’élevage. En plus, des forêts denses, de grands fleuves comme Sofia, Mangarahara, Simboana, et Maevarano assurent l’humidité de la région. Sur les berges de ces grands fleuves, la concentration humaine est importante. Ces fleuves qui facilitent l’évacuation des produits locaux demeurent cependant presque infranchissables durant la saison de crue. Vu cette optique de l’environnement, les groupes de population appelés « Tsimihety » se forment car ils s’habituent à la montagne et la forêt. Grâce aux réserves forestières, les gens peuvent se réfugier contre les oppressions d’autorités, aussi bien pendant l’époque royale que durant la période coloniale. Dans la partie ouest de la région, sur le littoral notamment, on rencontre une zone des Sakalava.

Les côtes sont constituées en baies où tous les grands fleuves se jettent et d’îlots. On peut citer quelques baies célèbres de la région, les baies Narindra, de Ramanetaka, de Mahajamba qui jouent un rôle commercial très important car les grands bateaux, les boutres arabes et indiens peuvent y accoster, c’est un ancien comptoir commercial des Antalaotra. À Analalava, il existe des cours d’eau, qui sont presque navigables et des baies favorables à l’accostage. D’un côté, à l’époque coloniale, l'administration, faute des infrastructures routières, depuis son implantation, choisit les côtes pour faciliter les communications maritimes et fluviales. Analalava figure parmi les régions qui répondent à ces projets. Quatre grands fleuves parcourent la région d’Analalava, il s’agit de Maevarano, de Sofia, de Mangarahara, de Droa, de Vavan’Anatambo (Ilailoza), de Manambaro, et des plus modestes comme Mafirinaina, Vavan’i Maromandia, Vavan’Analalava ,…
Par ailleurs, vu l’espace géographique d’Analalava dominé par la mer, les Sakalava sont habitués à la mer. Outre l’élevage, ils sont en majorité des marins. Donc, Analalava n’est pas une zone isolée, elle partage toujours des liens avec les autres zones littorales de la Grande île. Quant au climat, il est doux, attire l’attention des étrangers grâce à l’alternance de deux vents frais du Varatraza (alizé) et Talio(mousson). Le district figure parmi les zones qui abritent les palétuviers de la Grande île et regorge aussi des ressources halieutiques.

Les activités économiques ainsi que l’attitude des populations dépendent étroitement des réalités historiques et spatiales de la région. Les Français construisent des aérodromes pour communiquer avec les zones isolées qui relient les différentes régions à la capitale (Tananarive) en 1949. Par ailleurs, la région d’Analalava jouit d’une forte migration tsimihety. En outre, les Sakalava de la région ont une forte intégration avec les autres groupes de population notamment les Tsimihety par le biais des mariages et des alliances ou rohim-pihavanana. Cette alliance s’effectue par la pratique de Fatidrà ou Fizivàna. Dans cette forme d’alliance, la cohésion se raffermit davantage, car les relations avec les ziva ou lohateny semblent plus intenses que celles de la parenté. Le fait de faire du mal à ces derniers provoque des malédictions des ancêtres sur la descendance. Les Tsimihety et les Sakalava sont culturellement identiques. Chacun de ces deux groupes fonde la structure qu’il juge meilleure. Les Tsimihety adoptent une organisation sociale souple, capable d’assimiler un nouveau mode de vie basé sur la démocratie et sur les conseils des Sojabe ou raiamandreny. Dans cette organisation traditionnelle, les forces d’armée n’existent pas, tandis que les Sakalava sont protégés par les Jiriky, armées royales.

Par ailleurs, les Tsimihety ont une organisation sociale qui repose sur la vie familiale contrairement aux Sakalava dont l’organisation sociale se base sur le « pouvoir royal ». Ils ont en commun le goût de déplacements. La raison des migrations sakalava est plutôt d’ordre religieux qu’économique. Ce mouvement se pratique par le changement des lieux sacrés (des doany, villages sacrés). Quant aux Tsimihety, ils se déplacent pour la recherche des ravinahitra (richesses), ils sont des cultivateurs plutôt qu’éleveurs. Leur mouvement s’effectue par conséquent sur la recherche des baiboho ou tany lonaka(plaines fertiles). Ils sont plus modérés et plus prolifiques que leurs voisins sakalava et démographiquement, l’accroissement de la population est rapide dans les zones qu’ils occupent et leur nombre dépasse largement celui des Sakalava. L’analyse de ce phénomène se résume par le dynamisme psychologique et spatial. Au rythme des phénomènes sociaux, l’administration coloniale comprend les Tsimihety depuis la domination de leur territoire. Pourtant, l’histoire de ce groupe est longtemps éclipsée par les royaumes sakalava à leurs territoires celui des Betsimisaraka à l’Est. Ces deux groupes de la population figurent parmi les composants majeurs des Tsimihety. En un mot, les Tsimihety s’attachent à leur territoire, malgré les migrations, car après leur mort, ils doivent toujours retourner aux terres de leurs ancêtres (Tanindrazana). Enfin, leur territoire dicte leur identité. En gros, le district appartient aux Sakalava et Tsimihety ; mais l’organisation sociale repose jusqu’à maintenant sur le respect d’Ampanjaka (pouvoir royal).

Histoire

Notes et références

Sources et documents consultés

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