Dona Strauss
mathématicienne sud-africaine
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Dona Anschel Papert Strauss (née en avril 1934)[1] est une mathématicienne sud-africaine qui travaille dans le domaine de la topologie et de l'analyse fonctionnelle. Sa thèse de doctorat fut l'une des premières sources de la topologie sans points[2]. Politiquement engagée à gauche, elle se fait licencier de l'un de ses postes de professeur à cause de ses positions contre la guerre du Vietnam et, plus tard, devient l'une des fondatrices du mouvement European Women in Mathematics.
| Naissance | |
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| Directeur de thèse |
Frank Smithies (en) |
Le mathématicien Neil Hindman (en), avec qui Strauss a écrit un livre sur la compactification de Stone-Čech des semi-groupes topologiques, a donné le conseil suivant à ses collègues : « Trouvez quelqu'un qui est plus intelligent que vous et demandez-lui d'écrire votre nom sur ses articles », en précisant que pour lui, cette personne avait été Dona Strauss[3].
Formation et carrière
Strauss est originaire d'Afrique du Sud, issue d'une famille d'immigrants juifs d'Europe de l'Est. Son père était physicien à l'université du Cap. Elle grandit dans la province du Cap-Oriental et a obtient une maîtrise en mathématiques à l'université du Cap[4]. Elle soutient son doctorat à l'université de Cambridge en 1958 avec une thèse intitulée Lattices of Functions, Measures, and Open Sets, dirigée par Frank Smithies (en)[5].
Après son doctorat, elle est recrutée à l'université de Londres. Suivant le rêve de son mari de vivre dans une ferme dans le Vermont, elle part pour le Dartmouth College en 1966[4]. En 1972, elle travaille à l'université de Hull[5] et vers 2008, elle est devient professeur à l'université de Leeds[6],[7]. Après sa retraite, elle y est nommée membre honoraire invitée par Leeds[8].
Activisme
En Afrique du Sud, Strauss développe une forte antipathie envers la discrimination raciale, à la fois parce qu'elle était une juive au moment de l’Holocauste et à cause de ses propres observations de la société sud-africaine. À l'université du Cap, elle devient membre du Non-European Unity Movement (en). À la fin de ses études supérieures, elle quitte le pays pour protester contre l'apartheid ; ses parents ont également quitté l'Afrique du Sud après la retraite de son père pour s'installer en Israël[4]. Dans les années 1950, elle publie régulièrement des travaux éditoriaux dans la Socialist Review[9] et dans les années 1960, elle est active dans le mouvement Solidarity (UK)[10].
Quand elle est professeur adjoint au Dartmouth College en 1969[11], Strauss participe à une manifestation étudiante contre la guerre qui conduit à l'occupation du Parkhurst Hall, le bâtiment de l'administration du college. En réponse, Dartmouth annonce que Strauss et un autre professeur ayant participé à la manifestation ne verront pas leurs contrats renouvelés[12], qu'ils seront suspendus du corps professoral et « privés de tous les droits et privilèges d'adhésion au corps professoral de Dartmouth ». C'est la première fois dans l'histoire du collège qu'une telle mesure est prise[13].
En 1986, Strauss est l'une des cinq fondatrices de European Women in Mathematics, avec Bodil Branner, Caroline Series, Gudrun Kalmbach et Marie-Françoise Roy[14].
Livres
Strauss est la coautrice de :
- avec Neil Hindman (en), Algebra in the Stone-Čech compactification: Theory and applications, Walter de Gruyter & Co., coll. « De Gruyter Expositions in Mathematics » (no 27), , 2e éd. (1re éd. 1998) (ISBN 9783110256239 et 9783110258356, DOI 10.1515/9783110258356)[15]
- avec H. Garth Dales et Anthony T.-M. Lau, Banach algebras on semigroups and on their compactifications, American Mathematical Society, coll. « Memoirs of the American Mathematical Society » (no 205), (ISBN 978-0-8218-4775-6)[16]
- H. Garth Dales, Frederick K. Dashiell Jr. et Anthony T.-M. Lau, Banach spaces of continuous functions as dual spaces, Springer, coll. « CMS Books in Mathematics », (ISBN 978-3-319-32347-3 et 978-3-319-32349-7, DOI 10.1007/978-3-319-32349-7)[17]
Reconnaissance
En 2009, l'université de Cambridge organise une conférence intitulée « Algebra and Analysis around the Stone-Cech Compactification » en l'honneur du 75e anniversaire de Strauss[18].
Vie privée
Strauss est la première de ses quatre épouses du mathématicien et informaticien américain Seymour Papert[19]. Papert est également sud-africain, il soutient sa thèse avec le même directeur à Cambridge l'année qui suit celle de Strauss[20] et tous deux publient plusieurs articles[2]. Strauss rencontre son deuxième mari, Edmond Strauss, à l'université de Londres[4].
Elle est une excellente joueuse d'échecs amateur[10],[21]. Par ailleurs, elle dirige la synagogue progressiste de Brighton et Hove (en) de 2014 à 2015[1].