Le Japon se trouve, au début des années 2000, dans une situation où la Banque du Japon mobilise des instruments de politique monétaire non conventionnelle, dont notamment l'assouplissement quantitatif, pour assurer la soutenabilité de la dette publique japonaise. Masaaki Shirakawa a toutefois mis en garde les banques centrales contre ce qu'il considère comme le piège de la dominance budgétaire, après avoir quitté son poste de gouverneur[5].
Les pays européens sont formellement sortis de la dominance budgétaire au moins en 1998, avec la création de la Banque centrale européenne. L'année précédente, le Pacte de stabilité et de croissance était adopté pour encadrer l'évolution des finances publiques[6].
Toutefois, certains économistes comme Alain Beitone soutiennent que la zone euro est entrée dans une phase de dominance budgétaire à partir de 2013 et la crise de la dette publique grecque : la BCE a alors annoncé qu'elle ferait ce qu'il faudrait pour assurer la solvabilité des États[7]. Agnès Bénassy-Quéré écrit que « comme la dominance budgétaire est un concept de long terme, il n'est pas facile de déterminer s'il y a eu une dominance budgétaire suite à la crise de 2008 », mais qu'un faisceau d'indices tend à accréditer la thèse d'un retour progressif vers la dominance budgétaire[8]. Vítor Constâncio publie en 2020 un papier intitulé « Le retour de la politique budgétaire », dans lequel il soutient que le retour en force de la politique budgétaire comme instrument privilégié face aux crises a permis un retour de la dominance budgétaire[9].