Diète de Partition
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La Diète de partition (en polonais : Sejm Rozbiorowy) est une diète de la république des Deux Nations, convoquée par ses trois voisins (l'Empire russe, le royaume de Prusse et l'empire des Habsbourg) afin de légaliser le premier partage de la Pologne. Elle s'est tenue d' à et a également permis d'adopter d'autres textes législatifs, comme le Conseil permanent, la Commission de l'éducation nationale, et la confirmation des lois cardinales (en).

À la fin du XVIIe et au début du XVIIIe siècle, la république des Deux Nations passe du statut de grande puissance européenne à celui de protectorat, ou État satellite, ou vassal, de Russie. Ce sont effectivement les tsars de Russie qui déterminent le choix des souverains de Pologne-Lituanie par le jeu des « élections libres » et décident d'une grande partie de la politique intérieure du pays. La Diète de Repnine est par exemple ainsi nommée d'après le nom de l'ambassadeur de Russie qui préside officieusement les réunions de la Diète.
La diète de partition et le premier partage de la Pologne qui en découle, renforcent la Russie et mettent en danger les intérêts des Habsbourg dans cette partie de l'Europe (en particulier en Moldavie et en Valachie). L'Autriche envisage alors d'entrer en guerre contre la Russie.
La France, favorable à la fois à la Russie et à l'Autriche, suggère une série d'ajustements territoriaux, dans lesquels l'Autriche reçoit en compensation une partie de la Silésie prussienne, et la Prusse reçoit à son tour l'Ermland (Warmie) polonaise et des parties du duché de Courlande et Semigallia, fief polonais déjà sous hégémonie allemande-balte.
Si le roi Frédéric II de Prusse n'a aucune intention d'abandonner ainsi la Silésie, récemment acquise dans les guerres silésiennes, il est cependant intéressé par une solution pacifique - son alliance avec la Russie le met potentiellement en état de guerre avec l'Autriche, et la guerre de Sept Ans a laissé le trésor et l'armée prussienne au plus bas. Le prince Henri, frère de Frédéric II, passe l'hiver 1770-1771 à la cour de Saint-Pétersbourg.
L'Autriche ayant annexé 13 villes dans la région hongroise de Szepes en 1769 (en violant le traité de Lubowla), Catherine II de Russie et son conseiller général Ivan Tchernychev suggère à Henri que la Prusse revendique une terre polonaise, comme l'Ermland. Après qu'Henri en eut informé Frédéric, celui-ci suggère à son tour une partition des frontières polonaises par l'Autriche, la Prusse et la Russie, la plus grande part allant au parti le plus affaibli par les changements récents.
Depuis quelques décennies, la Pologne est dévastée par une guerre civile dans laquelle les forces de la confédération de Bar tente d'affaiblir le contrôle de la Russie. Un récent soulèvement des paysans et des cosaques (en) en Ukraine (1768-1769), l'a en outre encore affaibli. Le roi Stanislas II étant considéré comme faible et dangereusement épris d'indépendance, la Russie estime désormais qu'il n'est plus vraiment utile de considérer la Pologne comme un protectorat.
Le , la confédération de Bar fait enlever Stanislas. Celui-ci retrouve rapidement la liberté. Mais l'événement prouve l'anarchie qui règne en Pologne et vient apporter un nouvel argument à ses trois puissants voisins pour intervenir militairement pour « sauver » le pays et ses citoyens.
Le , un accord de partage est signé à Saint-Pétersbourg entre Russie et la Prusse. Le , un accord est signé à Vienne entre l'Autriche et la Prusse. Le , les trois parties signent le traité sur leurs gains territoriaux respectifs. Dans les jours qui suivent, les troupes russes, prussiennes et autrichiennes entrent simultanément sur le sol de la République et occupent les provinces qu'elles se sont octroyées. Le traité de partage est ratifié par ses signataires le .
Les trois puissances exigent ensuite que le roi et la Diète approuvent leur action. Stanilas fait appel aux nations de l'Europe occidentale. Mais les puissances européennes réagissent à la partition avec indifférence. Seules quelques voix - comme celle d'Edmund Burke - se font entendre en signe de protestation. Pendant ce temps les ambassadeurs des puissances étrangères s'impatientent et exigent que le roi et le Sénat convoquent la Diète pour ratifier la partition. Le Sénat se soumet finalement le , tandis que Varsovie est occupée par les troupes étrangères.
Les préparatifs
Les préparatifs pour la tenue de la Diète ne sont pas faciles à gérer. Les évêques Adam Krasiński et Kajetan Sołtyk plaident contre elle. Au moins 32 Sejmiks (en) (parlements régionaux) qui doivent élire leurs députés sont très perturbés. Finalement moins de la moitié des députés arrivent à Varsovie, où ils sont rejoints par environ 36 sénateurs et ministres. La plupart des députés du grand-duché de Lituanie ne sont pas présents. La Russie est représentée par Otto von Stackelberg, la Prusse par Gédéon Benoît (pl) et l'Autriche par Karl von Revisnye (pl).
