Doctrine de la nécessité

From Wikipedia, the free encyclopedia

La « nécessité » a enraciné le pouvoir du général Pervez Musharraf.

La doctrine de la nécessité est un principe politique et une position de jurisprudence, développée pour la première fois en 1955 au Pakistan, visant à légaliser a posteriori des actions exécutives contraires à la Constitution ou à la loi. Elle a été également utilisée à Grenade en 1985 et au Nigeria en 2010.

Les tenants de cette doctrine se sont notamment appuyés sur des principes plus anciens comme celui de Henry de Bracton de « légalité par nécessité ».

La Cour suprême du Pakistan.

Le , le gouverneur général du Pakistan Malik Ghulam Muhammad dissout l'Assemblée constituante du Pakistan, en l'absence de toute base légale, notamment en vertu des lois constitutionnelles intérimaires en vigueur, à savoir le Government of India Act de 1935 et la loi sur l'indépendance indienne de 1947. En réaction, le président déchu de la chambre Maulvi Tamizuddin Khan saisit la Cour du Sind qui lui donne raison, mais le gouvernement fait appel devant la Cour fédérale. Le , la juridiction estime dans son arrêt Fédération du Pakistan contre Maulvi Tamizuddin Khan que les actions du gouverneur général étaient dictées par la nécessité[1].

La doctrine va alors devenir la base légale de nombreux coups de forces de l'armée pakistanaise. Lors du coup d'État de 1958 puis la prise de pouvoir par Yahya Khan 1969, contraires aux constitutions alors en vigueur, la Cour suprême semble suivre la même philosophie même si elle ne mentionne pas explicitement la doctrine de la nécessité. Dans son arrêt Bhutto contre Chef de l'armée du , la Cour s'appuie sur la nécessité pour légaliser le coup d'État du 5 juillet 1977 du général Zia-ul-Haq[1]. Le , c'est une Cour suprême largement remaniée par les militaires qui s'appuie sur la nécessité d’État pour légaliser le coup d'État du 12 octobre 1999 de Pervez Musharraf[2]. Le , dans le cadre de l'accusation d'outrage au tribunal envers le Premier ministre Youssouf Raza Gilani, le Cour suprême estime que la doctrine de la nécessité consiste à juger en se basant sur d'éventuelles conséquences et que celle-ci a été « enterrée par la volonté populaire au cours de sa lutte courageuse »[3].

Autres utilisations

Références

Voir aussi

Related Articles

Wikiwand AI